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Rencontre avec Paul d’Amour au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur « Bitcherland » !

Publié le par Steph Musicnation

(c)François Dourlen

(c)François Dourlen

Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?

Je suis auteur, compositeur, interprète, guitariste, je joue également un peu de basse et de divers instruments. J'aime plein de choses à côté de la musique notamment la cuisine et surtout les rencontres humaines et à présent, j'ai la chance de pouvoir mêler l'écriture de chansons qui est mon métier et ma passion avec mon autre passion qui est de rencontrer des gens. Quand je fais des disques, je travaille avec Nicolas Quéré qui est réalisateur ; il guide artistiquement la direction de mes disques, de l’interprétation jusqu’au mixage en passant par les arrangements.

« Bitcherland » est très loin d'être linéaire d'un point de vue musical, serait-ce ta « marque de fabrique » ou est-ce spécifique à ce disque ?

On peut parler de marque de fabrique car c'est ce que j'aime. J'affectionne la musique populaire ; la variété en tant que telle dans le sens de variété des sons ; j'ai toujours aimé la chanson au sens large et la production de Rock et quand je créé, je n’aime pas m'arrêter à un style. Avec Nico, nous nous sommes bien trouvés sur ce point-là car nous ne nous disons jamais qu’un disque doit sonner intégralement de telle ou telle sorte. Nico me permet d’avoir une vision globale. Comme « Bitcherland » est né à la suite de la rencontre de plein de profils différents sur un territoire, cet album m’a permis d’explorer toutes ces musicalités que j’aime.

Peux-tu expliciter le titre de ton nouvel album ?

Le pays de Bitche est un tout petit territoire un peu enclavé qui se situe au bout de la Moselle à la frontière avec l’Allemagne. A part y aller en voiture, il n’y a pas d’autres moyens de s’y rendre car il n’y a plus de gares. J’ai eu à cœur de mettre en exergue ce territoire qui est plein de mystère.

(c)François Dourlen

(c)François Dourlen

Quel est ton lien avec le pays de Bitche ?

J’ai beaucoup joué là-bas et au niveau kilométrique, je ne vis pas très loin même si on met plus d’un heure pour parcourir trente kilomètres car ce ne sont que des routes de montagne. C’est un territoire où je me sens bien, il me fait penser à du David Lynch ; il y a un côté Twin Peaks ; j’y avais découvert les verriers il y a longtemps quand j’y étais allé avec une amoureuse qui faisait des études d’arts. Le côté hors du temps de ce territoire me touche.

Pourquoi as-tu décidé de décliner ton nouveau disque en BD et en documentaire ?

En 2020, j’ai créé le label Neno et Tala avec Stéphanie de Freitas ; qui travaille depuis des années dans le milieu musical alternatif en tant que manageuse ; et depuis le départ, j’avais cette envie de faire une déclinaison afin que l’on ne s’arrête pas juste à un disque standard. J’avais à cœur d’aller dans la vidéo et dans le livre musical en tirant le fil. Quand on pense au livre musical, il y a tout dedans à savoir des textes, des photos...Tout cela est parti d’un souhait de faire vivre la musique en dehors de la scène et des réseaux normés.

Par quoi as-tu été le plus touché durant l'élaboration de cette aventure artistique ?

C’est le côté copains que j’aime dans les aventures que nous avons au sein du label et notamment « Bitcherland ». Jean Chevaulot est venu faire la BD, François Dourlen m’a accompagné de nouveau en tant que cinéaste et Nico est venu me rejoindre sur la partie enregistrement et réalisation du disque avec Maxime Tisserand. J’apprécie ce côté artisanal et copains qui se retrouvent à faire de la musique au contact des gens. J’aime ramener mes potes et me mettre en contact direct avec ce que je chante.

(c)François Dourlen

(c)François Dourlen

Quelles thématiques abordes-tu dans ton nouvel album ?

Sur cet album, j’ai fait une chanson avec un coach de kickboxing qui parle de l’énergie que nous avons à canaliser. J’ai pris plaisir à faire chanter des objets qui sont dits inanimés ; en l’occurrence une maison. Je parle notamment de la diagonale du vide car le Pays de Bitche est un territoire qui a souffert. Dans ces chansons, j’aborde l’humain.

Peux-tu nous en dire plus sur le titre qui clôture « Bitcherland » et qui est chanté en partie en brésilien ?

Au sein du Pays de Bitche, il y a un tout petit territoire rural où l’on parle le platt qui est une langue locale et il s’avère que c’est la seconde langue la plus parlée au Brésil ; une population paysanne du Bitcherland et de la région Allemande a migré là-bas à la fin au 18ème siècle. Avec cette chanson, j’ai voulu faire un clin d’œil et rappeler un peu l’histoire. Sur le territoire, j’ai eu la chance de rencontrer un couple, Lúcia De Carvalho qui est une chanteuse de renommée international qui chante en langue portugaise et son mari Edwàr qui chante en platt et nous avons fait cette chanson « É Minha Sorte » en trois langues.

Quelle(s) autre(s) région(s) pourrais-tu mettre en valeur dans un futur projet ?

Je suis en train d'écrire des chansons avec des paysans dans le Grand Est et j’enregistrai l’album avec Nico cet automne. Par ailleurs, j’en fais un autre avec des scientifiques à Toulouse et il y aura peut-être aussi des chansons qui seront faites dans le pays Bigouden. Je vais également partir pendant 40 jours en camping-car dans la Meuse avec Jean Chevaulot ; le bédéiste ; et Benoît Coquard qui est sociologue afin de mêler musique et sociologie dans la diagonale du vide.

@Ars Metrica

@Ars Metrica

Comment défends-tu « Bitcherland » sur scène, n'y a-t-il que de la musique ?

Sur scène, je joue en duo avec Nico et nous mélangeons les chansons des différents projets parus à ce jour même s’il y a quand même pas mal de morceaux de « Bitcherland ». Nous diffusons une super création vidéo réalisée par Ars Metrica afin d’offrir un live immersif au public. Parfois, les images parlent d’elles-mêmes et parfois, ce sont les personnes que j’ai rencontrées qui introduisent les chansons notamment « Maman » qui a été écrite en prison. Le fil conducteur de mes concerts est l’humain. Il m’arrive de faire des concerts tout seul ; je les appelle les concerts Père Castor ; et ils peuvent durer deux heures car nous débattons.

Quels sont tes prochains projets ?

Le film-documentaire qui a été tourné sur « Bitcherland » sortira d’ici la rentrée. Les collections du label vont continuer à s’étoffer avec d’autres disques. Je suis sur de l’écriture, des enregistrements sont prévus en octobre et en novembre. Un clip est prévu sur le projet avec les scientifiques Toulousains.

Rencontre avec Paul d’Amour au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur « Bitcherland » !
https://www.instagram.com/pauldamourofficiel/
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