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Rencontre avec Jeancristophe au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur « Que Sombrent Les Hommes » !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Julien Bouzillé

(c) Julien Bouzillé

Quelles casquettes as-tu dans l'artistique ?

J’ai quatre grandes activités à savoir la musique à l’image, mon projet Jeancristophe, les spectacles pour le jeune public et le fait d’être arrangeur. La musique à l'image occupe pas mal de mon temps. Je compose pour la télévision notamment pour des documentaires et de la fiction. Je fais également de la musique pour des expériences immersives en réalité virtuelle et pour le spectacle vivant. Tout cette partie représente de la musique de commande, je m’adapte en fonction des demandes. En termes de style, cela peut aller du Hip hop à la musique classique en passant par le Rock et le Jazz ; il n’y a aucune frontière stylistique. Par contre, quand je compose pour mon projet Jeancristophe, c’est un espace de liberté absolue, je ne fais aucun compromis même si je rends les choses présentables bien évidemment ; j’apporte un vrai soin à la production et à la réalisation. Contrairement à la musique à l’image, le propos porté dans Jeancristophe est vraiment le mien. En parallèle à cela, je suis musicien de scène pour des spectacles destinés au jeune public que j’écris et que je joue. Je suis multiinstrumentiste mais percussionniste à la base, je joue beaucoup de vibraphone et aussi du piano, de l’accordéon, de la flûte traversière...Je ne suis pas spécialiste d’un instrument en particulier mais j’en joue de beaucoup. Et pour terminer, j’ai une casquette d’ingénieur du son/réalisateur/producteur artistique/arrangeur.

Peux-tu expliciter la façon dont est orthographiée ton nom de scène ?

Pour différentes raisons personnelles, j’avais un profond dégoût de moi-même jusqu’au début de ma trentaine, je ne supportais même pas que l’on appelle par mon prénom ; Jean-Christophe ; et c’est pourquoi, j’avais un sobriquet. Quand j’ai commencé à faire la paix avec moi-même notamment au moment de la composition et de la parution de mon premier disque, j’ai recollé les morceaux, c’est pour cela que j’ai retiré le trait d’union et ensuite, j’ai retiré le H de guerre. Je ne souhaitais pas porter ce projet en mon nom propre mais je tenais au Jeancristophe en un seul mot.

En dehors des thèmes abordés dans tes textes, ton écriture est-elle très différente entre ton projet de chansons et tes spectacles destinés au jeune public ?

C’est à la fois très différent et en même temps, il y a un ADN commun. Que ce soit dans mes livres, dans mes chansons ou dans mes spectacles, j’essaie à chaque fois de faire exister quelque chose qui manque au monde et je dis cela sans aucune prétention. L’un de mes spectacles pour le jeune public s’appelle « Ouïr l'Inouï » ; entendre ce que l’on n’entend pas ; l’idée étant d’éveiller les enfants à la magie qu’il peut y avoir dans n’importe quel son. « Comment Devient-on un Gens » qui était la première chanson écrite pour mon premier album est devenu un spectacle jeune public dans lequel il était question d’une quête d’identité ; qui est-on quand on n’est pas un gens parmi les gens et comment se trouver soi-même. En revanche, la manière d’aborder les choses n’est pas du tout la même car dans mes chansons pour adultes, le vocabulaire employé est peut-être plus abscons.

(c) Julien Bouzillé

(c) Julien Bouzillé

Peux-tu expliciter le titre de ton nouvel album ?

« Que Sombrent Les Hommes » et son sous-titre « Regards Eperdus et Amours Illusoires ». Sur cet album, l’idée était d’avoir des photos de différents états émotionnels sans en faire des généralités, chaque chanson est le fruit d’une émotion forte que j’ai voulu dérouler soit sur le moment soit un petit peu plus tard. A partir du moment où l’on regarde les choses sous le coup d’une émotion, on ne les regarde pas objectivement, le regard est altéré par l’émotion d’où les regards éperdus dans le sous-titre. Quant aux amours illusoires, ils renvoient au fait qu’il y a beaucoup de chansons d’amour sur cet album, elles sont toutes vraies mais aucune n’est réelle ; je les ai vécues soit en projection soit en rêve soit réellement mais ce n’est que mon point de vue, l’autre personne concernée n’en aurait pas parlé de cette manière-là. Le titre de l’album peut paraître un petit peu sombre mais c’est globalement un appel à ce que renaisse une nouvelle humanité. Même quand j’explore des recoins assez sombres de l’âme humaine ou de l’humanité en générale dans mes textes, il y a toujours l’envie de trouver de la lumière et la pochette de l’album illustre cela car il y a la destruction d’un piano qui brûle mais également la flamme amoureuse ou la lumière qui jaillit. Il n’y a jamais de complaisance à la noirceur dans mes textes.

« Que Sombrent Les Hommes » s'inscrit-il dans la continuité musicale de ses prédécesseurs ou as-tu pris d'autres chemins sur ce disque ?

L’esthétique de ce nouvel album est très différente. Quand j’ai enregistré mon premier album, je n’avais jamais chanté de ma vie et c’était très brut et expérimental. A ce moment-là, mon premier livre sortait et ça m’angoissait car je me mettais à nu pour la première fois de ma vie dans cet ouvrage, j’ai eu envie d’apporter un autre regard et c’est pourquoi j’ai enregistré un disque tout seul chez moi. Mon second album était ; quant à lui ; très Pop, rose, avec des paillettes et du second degré. Pour mon troisième disque, je souhaitais des cordes, un mélange entre une énergie Rock et Pop et des arrangements très soignés. Je suis beaucoup plus direct et frontal sur ce disque que je trouve plus abouti que ses prédécesseurs.

Pourquoi as-tu mis aussi longtemps avant de proposer un nouvel album ?

Entre mon deuxième et mon troisième album, j’ai sorti deux livres. Quand j’écris des chansons, c’est qu’un besoin d’écriture se fait sentir mais à cette époque-là, j’avais trouvé matière à m’exprimer dans mes livres. Ensuite, j’ai beaucoup composé pour la télévision, ça me demandait beaucoup de temps mais ça m’épanouissait. En dehors de cela, j’ai créé deux spectacles pour le jeune public. J’avais continué à écrire des chansons sans forcément me dire que je les enregistrerai un jour mais j’ai fini par me rendre compte qu’il existait un lien entre certaines même si on ne peut pas parler d’album concept, elles se tenaient entre elles.

(c) Julien Bouzillé

(c) Julien Bouzillé

Peux-tu nous en dire plus sur la présence de Dominique Blanc-Francard sur ton disque ?

Dominique Blanc-Francart a mixé cet album et ça m'a permis de réaliser un rêve d'ado. Quand on regarde la longue liste des artistes pour lesquels il a œuvré, on y trouve notamment les Pink Floyd, David Bowie, T-Rex, Elton John, Serge Gainsbourg, Benjamin Biolay, les Rita Mitsouko, Françoise Hardy, Jane Birkin, Camille et j'en passe. Quand j’étais jeune adulte et que j’ai fait des études pour devenir ingénieur du son, Dominique Blanc-Francart faisait partie de mes idoles ; parfois, il m’arrivait d’acheter des disques simplement parce qu’il avait été mixés par lui. Il y a quelques années, j’ai fait une masterclass dans son studio à Paris et cela m’a permis de le rencontrer ; j’ai passé trois jours merveilleux. En 2021, j’ai osé lui demander s’il voulait bien mixer l’un des titres de mon EP « Où Est La Joie ? », c’était peut-être un peu présomptueux de ma part mais j’ai été ravi qu’il accepte et finalement, il a mixé l’EP et tout l’album.

Quels thèmes abordes-tu sur ce disque ?

L’amour, le désamour et l’effet miroir ; qui est l’autre en face ? ; qui est un thème intrinsèque à la construction de cet album.

Peux-tu développer le final épique de cet album ?

J’ai toujours eu en tête que « Comme Les Gens Rient » finirait l’album. La première chanson de ce disque ; « Que Sombrent Les Hommes » ; commence par une illusion acoustique ; un son qui ne fait que descendre ; alors que c’est l’inverse sur la dernière comme s’il y a une plongée et que l’on remontait à fin. Le texte de cette chanson est très onirique voire presque mystique. Quand j’ai parlé de ce morceau qui durait 3 minutes 30 à l’origine à Simon Fache qui a réalisé l’album, il m’a dit qu’il fallait terminer le disque sur un final épique en faisant un titre de 9 minutes. J’ai commencé à travailler sur des quatuors à cordes et d’un coup, je me suis dit qu’il fallait que j’y mêle des bruits de foule du 14 juillet, des sons de feux d’artifice auxquels j’ai rajouté une violence Rock avec une batterie qui se déchaîne...Plein d’esthétiques ont été mélangées dans ce morceau pour lequel j’ai eu l’image du Titanic qui coule sur la fin sauf que dans le cas présent, c’est l’humanité et chacun continue à jouer, tout se délite petit à petit pendant les feux d’artifice. Dans ce défilé du 14 juillet, j’ai pensé aussi à une petite fanfare qui jouerait le Lacrimosa du Requiem de Mozart pendant que les gens applaudissent comme pour dire voilà ça y est, on a vraiment détruit le monde ; les hommes ont vraiment sombré. Il y a quelque chose de presque apocalyptique dans ce morceau mais ce n’est pas pour dire que le monde est moche car si on écoute bien, il y a cette illusion acoustique qui ne fait que monter cette fois-ci pendant 30 secondes comme pour aller chercher la lumière au bout du tunnel.

(c) Julien Bouzillé

(c) Julien Bouzillé

Comment décrirais-tu ton univers ?

Optimiste-triste ; c’est d’ailleurs ce que Simon dit de moi ; sensible et romantique mais dans le côté tourmenté du terme.

Quels sont tes prochains projets ?

Le clip de « Mens-Moi » sortira dans les prochaines semaines. Des concerts sont prévus le 20 février au Bidule à Lille, le 10 mars à The Audito à Tourcoing, le 10 avril à La B@se à Noeux-les-Mines et le 19 mai à la Péniche Antipode à Paris. La suite du spectacle jeune public « Trois, Quatre » ainsi qu’un autre baptisé « Ça Tourne » sont en préparation afin d’être présentés en 2027-2028. J’ai également trois projets en cours pour de la musique à l’image et j’ai écrit une pièce de théâtre !

Rencontre avec Jeancristophe au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur « Que Sombrent Les Hommes » !
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