Rencontre avec Alex Augier au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de « The Lyrical Age » !
Quelles casquettes as-tu dans l’artistique ?
Je suis musicien, je joue de la batterie, un peu de piano et je fais surtout de la musique électronique ; j’explore tout le monde de la lutherie électronique. Je compose, j’arrange et je créé mes sons avec mes synthétiseurs modulaires et mes câbles. Je travaille vraiment comme un artisan ; j’aime bien la difficulté, je ne choisis pas la facilité de certains logiciels. Je suis également étiqueté artiste numérique car j’élabore des performances audiovisuelles ; je fais du visuel génératif, c’est-à-dire fait par codage. Je m’occupe également de l’aspect logistique de mes projets. J’aime bien participer à tout même en ce qui concerne la pochette, la typographie, les photos, les montages vidéo…
À quoi correspond cet âge lyrique qui donne son nom à ton nouvel album ?
J’aime beaucoup les œuvres de Milan Kundera et l’un de ses livres aurait dû s’appeler « L’Âge Lyrique » mais il n’a pas retenu ce titre ; le livre est bien sorti mais il s’intitule « La Vie Est Ailleurs ». Pour lui, l’âge lyrique correspond à l’adolescence et ce n’est pas une période qu’il affectionne puisqu’il la trouve même kitsch avec son côté romantique ; Milan Kundera s’intéresse plus à la période plus dépouillée et plus crue qui succède l’adolescence. J’ai eu envie de faire quelque chose à partir de son monde à lui ; de ses mots. Par ailleurs, il faut savoir que son père était un compositeur Tchèque connu et qu’il a fait des études de composition musicale ; il était plutôt destiné à être musicien ; mais le côté lyrique-romantique quasi naturel ne lui convenait pas et c’est pour cela qu’il s’est orienté vers la littérature. Pour ma part, je n’ai rien contre le côté lyrique de la musique qui porte.
Même s’il n’y a pas de paroles sur « The Lyrical Age » qu’avais-tu à cœur de raconter dans cet album ?
Cet album raconte quelque chose tout au long des dix morceaux qui le composent. J’ai structuré et appelé mes morceaux en fonction de la thématique adolescente et du coup, ça se veut assez narratif. Les titres des morceaux parlent d'eux-mêmes. Par exemple, « Inner Voice » renvoie à la voix intérieure que l’on peut avoir quand on est jeune et que l’on se demande si on doit l’écouter car on est influencé par les voix extérieures ; l’école ou les parents. « Lives In Resonance » évoque les amitiés fortes que l’on peut connaître durant cette période-là ; c’est pour cela qu’il y a beaucoup d’arpèges qui se croisent pour illustrer ces vies en résonance.
Comment as-tu voulu ce disque au niveau de ses sonorités et de ses textures ?
Electronique mais aussi avec du piano ; c’était une façon d’être lyrique ; et cet instrument n’est jamais présent de la même manière.
Comment qualifierais-tu l'univers développé sur ce disque ?
Je souhaitais un album plutôt positif et solaire ; ça a été un challenge ; lyrique et lumineux même s’il y a des moments de tempête. « Alone » ; qui est une petite pièce de piano ; est un peu mélancolique par rapport au reste de l’album.
« The Lyrical Age » serait-il ton projet le plus intime à ce jour ?
Oui, ce disque est ce que j’ai fait de plus intime à ce jour car auparavant, j’ai surtout travaillé des sons.
Duquel des morceaux présents sur cet opus te sentirais-tu le plus connecté et pourquoi celui-là ?
J’aurais tendance à dire « Body Vibes » qui est un peu plus tortueux que le reste de ce disque même si je suis assez content des dix morceaux car je me suis arrangé pour qu’ils soient à la fois proches et différents. Pour « Body Vibes » ; qui est plus dans le style des morceaux que j’ai fait auparavant ; je me suis plutôt inspiré de l’album « ISAM » d’Amon Tobin. « Body Vibes » est plus dans l’esprit de la matière.
La période que tu retraces sur « The Lyrical Age » correspond-elle à celle où tu as compris que ton avenir serait lié à la musique ?
Je n’avais pas fait le rapport avec ma propre adolescence en composant ce disque dont le point de départ était vraiment le titre « The Lyrical Age » et l’histoire avec Kundera. A vrai dire, je n’ai pas l’impression d’avoir choisi la musique, elle est dans ma vie, c’est une nécessité.
Si tu avais la possibilité de retourner dans le passé, qu’aimerais-tu dire au toi adolescent ?
Je lui dirais d’écouter plus sa voix intérieure et de se faire confiance.
Comment représenterais-tu visuellement ce disque ?
Je suis un peu artéfacté par le design de l’album. Pour cela, j’ai travaillé avec un graphiste et quand je lui ai parlé de mon projet, ça lui a tout de suite fait penser à des fleurs qui s’épanouissent. Ayant fait auparavant des projets avec des végétaux, ça m’a bien plu et j’ai senti que c’était lié. Maintenant, j’associe vraiment mon album à ce travail graphique et j’aurai du mal à imaginer autre chose car c’est ce qui me vient en tête immédiatement.
Quels sont tes prochains projets ?
J’ai commencé à lancer des pistes pour le live ; l’idée serait de travailler avec quelqu’un pour effectuer un travail visuel sur scène. Ce n’est pas impossible qu’il y ait des remixes ; j’y ai pensé. J’ai commencé à composer un autre album qui n’a rien à voir avec « The Lyrical Age » et je me demande même si je ne vais pas utiliser un alias…Idéalement, ce projet sortirait d’ici fin 2026.
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