Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Rencontre avec Le R Premier au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de « Troy » !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Jamie Kronick

(c) Jamie Kronick

Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?

Je suis rappeur, slammeur, auteur, compositeur, beatmaker et je joue de la guitare. Je suis le fondateur du label L’Armure du Son et j’ai monté une marque de vêtements qui s’appelle Cœur de Pion. Je suis originaire du Bénin et je suis basé au Canada.

Peux-tu nous donner la signification de ton nom de scène ?

A mes tout débuts, j'ai intégré un collectif de Rap dans lequel j’étais surnommé Le R ; cela vient d’Hermès qui est mon deuxième prénom ; j’ai adopté ce nom mais par la suite, quelqu’un m’a prévenu qu’il y avait un autre Le R sur Spotify et que du coup, cela pouvait prêter à confusion quand on me cherchait. Il a fallu que je différencie un peu et c’est à ce moment-là que j’ai rajouté Premier.

Comment vois-tu ton évolution musicale depuis tes débuts ? As-tu notamment affiné le chant au fil de tes projets ?

Il est vrai que je m'essaie de plus en plus au chant. A la base, je viens du Rap et ce sont vraiment les textes et la poésie qui comptent pour moi. Au début, je déclamais plus que je ne chantais dans mes morceaux mais avec le temps, j’ai eu envie de rendre ma musique un peu plus accessible à d’autres audiences que celles du Rap et Slam exclusivement. Chemin faisant, j'ai commencé à toucher un peu plus aux mélodies mais j’avoue que je ne suis encore qu’au début en ce qui concerne cela. Même si ce n’est pas vraiment ma spécialité, j’ai eu de très bons retours encourageants, on m’a parlé notamment d’efficacité au niveau des refrains et cela peut s’entendre dans mon nouvel EP. C’est en tout cas quelque chose que je souhaite creuser à l’avenir. J’aimerais m'entourer de spécialistes qui pourraient m'aider à grandir dans ce domaine.

(c) Jamie Kronick

(c) Jamie Kronick

Comment décrirais-tu ton univers ?

Poétique, un peu cinématographique, narratif, afrofuturiste et humaniste ; c’est central et ça vient tout seul. Plus particulièrement dans « Troy », il y a un aspect héroïque et cela passe par les petits gestes du quotidien.

Peux-tu expliciter le titre de ton nouveau disque ?

Ce titre de ce disque puisse son inspiration de la bataille de Troie dans la mythologie Grecque. J’ai lu cette histoire dans une BD quand j’étais adolescent et déjà à l’époque, ça m’avait inspiré, comme quoi, ce que l’on découvre plus jeune nous suit pour le restant de notre vie. Plus tard, j'ai regardé le film et je me rappelle encore m'être fait la réflexion que c’était un gâchis d’avoir sacrifié toute une ville pour une histoire d'amour. A l’époque, j’avais blâmé le roi de Troie d’avoir permis que cette guerre ait lieu pour deux personnes mais des années plus tard, lorsque j’ai revu le film, j’ai capté une autre couche à savoir que ce qui définit peut-être Troie, ce sont les valeurs de ce peuple et cela m’a interpellé. Aujourd’hui, j’ai envie de poser la question aux gens : à quoi tenez-vous et qu’est-ce que vous êtes prêts à sacrifier pour cela ?

Quelles thématiques abordes-tu sur « Troy » ?

Sur cet EP, je parle notamment d’héroïsme et de courage pour tout le monde, de passion au sens très large du terme, de dépassement de soi et de transformation.

(c) Jamie Kronick

(c) Jamie Kronick

Qu’aurais-tu à cœur de transmettre à la génération de demain ?

Le fait de grandir, d’évoluer, d’aller plus loin ; il y a de l’expansion à prendre ; cela fait partie de ma démarche artistique depuis mon premier EP et j’espère que ça sera le cas jusqu’à la fin.

En référence au titre qui clôt « Troy », à quelles occasions n'as-tu pas les mots ?

Ça m'arrive souvent de ne pas avoir les mots ! Parfois, c’est quand on n'a pas les mots justes que l’on parle beaucoup. Assez paradoxalement, cette chanson ; où j’y vais à fond ; possède un gros texte sans refrain. Le COVID ; qui fait partie des sujets de ce morceau ; nous a mis un gros coup de poing dans la gueule et à ce moment-là, nous n’avions pas les mots. Dans ce titre, j’ai voulu prendre de la hauteur par rapport à ce que nous avons vécu car nous avons un peu tendance à être amnésiques surtout quand les événements sont durs ; nous voulons oublier, passer à autre chose, être dans une atmosphère plus joyeuse ; mais il faut s’en rappeler ; ne serait-ce qu’en mémoire des gens qui ne sont plus là ; car il y en aura peut-être d’autres et nous serons plus solides quand ça arrivera. Ce n’est pas une chanson triste du tout car nous sommes encore sur scène à chanter les mêmes chansons qu’avant le COVID et si ça se trouve nous serons toujours là mais pour cela, il faut se regarder droit dans les yeux et prendre les bonnes décisions notamment par rapport à l’écologie.

Quand on a une plume comme la tienne, il y a un terreau propice à être développé d'un point de vue littéraire. Y as-tu déjà réfléchi ? Sur quel sujet te verrais-tu écrire un premier essai ou roman ?

J’y ai déjà réfléchi mais je ne me suis jamais vu comme un auteur, j’ai beaucoup d’admiration pour les gens qui le sont et pour prétendre l’être, j’estime qu’il faut s’y mettre vraiment et beaucoup travailler. Une autrice m'a tendu la perche pour un recueil constitué de textes narratifs dont le titre est « En cas d'incendie, prière de ne pas sauver ce livre ». Nous étions une douzaine d’auteurs et autrices dans ce projet collectif qui parlait d’environnement et pour lequel j’ai signé un texte intitulé « Un monde où tout se transforme ». Dans ce récit à mi-chemin entre fiction et réalité, je racontais l’histoire d’un jouet que l’on m’avait pris quand j’étais gamin et que l’on m’avait rendu sans son moteur. Il y était question de transformation et de recyclage car le moteur retiré de mon jouet avait servi à créer une sorte de ventilateur. Si je devais écrire à nouveau, je pense qu’il y aurait sûrement en filigrane, l’envie de changer quelque chose dans le monde.

(c) Jamie Kronick

(c) Jamie Kronick

Qui retrouve-t-on parmi tes influences musicales ?

Franchement, je pense qu'il nous faudrait la journée pour en parler et du coup, j’ai vraiment l'embarras du choix ! J'ai commencé à avoir envie d’écrire et de faire du Rap lorsqu’adolescent au Bénin, j’ai découvert « L'école du micro d'argent » du groupe IAM. Il y a eu également le groupe Bisso Na Bisso et leur album « Racines... ». Dans la chanson Française, j’aime bien notamment Juliette Armanet. En ce moment, j’écoute beaucoup de Trap ; qu’elle soit anglophone ou francophone ; et de Hang Drum car je trouve que les sonorités de cet instrument sont apaisantes ; la résonnance est incroyable et cela vient chercher quelque chose de différent en nous par rapport aux autres instruments.

Quels sont tes prochains projets ?

Je serai en concert au Nouveau Casino à Paris le 23 avril, au Ministère à Montréal le 12 mai, au Drake Underground à Toronto le 28 mai et au Club SAW à Ottawa le 02 juin. Je pense qu’une bonne partie des chansons de l’EP seront mises en images au fur et à mesure. Le prochain clip pourrait sortir dans le courant de l’été et il se pourrait qu’il y ait des images enregistrées en live. Je continue à écrire pour la suite...

Rencontre avec Le R Premier au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de « Troy » !
Commenter cet article