Rencontre avec Guilhem Valayé au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de son premier album solo !
Comment expliquerais-tu que ton premier album solo ait pris autant de temps ?
Si j’ai arrêté 3 Minutes Sur Mer il y a 8 ans et que l’écriture des chansons de ce disque a pris environ deux ans, il m’a fallu du temps pour trouver la bonne personne à qui confier sa réalisation. Entre temps, j’ai été pris sur la comédie musicale Les Souliers Rouges qui a connu sa première version aux Folies Bergères en 2019 et ensuite, on a pris le COVID en pleine figure. Ecrire cet album a été une chose mais c’est le fait de le sortir qui a été compliqué. J’avais enregistré un EP avant la comédie musicale mais ce disque n’a pu paraître qu’en 2022 à cause notamment des reports de concerts lors de la réouverture des salles et il a fallu que je monte un label pour sortir ce disque. Trouver la direction que j’allais prendre après l’EP ainsi que les personnes avec qui j’avais envie de travailler, cela a pris du temps d’autant plus que je suis un artiste indépendant ; j’ai toutes les casquettes et tout prend beaucoup plus de temps.
Es-tu resté dans la continuité d'« Aubrac » paru en novembre 2022 ou as-tu suivi d'autres voies pour ton album ?
Non, je suis allé complètement ailleurs. Pour l’EP « Aubrac », je suis parti du guitare-voix que j’avais sur scène, j’ai voulu être le plus brut possible car c’est ce qui m’intéressait à ce moment-là mais comme ça avait déjà été fait, je ne voulais surtout pas refaire cela sur l’album. J'ai fait plusieurs tentatives dans diverses directions artistiques et finalement, au lieu d’en choisir une, j'ai préféré choisir une personne. J’avais déjà collaboré avec Mathild Empereur ; qui est une amie ; sur d'autres choses que de la musique et même si je ne savais pas où aller, je voulais faire ce disque avec elle. Nos univers sont très différents car Mathild s’illustre plus dans l’électronique et la musique à l’image ; elle utilise notamment des synthétiseurs modulaires. Ce chemin-là avait commencé à être emprunté sur le titre « Veux-Tu » sur lequel Alban Sautour avait sorti des synthés, des moogs et des prophets et j’avais trouvé que le côté Folk et cette partie plus électronique arrivait à se conjuguer. Les choix de Mathild ont donné lieu à des explorations et à certains endroits, je me suis même dit que l’on pouvait retirer mes guitares car cela fonctionnait bien.
Peux-tu expliciter le titre de ton disque baptisé « Mes Chiens Ne Dorment Pas » ?
J’ai lu un livre de Cynthia Fleury ; qui est une psychanalyste et philosophe ; elle cite Freud à un moment et cette phrase ma frappé. Quand on doit faire un travail sur soi, on emploie souvent d’adage populaire « il ne faut pas réveiller les chiens qui dorment », ce qui signifie qu’il ne faut pas aborder le sujet car en parler pourrait causer des problèmes. Freud expliquait que cet adage n’était pas valable particulièrement en ce qui concerne les méandres de la psyché et de l’âme car si les pulsions causaient du trouble, c’est bien la preuve que les chiens ne dorment pas et c’est pour cela que j’ai donné ce nom à mon album.
Quels thèmes y abordes-tu ?
Sur ce disque, je parle notamment d’écologie, de vieillesse, de nos crises sociales, du fait de continuer d’évoluer dans une société qui se dégrade avant nous, d’amour et du couple.
Pourquoi as-tu choisi d'extraire un duo en guise de premier extrait ?
Je ne l’ai pas pensé comme ça. « Reviens-Toi » est le premier titre de l'album et il fait le lien musicalement avec « Aubrac » ; un démarrage juste en guitare-voix, très Folk, très ballade. Il y avait un parti pris de faire dans la continuité de l’EP car ce morceau ne laissait pas présager l'aventure électro qui se passe dès le second single. Par ailleurs, « Reviens-Toi » n’est devenu un duo qu’au dernier moment car je trouvais intéressant de pouvoir chanter à deux la dualité présente dans ce titre mais ce n'était pas programmé.
Peux-tu nous en dire plus sur les deux invités présents à tes côtés sur « Mes Chiens Ne Dorment Pas » ?
Jardinier a été mon premier métier au début de ma vingtaine mais ma passion pour la musique était telle que je ne me voyais pas rentrer tout de suite dans les métiers agricoles et du paysagisme sans aller tenter certaines choses auparavant. Une fois que j'ai eu mon diplôme en poche et que j’ai travaillé notamment en pépinière, je suis retourné m’inscrire au conservatoire de d'Aix-en-Provence ; j’ai suivi à la fois un parcours d'opéra et de musicologie. A cette époque-là, j'achetais des revues comme Rolling Stone et Les Inrocks, à l’intérieur, il y avait des players et sur l’un de ces CDS, il y avait un titre de Fred Métayer que j'écoutais énormément et qui m’a amené à découvrir son premier EP. C’est en lisant une interview dans Rolling Stone que j’ai appris que le premier métier de Fred était forestier, j’ai fait une sorte de transfert d’identification et je me suis dit que je pouvais peut-être faire quelque chose moi aussi. Baigné par sa musique et encouragé par son interview, j’ai déménagé quelques mois après à Paris. Il s'avère que nous nous sommes croisés il y a quelques années et nous sommes devenus très proches. Je trouvais assez fantastique d’attaquer mon premier album solo avec l’artiste qui m’a influencé quand je n’avais même pas encore écrit une phrase. Quant à Mathild Empereur, elle a été la directrice artistique de l'album et elle a joué également sur ce disque. Mathild est une amie dont j’aime énormément la voix et je trouvais qu’interpréter en duo « Lâchetés Ordinaires » rendait ce texte encore plus fort et universel.
Peux-tu développer l'image du koala qui donne son nom à l'une de tes chansons ?
Dans ce titre-là, c'est un bestiaire, c'est presque une fable de La Fontaine (rires). Au départ, c’est parti d’un jeu de mots. Plus on avance en âge, plus on se rend compte que la société est compliquée et je pense qu’il est important de pouvoir aller faire un câlin à la personne que l’on aime. J’avais besoin de cette koala et j’ai la chance de l’avoir.
Comment qualifierais-tu ton écriture ?
J'utilise beaucoup de métaphores car j’aime le fait que chacun puisse avoir sa propre interprétation. Je viens de cette famille d’écriture ouverte notamment par Bashung. Même si nous sommes représentés par des animaux dans cette chanson, « Koala » est ma chanson la plus directe et la moins capillotractée. Les métaphores me permettent de mettre en phase l’émotionnel et le rationnel tout en ayant plusieurs significations.
Comment décrirais-tu ton univers ?
Sincère, pas forcément optimiste et cathartique. Dans cet univers, il n’y a pas d’histoires inventées, je puise dans le quotidien, c’est soit de la chanson très personnelle soit citoyenne, je ne fais que relater ce qui m’entoure.
Qu'aimerais-tu que les auditeurs retiennent le plus de ton premier album ?
Qu’ils ne sont pas tout seuls. Je pense que plus on est personnel, plus on est singulier, plus on peut devenir universel ; même si on est tous très différents, on a tous des liens, on se reconnait dans nos doutes, nos peines, nos mélancolies ou dans certaines de nos joies.
Quels sont tes prochains projets ?
L’album sortira le 23 janvier avec « Koala » comme focus track et il sera accompagné d’un clip. Je serai en concert une fois par mois au Connetable à partir de février et d’autres dates sont en train de se mettre en place. J’aimerais travailler sur des sessions live notamment pour des titres comme « Des Foules » et « Lâchetés Ordinaires ». Par ailleurs, je reprends mon rôle de Victor dans la comédie musicale Les Souliers Rouges que nous présenterons les 15 et 18 janvier au 13ème Art. Avec le label Bleu Pinces Productions, nous travaillons sur le nouvel album de Fred Métayer.
Guilhem Valayé sur Apple Music
Écoutez la musique de Guilhem Valayé sur Apple Music. Découvrez les morceaux et albums les plus écoutés de Guilhem Valayé, comme MARQUE-PAGE, Ballet diabolique et plus encore.
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