Retrouvailles avec Fanny Krief au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de son second titre en solo !
Que s'est-il passé musicalement pour toi depuis la parution du dernier disque de Dusk Totem ?
Après la parution de ce disque, nous avons fait des concerts mais nous avons touché un plafond de verre et nous avons décidé d’arrêter le projet juste au moment du COVID. Il s’en est suivi une pause musicale mais nous en avions besoin car même si on n’en parle pas beaucoup, il y a souvent beaucoup de précarité chez les artistes même quand ils sont accompagnés et au-delà de nos orientations qui commençaient à diverger, nous étions fatigués. Julien est parti à La Réunion et pour ma part, j’ai déménagé dans le Sud. Ces dernières années, j’ai toujours continué à écrire et à composer car ça fait partie de moi. Alors qu’il n’y a pas eu de pause en tant qu’accompagnatrice, l’artiste en moi a été mise en sommeil durant quelque temps jusqu’à ce que je ressente le besoin de la faire sortir du placard il y a environ deux ans et demi.
Quelles casquettes as-tu actuellement dans l'artistique ?
Je suis autrice, compositrice et interprète. Aujourd'hui, je produis et j'arrange moi-même mes titres ; c'est quelque chose de très nouveau pour moi. Je joue surtout de la guitare mais aussi du piano et je touche également à la MAO ; j’ai tout fait sur Ableton en enregistrant de vrais instruments et en utilisant également des instruments virtuels. En tant qu’artiste indépendante, je gère également ma communication et tout ce qui a trait au visuel. A côté de mon projet musical, je suis professeure de technique vocale pour la voix parlée et la voix chantée ; j’ai une approche très physiologique, très douce et bienveillante ; et aussi coach scénique ; j’accompagne les musiciens et chanteurs sur les quatre piliers de la scène à savoir la setlist, l’interprétation, le plateau et les interactions avec le public.
Quel a été le déclic pour revenir en solo ?
Si mon artiste solo a toujours été là, il y a eu effectivement un réel déclic pour avoir envie de sortir de la musique toute seule. Je suivais une formation sur le corps en Auvergne et j'ai écouté un album d’Alice Boman qui est une artiste fantastique et sa musique m’a donné envie de me mettre à la production et à l’arrangement. Avec moi, j’avais mon ordinateur et un petit clavier et durant les pauses que nous avions durant cette formation, je me suis mis sur la production dans ma chambre. Dans l’album d’Alice Boman, il y avait des textures cocooning et enveloppantes et j’ai eu à cœur de m’approcher de cela dans ma propre musique même si au final, c’est assez différent.
« Éternel » a-t-il été un morceau évident pour te (re)présenter au public ?
Même si j’ai composé « Éternel » durant cette formation, ça n’a pas été une évidence de dévoiler ce morceau en premier, je me suis posé la question et mon cœur balançait entre ce titre et « Des Rivières En Fleurs » qui est devenu mon second single. D'un point de vue du son, je trouvais qu’ « Éternel » était un peu une carte d'identité de mon projet car on y retrouve un côté Folk avec beaucoup de guitare et quelque chose de sonique à l'intérieur ; il y a même des personnes qui m'ont dit que ça faisait un peu Electro alors que moi, je ne l'entends pas comme ça. Il s’est avéré qu’« Éternel » était un bon concentré de mon projet et si j’ai été convaincue par le sonique, le texte était parlant aussi puisque j’aborde la peur du jugement dans ce morceau. Sortir ce titre en premier faisait sens car je me réexpose, j’ai besoin d’être en lien avec l’autre et en même temps, j’ai peur de son jugement.
Peux-tu nous parler du masque qui semble avoir son importance sur la pochette d’« Éternel » et dans les images tournées pour ce titre ?
Nous avions pour projet de tourner pas mal de mini clips et au départ, ce masque n'était pas prévu. Nous avions repéré une friperie magnifique à Cordes-sur-Ciel qui se trouve à côté de chez moi, ce masque y était et ça a fait sens car ça illustre bien le fait d’enlever son masque ou d’en porter un en société car on n'est pas toujours pareil avec tout le monde. Par ailleurs, j’ai découvert mon hypersensibilité et le fait d’avoir parfois envie de mettre un masque de protection car le jugement de l’autre peut me faire peur alors que je suis obsédée par l’envie de l’enlever complètement ; c’est une quête de liberté absolue. Dans le mini clip tourné pour illustrer « Éternel », ce masque est mobile, je ne l’ai pas gardé tout le temps car il y a cette envie de l’enlever mais je trouve que c’est important de l’avoir toujours à portée de main afin de pouvoir se protéger aussi.
Comment décrirais-tu ton univers ?
Intime mais avec de vastes espaces, onirique, parfois nostalgique et parfois espiègle. Il y a une de la joie enfantine, une quête d’élan et l’envie de retrouver quelque chose d’un peu sauvage dans mon univers.
De quoi parles-tu dans ton nouveau single baptisé « Des Rivières En Fleurs » ?
Dans « Des Rivières En Fleurs », je parle d’un de ces matins gris où je n’ai pas eu envie de me lever et des questions que l’on peut se poser dans ces moments-là ; de quoi on a envie, qu’est-ce qui nous fait vibrer ; j’aborde le fait d’aller dans l’inconfort pour trouver du réconfort et de s’autoriser à changer quelque chose pour trouver sa lumière.
Comment as-tu « apprivoisé » le français dans l'écriture de tes nouveaux morceaux ?
Dans l’écriture, mon envie première était de ne pas me censurer. Je n’étais pas dans un moment où je devais sortir quelque chose, je n’avais aucune pression, j’ai écrit exactement sur ce dont j’avais envie de parler et ensuite, j’ai fait du tri. J’ai été inspirée par l’écriture de Chaton car il est sans retenue dans ses textes dans lesquels il aborde des choses intimes voire un peu honteuses parfois ; je n’ai pas envie d’écrire comme lui mais j’ai trouvé sa liberté inspirante.
Quelles seraient tes références pour ton projet solo ?
En français, j’ai beaucoup écouté Michel Berger et Francis Cabrel ; ce sont deux références pour moi ; mais j’ai surtout une prédilection pour la musique anglosaxonne et c’est pour cela que j’ai envie de garder ses sonorités-là dans mon projet dans la prod et dans la matière de chanter. Parmi les artistes que j’affectionne, il y a principalement Alice Boman, Chris Staples et Nick Drake ; c’est pour ainsi dire un membre de la famille pour moi, c’est l’artiste que j’emmènerais sur une île déserte. Plus jeune, j’ai été beaucoup inspirée dans la musique et dans le visuel par les années 70 et notamment par Jim Morrison, Led Zeppelin, Neil Young et Crosby, Stills & Nash. Dans l’écriture, j’ai toujours été inspirée par Ani DiFranco, Fiona Apple, Tori Amos et Regina Spektor ; j’aime leur écriture intime mais ancrée quand même dans le réel malgré quelques métaphores.
Comment dirais-tu que ton travail autour du chant et du mouvement rejaillit sur ton propre projet ?
Ce n’est vraiment pas une pédagogie verticale et en tant que coach scénique ; encore plus que dans le chant ; l’idée est vraiment de faire en sorte que les gens accouchent d’eux-mêmes ; qu’ils s’autorisent ; et comme ma quête en est une de liberté et d’autorisation pour moi-même, c’est un miroir que je leur offre et qu’ils me renvoient. Quant au mouvement ; cette réappropriation du corps ; c’est un travail que je fais depuis une dizaine d’années environ et cela me permet d’être mieux dans ma peau ; c’est également une quête de liberté. Comme mon écriture est hyper sensorielle, on y retrouve ce mouvement, ça traverse mes compositions. En ce qui concerne l’étude la voix et le fait d’accompagner les chanteurs dans son appropriation, c’est aussi une quête qui permet à mieux se connaître afin d’être plus libre. Dans mon accompagnement et dans ma musique, c’est complètement imbriqué. Voir le courage de celles et ceux qui osent se faire coacher m’en donne à moi aussi ; c’est inspirant.
Quels sont tes prochains projets ?
Je prévois une version épurée de « Des Rivières En Fleurs » téléchargeable uniquement sur les réseaux sociaux dans les semaines à venir. Un troisième single paraîtra d’ici la fin de l’année. Je travaille actuellement sur un album qui sortirait idéalement au printemps 2027 avec un quatrième extrait en amont et un focus track au moment de la sortie du disque. Il se pourrait qu’il y ait des live sessions. Comme je vais être accompagnée par La Forge à Sons à Torcy, je vais commencer à travailler le live en formule solo. Je vais lancer la recherche de dates avant la parution de l’album dès début 2027 et j’espère que cela s’intensifiera au moment de la sortie.
Des Rivières en Fleurs par Fanny Krief | Dibsteur SmartLink
Ecoutez ce titre sur toutes les plateformes.
/image%2F1610444%2F20261018%2Fob_4d1a49_506350791-122093961230919383-644897274.jpg)
/image%2F1610444%2F20261018%2Fob_cb31fb_1900x1900-000000-80-0-0.jpg)
/image%2F1610444%2F20261018%2Fob_390643_783028286-122195977592919383-565062381.jpg)
/image%2F1610444%2F20261018%2Fob_f6b09e_sans-titre.jpg)
/image%2F1610444%2F20261018%2Fob_01ec54_studio-logo.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FWaaC0-MCM14%2Fhqdefault.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FQCXr3Wy366Q%2Fhqdefault.jpg)
/image%2F1610444%2F20150525%2Fob_9f7060_la-parisienne-life-jpg2.jpg)