Retrouvailles avec Sainte Nicole au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur son second EP !
Deux ans après « Vanité », tu reviens avec « Manifeste », qu’est-ce qui avait été le plus salué au moment de la parution de ton premier disque ?
Je pense que ce sont principalement mon ambition artistique ; la volonté d'un art assez total entre la musique, l'image, la scène ; ma capacité à fédérer des gens autour de mon projet et les textes qui ont été le plus salué au moment de la parution de « Vanité ».
As-tu suivi le même chemin sur « Manifeste » ou as-tu eu d'autres envies musicales ?
D'un point de vue musical, il y a une continuité mais aussi plus de liberté. Pour le premier EP, j'avais vraiment envie qu'il y ait une identité forte et du coup, j’avais mis l'accent sur la cohérence entre les titres, c’est pourquoi ce disque avait un son plus compact alors que pour le second, je me suis autorisée à explorer davantage de genres même si cela reste dans la Pop. Sur « Manifeste », on passe d’un morceau club à un titre en piano-voix et je suis très contente de m’être autorisée ça.
Selon toi, qu'est-ce qui a été affiné sur ton second EP ?
Pour ce second EP, j’étais moins dans le contrôle, j'avais moins l'impression de jouer ma vie à chaque note et en étant plus sereine, j’ai laissé plus de place à l’émotion. « La Nuit se Meurt » a été enregistré en prise de voix unique afin de garder intacte l’émotion du moment et « Trésor » a été enregistré en prise live afin d’être dans cette même intention d’émotion là où dans « Vanité », j’essayais de faire en sorte que tout soit parfait. Sur « Manifeste », j’ai voulu laissé volontairement de la place à l’imperfection car c’est dans l’imperfection que l’émotion naît.
Tes deux premiers disques sont-ils liés d'une façon ou d'une autre ?
Oui, complètement et cela même au niveau des pochettes qui se répondent. J’ai exactement la même posture sur ces deux photos mais la création artistique autour, le stylisme et la lumière sont autres. Sur la pochette de « Vanité », je suis dans l’ombre alors que sur celle de « Manifeste », je suis dans la lumière et cela s’explique aussi du fait que mon premier EP était celui des questionnements et de l’apprentissage alors que mon second EP est celui de l’affirmation. Ces deux disques ont comme point commun que l’écriture est introspective.
Peux-tu expliciter le titre de ton nouveau disque ?
J’ai choisi de nommer mon second disque ainsi car j’y affirme mon rapport au monde, aux autres, à moi-même, j’y manifeste ce dont j’ai envie pour ma vie pour la suite notamment dans mes relations amoureuses comme dans « Plus Ta Go ». J’ai appris à dire ce qui est important pour moi et le fait d'affirmer ce qui compte pour nous, c'est aussi manifester ce que l’on souhaite pour la suite. Par ailleurs, ce titre ; « Manifeste » ; renvoie aussi à la dimension politique que l’on retrouve dans mes morceaux ; l'intime rejoint le politique et ce mot fait écho à cela. Je crois me rappeler avoir entendu ce mot pour la première fois en cours d'histoire de l'art, ma prof parlait du manifeste du futurisme et j’ai trouvé cela hyper intéressant que des artistes se questionnent sur leur démarche artistique et inscrivent noir sur blanc l’essence de leur démarchage.
En référence au titre de ton nouveau disque, tu aurais à écrire un manifeste que retrouverait-on principalement dedans ?
Afin d’accompagner ce disque, j’ai fait éditer des carnets et à l’intérieur, on y retrouve mon manifeste qui est en fait mon guide, ma ligne de conduite et ce qui sous-tend toute ma démarche artistique. Pour le découvrir en totalité, il faut venir me voir en concert car il fera partie de mon merch ou acheter ce carnet sur mon Bandcamp. Ce manifeste comporte seize articles, en voici quelques-uns : Article 1 : La douceur n’est pas une faiblesse mais une force qui a le pouvoir de transformer le monde, Article 2 : Cultiver la joie est un acte de résistance, Article 9 : Toute personne souhaitant l’égalité entre les sexes est féministe. Toute autre personne est sexiste, Article 11 : Créer n’est pas un refuge, c’est un acte de libération, Article 13 : L’œuvre n’appartient plus à la personne qui l’a créé mais cette dernière continue d’en porter l’entière responsabilité, Article 15 : La vie a le sens qu’on lui donne et Article 16 : Il est saint de ne pas plaire à tout le monde.
Quels thèmes abordes-tu sur « Manifeste » ?
Sur ce disque, je parle de mon rapport à ma féminité. « La Nuit se Meurt » est une sorte de prière à la lune et une réconciliation avec ma féminité. J’ aborde également le fait de trouver sa juste place dans le monde ; c’est un thème assez récurrent chez moi ; et la posture la plus juste à adopter face à ce monde. On retrouve ce thème dans « Jolie Mascarade », « Plus Ta Go » et « Fomo d’la Vie ». Dans « Trésor », je parle de mes guides et de la transmission ; pour savoir où l’on va, on a besoin de savoir d’où l’on vient, les personnes avec lesquelles on grandit sont importantes dans notre développement notamment les figures d’autorité et d’amour que sont nos parents et nos grands-parents.
« Trésor » qui clôt « Manifeste » est-il ton morceau le plus intime à ce jour ?
Cet EP démarre avec un morceau intime et il se termine avec un morceau qui l’est tout autant ; pour moi, c’est de l’intériorité que tout part et je trouve essentiel de cultiver son rapport à soi pour être en capacité de briller et d’apporter le plus d’amour possible aux gens qui nous entourent. « Trésor » a été écrit il y a longtemps et je pense qu’il m’accompagnera toute ma vie. J’ai écrit cette chanson pour ma grand-mère maternelle mais aujourd’hui, elle fonctionne pour mes deux grands-mères qui s’appelaient toutes les deux Nicole. Quand j’ai écrit cette chanson, je me souviens que je ne pouvais m’arrêter de penser à ma grand-mère à ce jour-là, j’ai passé ma journée à pleurer en composant « Trésor » mais cela m’a fait beaucoup de bien. Je n’avais pas regardé la date mais le soir, je me suis rendu compte que c’était l’anniversaire de sa mort et cela correspondait pile au moment où j’avais passé la moitié de ma vie avec/sans elle. Ce morceau m’émeut toujours autant.
Peux-tu nous en dire plus sur l'esthétisme développé autour de ce disque ?
J’avais très envie de retravailler pour se faire avec Sarah Jacquier qui avait réalisé le clip de ma chanson « Les Filles Qui Parlent Fort ». J’avais à cœur d’accompagner chaque chanson d’une image qui a une signification forte. Pour « Trésor », je suis allongée sous un drap et il y a un ciel étoilé composé de yeux bleus en référence à ceux de mes deux grands-mères mais également au « Petit Prince » de Saint-Exupéry. Pour « Fomo d’la Vie », l’image est assez sombre et dure. Dans ce morceau, je me parle à moi-même et cette photo met l’accent là-dessus. Pour « Plus Ta Go », je porte une armure et je tiens dans la main un cœur sanguinolent. Cette image peut être interprétée de différentes manières mais avec Sarah, nous avions pour idée d’illustrer que la force, c’est aussi de savoir rester connecté à ses émotions et qu’il y a un équilibre à trouver entre le fait de se protéger et exposer son cœur et son âme aux autres. Pour « Jolie Mascarade », je suis représentée un peu comme une icône religieuse et autour de ma tête, il y a comme une auréole d’épées qui symbolisent toutes les menaces qui pèsent sur nous ; les épées de Damoclès. Pour « La Nuit se Meurt », je suis de profil et la lune suit la continuité de mon visage ; cette idée vient de la make-up artist présente sur ce shooting.
Quatre chansons de ton premier EP avaient été mises en images, as-tu déjà des idées quant aux clips à venir pour illustrer « Manifeste » ?
Oui mais j’avais d’abord envie d’inviter les gens à écouter la musique et ensuite de leur proposer des images ; même s'il y a déjà des photos et un canevas sur Spotify.
Quels sont tes prochains projets ?
Une live session de « Trésor » est prévue. Le clip de la chanson « Fomo d’la Vie » sortira d’ici la fin du printemps et celui de « Trésor » sera tournée cet été en Normandie. Je ferai ma release party au Badaboum le jeudi 1er octobre ; j’ai à cœur de présenter quelque chose d’assez unique, il y aura notamment des exclusivités et des invités. Plusieurs collaborations sont en cours...
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