Rencontre avec Sloń au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de « Mourir Au Soleil » !
Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?
Je suis auteure, compositrice, interprète et productrice de ma musique. Je joue un peu de ukulélé, de piano, je fais aussi de la MAO mais c’est la voix ; que j’ai découvert toute petite grâce à mon grand-père ; qui demeure mon instrument principal.
Comment la musique s'est-elle invitée dans ton parcours personnel ?
Mon papy ; qui est un immigré Italien arrivé en France pour travailler dans les mines ; avait un grand rêve à savoir celui de devenir ténor mais il avait six bouches à nourrir. Quand il a pris sa retraite, il a commencé à organiser des grands bals avec des orchestres auxquels assistaient plein de personnes âgées et moi, je lui prenais le micro des mains afin de chanter avec lui de façon très approximative « Vivo Per Lei ». Au fur et à mesure, j’ai vraiment réclamé la musique dans ma vie et mes parents m’ont suivie là-dedans. J’ai fait beaucoup de choses notamment dix ans de chant lyrique en conservatoire en musique classique et du Jazz en musique actuelle. En tout cas, je crois que le moment où j’ai compris que j’avais vraiment envie de faire de la musique et que c’était un endroit où j’étais reçue, c’était à la chorale en sixième quand j’ai chanté « A Corps Perdu » de Grégory Lemarchal. Je me souviens encore de la sensation d’être sur scène, il s’est vraiment passé quelque chose ce jour-là. Par ailleurs, j’étais une enfant qui avait beaucoup de mal à se faire des amis et là, toutes les personnes qui me harcelaient durant ma scolarité se sont levées pour m’applaudir.
T'es-tu assez rapidement cernée d'un point de vue musical ? J'ai vu que tu avais notamment sorti plusieurs reprises, cet exercice t'a-t-il aidé dans ce sens ?
Je suis un peu monomaniaque et j'écoute énormément les mêmes artistes depuis que je suis petite. Björk m'a donné envie de faire de la musique. J'ai beaucoup écouté Sigur Rós, du Post- Rock, des musiques de niche assez lentes et introspectives qui se laissent un peu désirer. Je crois que j'ai toujours été appelée par le contemplatif et l'onirique, ça ne bouge pas mais ça m'a toujours beaucoup parlé ; que ce soit dans les films, les livres ou dans mon imaginaire. Depuis assez longtemps, je savais que j’avais envie d’écrire en français, de raconter des mondes invisibles et d’aller rechercher des choses très authentiques à l’intérieur dans le style que je fais et effectivement, l’exercice de la reprise m’y a aidé car c’est plus facile d’amener les auditeurs dans un monde qui existe déjà plutôt que de le créer de toutes pièces au départ. Mais aujourd’hui, raconter l’histoire de A à Z est vraiment ce que je préfère. Quand je compose, je me pose dans mon corps et je regarde quelles émotions sont là et ce que j’ai envie de raconter.
Quelles ont été tes envies artistiques sur tes nouveaux titres ?
J’ai eu à cœur de travailler les textures. J’ai œuvré avec Léo Faubert et cette collaboration a été très ludique. Nous avons utilisé des bruits de la forêt et des voix un peu étranges que nous avons pitché. Sur ces nouveaux morceaux, nous avons privilégié les instruments organiques et nous les avons tordus avec des instruments électroniques et des plugs.
Comment perçois-tu l’évolution de tes textes depuis tes débuts ?
Avec le recul, je me dis que j’étais peut-être un peu posturale sur des choses et un peu caricaturales sur d’autres par rapport à ce que je pensais que l’on attendait de moi dans mes premiers titres. J’étais très métaphorique mais c’était la vérité dans laquelle j’étais au moment où j’ai fait ces morceaux alors que mes nouvelles chansons sont plus authentiques, elles partent plus d’une urgence de raconter une vérité qui est là dans ma vie en ce moment ; j’y parle notamment de mon rapport au corps. Mes textes sont beaucoup plus frontaux qu’auparavant.
« A L’Etroit Dans Ma Peau » a-t-il été un morceau évident pour amorcer ton retour ?
Oui car cette chanson ; tout comme son clip ; faisait sens. « A L’Etroit Dans Ma Peau » commence par « Trop de fois, j’ai rêvé être une autre que moi, celle que l’on n’aurait pas moqué si tôt comme ça… ». Il faut savoir que l’EP à paraître s’intitule « Embryon » et je crois que ce titre était une façon de retourner en moi afin de me réempouvoirer, d’accepter tout ce que j’ai été, tout ce que je suis et tout ce que j’ai à cœur de montrer au monde.
De quoi parles-tu dans « Mourir Au Soleil » ?
Dans « Mourir Au Soleil », je parle de la mort mais comme d’un nouveau voyage ; c’est en tout cas ma croyance. Dans cette chanson, la mort est abordée plutôt comme un renouveau qui invite à simplement se laisser porter par la vie. J’en parle d’une manière plutôt poétique qui n’est pas tabou dans l’optique de se dire qu’il y a peut-être quelque chose derrière.
Le saule pleureur évoqué dans cette chanson existe-t-il concrètement ou est-ce plutôt « une projection/un fantasme » ?
Il existe réellement. J’ai grandi en Lorraine et au-delà des artistes que j’ai pu citer précédemment, c’est la nature qui a vraiment inspiré ma musique. Pour la petite blague, je dis souvent que je suis la Blanche-Neige du Lidl car j’ai appris à siffler et j’aime beaucoup reproduire les sons des oiseaux. J’ai écrit cette chanson adossée à ce saule pleureur magistral en pleine forêt durant un été qui était presque aussi brûlant que celui-ci. J’étais très apaisée à ce moment-là, j’étais dans un pur moment de contemplation très beau et très fluide et c’est alors que je me suis imaginée vieille, je me suis dit que j’aimerais avoir réussi ma vie et que cela m’importerait de bien réussir ma mort également et que j’aimerais partir au creux de cet arbre grâce auquel le projet est revenu à la vie.
Comment décrirais-tu ton univers ?
Onirique, organique, émotionnel et introspectif.
Qui retrouve-t-on dans ta culture musicale ?
Björk, Bon Iver ; qui a beaucoup influencé l’EP à venir ; Sigur Rós, Radiohead, Sufjan Stevens, Camille et Barbara. Même si cela ne s’entend pas trop dans ma musique, mes parents écoutaient beaucoup de musique Italienne ; Pavarotti tournait beaucoup à la maison.
Quels sont tes prochains projets ?
L’Ep « Embryon » ; qui contient un duo avec Al.Hy qui est une soeurcière ; sortira d’ici l’automne. « Il Pourrait Pleuvoir » ; qui est mon titre préféré ; sera le prochain single ; c’est une chanson de réconciliation dédiée à mon petit frère. La release party se fera le 23 octobre aux Trois Baudets. Il y aura d’autres live sessions à venir et je bosse déjà sur la suite…
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Sloń - mourir au soleil (visualizer)
écouter le titre "mourir au soleil" : ditto.fm/slon-mourir-au-soleil Paroles : je veux réussir ma mort comme la nuit bleue dans la rosée de l'aurore dormir un peu le vent, les formes le bruit ...
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