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Rencontre avec Igit au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution d’« Air RER » !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Bastien Burger

(c) Bastien Burger

Ton nouvel album commence par « Banlieue » et se termine par « Soleil », ça pourrait sous-entendre que tu embarques l'auditeur dans un trajet tout le long de ce disque, l’as-tu conceptualisé ainsi ?

Exactement, bien vu ! Ca commence avec quelque chose d’un peu dur et ensuite, on va faire le meilleur car je suis quelqu’un de très optimiste. Pour ce disque, le fantasme aurait été d’avoir une fausse ligne de train où chaque station aurait été une chanson, j’y avais pensé mais ça m’aurait fait faire vraiment trop d’écarts sur le sens.

As-tu effectué du field recording pour accentuer cette idée d'air du RER ?

Tout à fait, j'ai fait du field recording et j’en ai récupéré aussi. Je me suis rendu compte en préparant le live que les sons de trains de banlieue qu’il y a au début de « Norman Rockwell » venaient d’Allemagne. C’est vraiment un voyage très européen. Même si je n’ai pas vraiment mis les sons dans ce disque ; à une ou deux exceptions près ; j’ai enregistré un petit peu à droite et gauche. J’ai surtout regardé les gens et écouté ce qu’ils disaient. C’était plutôt du field watching car je me suis inspiré des gens que je croisais dans les trains.

La genèse de ce disque est-elle venue lors d'un trajet en RER ?

Oui et je me rappelle très bien, c'était un long trajet sur le RER B pour aller jusqu'à Palaiseau-Villebon. Les paroles de la chanson « Banlieue » me sont venues en premier. A la base, je n’avais pas du tout prévu d’en faire un disque mais c’est venu quasiment d’une traite et comme j’aime toujours me renouveler un peu, j’ai trouvé que ce style d’écriture plus impressionniste que ce que j’avais pu faire par le passé était intéressant à creuser.

(c) Bastien Burger

(c) Bastien Burger

A l'heure de cette interview, tu as déjà publié cinq extraits d'« Air RER », l'as-tu sciemment fait pour montrer que cet album est loin d'être linéaire ?

En effet, on peut dire cela mais je l'ai aussi fait pour donner plus de visibilité à ces chansons car aujourd’hui, quand on sort un album, c’est dur de le faire exister. Si je n’avais sorti que « Banlieue » quelques semaines avant l’album, les quatre autres singles n’auraient pas eu la même exposition car souvent, les gens n’écoutent plus les disques en entier. Comme j’aime bien toutes ces chansons, cela me permettait d’étirer un peu le temps de vie de cet album.

Quelles thématiques abordes-tu sur ce disque ?

Le fait de regarder les autres a toujours été un fil rouge. J'ai 41 ans et je parlais déjà un peu de cela dans mon projet artistique au bac. Dans mes chansons, je regarde le quotidien avec un filtre un peu poétique et j’essaie d’inventer de jolies histoires. « Air RER » peut être vu comme un voyage intérieur. Quand on est dans un train et que l’on n’a rien à faire, on regarde les autres personnes et on imagine des histoires.

Qu'est-ce que le fait d'avoir créé ce disque entièrement seul et en complète indépendance t'a appris et permis ?

Ça m'a permis une liberté totale. D’habitude, comme je ne suis pas très sûr de moi artistiquement parlant et que j’aime bien les gens, j'ai tendance à beaucoup faire écouter les choses et à être un peu comme un enfant qui attend qu’on lui dise que ce qu’il a fait est super et si ce n’est pas le cas, j’ai l’impression que c’est nul mais pour la première fois, je n’ai pas fait écouter les chansons tout de suite et cela m’a permis de mûrir les choses. Par ailleurs, cet album m’a permis de prendre confiance en moi sur l’aspect production qui est quelque chose que j’adore. J'ai un studio, j'ai toujours été un geek, je m'enregistre depuis longtemps mais auparavant, je déléguais cela à d’autres personnes.

(c) Bastien Burger

(c) Bastien Burger

Si chacun de tes morceaux était une station de RER et que personnellement, tu devais choisir à laquelle monter à bord et à laquelle descendre pour en profiter...quels titres choisirais-tu ?

Je monterai dans ce RER avec « Norman Rockwell » qui parle du fait de rigoler tout seul et j’en sortirai avec « Soleil » car c’est ainsi que ce disque a été conceptualisé, on est cool, tout va bien.

Comment qualifierais-tu l'univers développé sur ce nouvel album ?

C'est le bordel et c’est voulu car j’ai souhaité être fidèle au chaos qu’il peut y avoir à l’intérieur des rames. J’ai fait des choix artistiques qui ne tendaient pas forcément vers le joli mais c’est assumé. Il y a du bruit, de la polyrythmie, du bazar ; qui n'est même pas organisé ; et ça me plaît. Il y a quelque chose de très instinctif et aussi de l’ordre de la transe dans ce disque qui est très en lien avec l’endroit où j’habite comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs.

As-tu prévu de faire des événements en collaboration avec la RATP ?

J'aimerais bien reconnecter avec la RATP d’autant que j'ai été musicien du métro mais ce n’était pas terrible niveau acoustique car j’ai la voix grave, les gens n’entendaient rien et du coup, j’ai préféré retourner dehors à Montmartre.

(c) Bastien Burger

(c) Bastien Burger

Le fait d'écrire pour d'autres artistes a-t-il eu une incidence sur l'écriture de tes propres morceaux ?

Oui car j’ai vraiment conscientisé le fait que personne ne voudrait chanter ces titres-là. J’ai vraiment écrit ces chansons pour moi car je souhaitais que ce phrasé et cette manière de dire les choses puissent exister sur Spotify. Aujourd’hui, on fait plus attention au fond qu’à la forme alors que c’est ce que j’ai voulu remettre sur le devant avec notamment des allitérations et des choses beaucoup plus littéraires. Ce que je n’ai pas le droit de faire pour les autres, je l’ai fait pour moi. Ca a été une récréation !

Quels sont tes prochains projets ?

L’album « Air RER » sortira le 24 avril, le soir-même, je serai en concert aux Etoiles, je serai accompagné par une super équipe de musiciens et il y aura une captation. Du live mais en solo est prévu également le 20 juin à Arras dans le cadre du Festival Doudida. J’ai des projets d’écriture pour d’autres artistes et j’ai déjà plein d’idées pour mon prochain disque.

Rencontre avec Igit au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution d’« Air RER » !
https://www.facebook.com/igitmusic
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