Retrouvailles avec Tom Poisson au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur « Garçon (s) » !
A quel(s) garçon(s) renvoie le titre de ton nouvel album ?
À tous les garçons ! Quand j'étais gamin, il y avait un questionnement d'ordre intime que je ne verbalisais pas mais que je me posais par rapport à toutes les injonctions et aux représentations masculines car je trouvais ça un peu bourrin et binaire alors que je me disais qu’il y avait de la finesse et de la nuance à apporter à tout cela. Un peu plus tard, je me suis retrouvé en classe de sport études football ; je suis un chanteur en développement mais aussi un footballeur raté ; et j’y ai rencontré quelques beaux spécimens et cela a conforté l’idée que je me faisais du côté binaire des choses.
D’où est venue l’idée première pour ce disque ?
Bien des années après, je trouvais ça intéressant de remuer un peu tout cela au moment où il y avait un retour des valeurs virilistes et masculines. Il y a plusieurs façons d’être un garçon et on le sait tous. L’idée première pour ce disque est venue tout simplement de l'envie de d'écrire. J'écris des chansons et quand j’en ai suffisamment je fais un album, la thématique se dessine au fil de l'écriture et quand le titre « Garçon » est arrivé, je me suis dit que c’était un bel axe pour orienter ce disque.
Peux-tu nous en dire plus sur la photo qui illustre la pochette de « Garçon(s) » ?
1977, plage de Trenez dans le Finistère Sud, à marée basse, mon grand frère et moi photographiés vraisemblablement par notre papa avec un vieux polaroïd. Il se trouve que je suis retombé sur des polaroïds de relativement petite taille, ils sont un peu patinés, un peu passés, ils sont loin d’être flamboyants, je passais devant de temps en temps et je ne me rendais pas compte de la magie de certaines photos. Il a fallu que je zoome dedans et que je la numérise pour prendre conscience de la lumière qu'il y avait et de l'étrangeté aussi de cette photo où l'on voit ces deux petits gars qui regardent quelque chose, je trouve que cette photo est questionnante et qu’elle va très bien avec le titre de cet album.
Pourquoi as-tu fait le choix d'œuvrer avec plusieurs collaborateurs sur ce disque ? Est-ce parce que tu souhaitais plusieurs visions différentes de garçons ?
Cela vient de l’envier de bosser avec des gens talentueux et que j'aime. En l'occurrence, Paul Roman qui a fait une tournée avec moi il y a quelques années et j’ai pu me rendre compte de la puissance de feu du garçon. Paul est devenu un fin réalisateur, je lui ai un peu donné la primeur, je lui ai confié une dizaine de chansons en lui demandant de choisir celles qu’il préférait sans pour autant lui demander de réaliser tout l’album car je sais que nous avons tous 1000 choses à faire. En fonction des titres, j'avais envie de solliciter des gens différents et ça s’est dessiné ainsi. Paul a pris cinq morceaux, Denis Piednoir ; mon acolyte sur « Jean-Michel » qui avait réalisé tout l'album précédent ; en a pris un, Alexandre Leauthaud ; mon acolyte au sein des Fouteurs de Joie qui est un musicien hors pair ; a pris trois titres et j'ai demandé à Ludovic Bruni de faire un pedal steele guitare sur un titre qui existait déjà mais dont la première version ne me satisfaisait pas assez et j’ai aussi réalisé moi-même ; ça a été une nouveauté et ça m’a désinhibé de quelque chose.
Comment as-tu souhaité que tes nouvelles chansons soient habillées ? Avais Tu des idées bien précises où as-tu laissé carte blanche ?
J’ai laissé carte blanche mais la direction implicite des chansons nécessitait de mélanger quand même des instruments acoustiques à des sons de synthé un petit peu plus organiques. Je ne voulais surtout pas brider mes réalisateurs car ils ont tous du talent.
Était-ce important ; à tes yeux ; d'inviter deux artistes féminines sur cet album ?
Oui et ce sont deux personnes que j'aime beaucoup. Zoé Colotis ; qui fait partie de Caravan Palace ; et Alice Chiaverini alias Malice ; qui a fait la tournée précédente à mes côtés et qui est une musicienne hors-pair, c'est une pianiste, chanteuse et personne incroyable. La jolie conscience de l’autre est certainement la chose qui réunit tous les personnes avec qui j’ai travaillé. Aujourd’hui, je ne pourrais plus œuvrer avec des gens avec qui humainement ça ne matche pas pleinement. Sur « Garçon(s) », j’ai vraiment travaillé qu’avec des personnes que j’aime.
Quels thèmes abordes-tu sur ce disque ?
Sur ce disque, je parle notamment de la joie et de la façon que l’on peut avoir de passer à côté, du temps qui passe, de la masculinité, du 47ème président des Etats-Unis, de la préciosité de la vie, de la maladie d’Alzheimer, de l’incompréhension dans le couple...
Peux-tu nous parler de la mise en image de « N'Importe Quoi » ?
Je ne voulais pas coller trop au texte afin que ce ne soit pas redonnant par rapport aux paroles. Je souhaitais raconter l’histoire de quelqu’un qui a besoin de se reconnecter à lui-même et à la nature. Cette personne est au bout de quelque chose et elle doit se réinventer car elle est en crise. Je me suis isolé dans une forêt durant 24h, je me suis roulé dans les feuilles, j’ai marché dans les flaques, je me suis maquillé avec de la boue, j’ai dansé tout nu dans les fougères...et après, j’ai repris ma petite berline et je suis rentré chez moi.
Peux-tu partager avec nous ta propre vision de la masculinité ; de ce qu'est un garçon ?
Sa complexité est ce qui pourrait définir un garçon. Personnellement, je souffre cruellement du côté binaire du débat ambiant, il faut vite se faire une idée, vite choisir un camp avant même de savoir pleinement de quoi il retourne. Pour ma part, je n’arrive pas à être comme cela car je suis en doute permanent. Tout le monde s’improvise spécialiste dans n’importe quel domaine, tout le monde donne son avis sur tout et rien de manière agressive et surtout montre du doigt le camp inverse ; eux et nous, c’est la base de la sociologie ; et je trouve cela dramatique car les sujets sont complexes tout comme la masculinité. Je ne prétends pas avoir de réponse, je pose juste la question en espérant faire réfléchir autour de cela.
Pourrais-tu donner une suite féminine à « Garçon(s) » ou penses-tu que tu ne serais pas « légitime » ?
Tu me donnes des idées ! Il y aurait matière à écrire notamment sur ma mère, sur les mères, sur les femmes de génie qui ont été effacées de l’histoire, sur les femmes fortes qui arrivent à s’imposer dans des milieux d’hommes, sur les familles monoparentales...il y aurait de quoi faire un bel album mais est-ce que je le ferais...
Quels sont tes prochains projets ?
Une mise en images animée est prévue sur le morceau en duo avec Zoé Colotis, il y aura des concerts notamment le 16 décembre à La Manufacture Chanson à Paris et je me régale à défendre ce nouvel album en solo en semi-acoustique avec beaucoup d’instruments. Je suis aussi en pleine création d’un nouveau spectacle baptisé « Lumière ! » avec mes acolytes des Fouteurs de Joie, il sera joué à partir de janvier 2027 avec en ligne de mire Avignon.
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Tom Poisson - N'IMPORTE QUOI (clip officiel)
" Ton papa sait de moins en moins qu'il oublie ... ". Je suis parti d'une phrase de mon père pour écrire cette chanson. Il l'a glissé au coeur d'un poème qu'il m'a remis au soir de mes vingt an...
Garçon(s) par Tom Poisson sur Apple Music
Écoutez l'album Garçon(s) par Tom Poisson sur Apple Music. 2026. 12 morceaux. Durée : 35 minutes.
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