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Retrouvailles avec Elan au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur son second EP !

Publié le par Steph Musicnation

© Grégoire Barau

© Grégoire Barau

Tu as publié un premier EP éponyme en novembre 2024, qu'est-ce qui était le plus souvent revenu concernant ce disque ?

On m’a souvent parlé du côté cinématographique de mon univers et du fait que ce soit très symphonique et très fourni au niveau des arrangements et de la composition. Par ailleurs, on m’a fait aussi beaucoup de retours sur les textes de cet EP qui étaient reliés à des émotions et à des situations. Les textes de mon précédent disque étaient le fruit d’une écriture automatique, des images me venaient en tête et cela donnait lieu à des textes qui n’étaient pas forcément reliés à une histoire précise que je tentais de mettre par écrit alors que ceux de mon second EP sont beaucoup plus ancrés sur des choses réelles et plus compréhensibles.

Quels enseignements as-tu retenu après la parution de cet EP ?

J'ai tenté d'apprendre à lâcher prise. Sortir publiquement un premier EP, c’est magique mais c'est il y a aussi toute une part d'ombre qui est très lourde à porter surtout dans un projet solo dans lequel on est auteure, compositrice et interprète. Quand on publie un projet aussi personnel, on est en proie à la peur des retours, on se demande quel va être l’accueil du public, on se remet perpétuellement en question et pour ce second EP, j’ai tenté de lâcher prise sur tout cela et aussi en ce qui concerne les réseaux sociaux, les chiffres, l’argent qu’il faut investir pour faire de la promotion...Je ne dis pas que je suis complètement chill sur le sujet mais j’ai essayé en tout cas. Ca a pu être difficile par moments et je me suis dit que je ne voulais plus que ça se répète.

« Voix Lactée » s'inscrit-il dans la lignée musicale de ton premier EP ou as-tu eu d'autres envies ?

Il y a un peu des deux. C'est une continuité car il y a des choses qui se rapportent au premier EP, j’ai évolué moi-même mais je suis toujours Elan, le violoncelle est toujours très présent mais j’ai voulu aller chercher d’autres sonorités notamment au niveau de la voix. La passerelle avec mon premier EP se fait avec « Firmament » et « La Vie M’Echappe » car on y retrouve des sonorités lyriques dans les envolées vocales et un peu de symphonique dans les arrangements alors que j’ai vraiment essayé d’aller chercher autre chose au niveau vocal sur « Petite Nonne », « Tout Va Bien Je Vais Mal » et « Se Retrouver » qui est complètement parlé ; je ne rappe pas mais c’est slamé/parlé.

© Grégoire Barau

© Grégoire Barau

Peux-tu expliciter le titre de ton second EP ?

Bien évidemment, ce n’est pas une faute d’orthographe mais un jeu de mots sur la voix chantée, la voix parlée, sur le fait que je suis chanteuse et lactée, c’est en rapport à ma maternité car je suis devenue maman d’une petite fille l’année dernière ; j’ai vraiment porté la réalisation de cet EP durant ma grossesse. La date de sortie de mon second EP fait écho à la date d’anniversaire de ma fille qui vient de fêter ses 1 an. En dehors de cela, quand on entend ce titre d’EP en tant que tel, il y a un rapport aux astres et à la spiritualité qui sont deux choses qui m’inspirent beaucoup et qui me font relativiser ; pour lâcher prise, je pense que l’on a beaucoup besoin de relativiser et de se remettre à sa place de simple poussière sur Terre.

On te voit enceinte sur la pochette de « Voix Lactée », de quelle façon dirais-tu que ta grossesse a infusé dans tes nouveaux titres ?

Les prémices de la plupart des morceaux de cet EP existaient déjà avant ma grossesse mais comme cela prend tellement de temps parfois pour aboutir des titres, je les ai terminés alors que j’étais enceinte. La dernière prise de violoncelle a été faite chez moi trois semaines avant d’accoucher. Le mixage et le mastering ont été faits également juste avant que j’accouche. Les titres et leur composition existaient avant ma grossesse mais tout ce qui peut être théorique et technique est arrivé pendant. Ces étapes-là ont été empreintes de la sensibilité de savoir que je portais un être vivant en moi et qu’il m’entendait chanter et jouer du violoncelle d’autant plus que la caisse de résonnance était posé sur mon ventre. De manière plus technique, quand on enregistre des voix et que l’on a dépassé six mois de grossesse, le diaphragme n’est plus le même, la respiration et la voix changent, c’était quand même de sacrées galères d’être derrière un micro car il fallait que j’arrive à tenir ma respiration jusqu’au bout et c’était pareil pour enregistrer le violoncelle mais c’était drôle et très émouvant à la fois.

Comment est né ton duo avec Acquin ?

Acquin m’a contactée juste avant le confinement afin que je sois violoncelliste sur son album « C’Est Beau », nous avons bossé et joué ensemble durant un an à peu près et nous sommes restés très amis. Pour la release party de mon premier EP qui avait lieu au Cancan Pigalle, j’ai souhaité faire un live un peu différent, j’avais demandé à des artistes de venir faire des duos avec moi afin de revisiter mes morceaux, Acquin était venu chanter avec moi sur deux titres dont « Se Retrouver ». Cette toute nouvelle façon de voir la chanson m’avait beaucoup plu car à l’origine, j’étais la seule interprète et la seule narratrice et le fait de la chanter à deux apporté un second angle de vue. Ce titre était déjà en boîte mais j’ai demandé à Acquin s’il accepterait de le réenregistrer et nous avons refait les voix dans son studio.

© Grégoire Barau

© Grégoire Barau

Quels thèmes abordes-tu sur « Voix Lactée » ?

Les thèmes de cet EP sont tous plus ou moins reliés les uns aux autres. Plusieurs chansons font référence à des relations amoureuses, familiales et amicales que j’ai pu avoir ces dernières années. Je parle notamment de difficultés à s’exprimer dans une relation, à exprimer ce que l’on peut ressentir aux gens qui nous entourent, à demander de l’aide mais aussi de se retrouver enfermé dans des relations que l’on ne veut pas mais dont on n’arrive pas à se dépêtrer, du tumulte du monde... Les textes de ce second disque sont beaucoup plus clairs dans leur lecture mais chacun peut les adapter à différentes relations.

Peux-tu nous raconter l'histoire derrière « Petite Nonne » ? Est-ce du vécu ou du fictionnel ?

Pour l'instant, tout ce que j’écris vient de vécu et à vrai dire, je ne sais pas si j’écrirais un jour sur des histoires complètement fictionnelles. « Petite Nonne » parle de fratrie et de relations familiales. Dans cette chanson, je parle du fait de toujours envoyer des piques alors que dire simplement à la personne qu’on l’aime, ça marche aussi et ce n’est pas une preuve de faiblesse. Je ne pense pas que la personne en question ait compris que ce texte lui était adressé mais en tout cas, le dialogue est renoué. Nous n’en avons jamais parlé peut-être par pudeur...

Il y a toujours des feuilles d'or sur tes pochettes, peux-tu nous dire ce que cela symbolise pour toi ?

Les feuilles d'or sont apparues dès la première pochette du premier single. J'étais à la terrasse d’un café à côté de feu Le Studio des Variétés avec Ghislaine Lenoir qui est ma coach scénique et nous réfléchissions à comment transmettre les émotions du texte de ce premier titre en une image. Dans « Tu L’Attends », j’évoquais des larmes rouge sang, nous sommes restées focus là-dessus sans pour autant vouloir montrer cela à l’image afin de ne pas tomber dans le Pop symphonique Metal car ça aurait été bizarre. Nous avons réfléchi à la symbolique des couleurs et le doré est ressorti par rapport à ce qu’il peut représenter de précieux et d’intouchable. Sur les différentes pochettes qui ont illustré les morceaux de mon premier EP, les feuilles d’or grignotaient de plus en plus mon corps et comme aujourd’hui, la direction artistique est beaucoup plus dark et Rock dans ce que cela renvoie, j’ai voulu gardé le doré comme une ouverture de lumière dans ce monde un peu plus sombre.

© Grégoire Barau

© Grégoire Barau

Maintenant que tu es maman, qu'aimerais-tu transmettre à ton enfant d'un point de vue artistique ?

Ma fille aime déjà beaucoup la musique, je ne sais pas si elle en fera, c’est elle qui décidera. J’aimerais lui transmettre toute l’émotion que peut transmettre la musique à elle toute seule sans que l’on ne mette des mots dessus car c’est quelque chose que je trouve magique. Elle a plein de livres musicaux, elle choisit déjà ses musiques et en fonction, elle se met à dodeliner ses petites fesses en couches pour danser dessus et par exemple, si on met ensuite « La Lettre à Elise », elle se met à pleurer, elle ne réagit pas pareil en fonction des morceaux et c’est incroyable. A l’âge de 3 mois, elle s’est mise à pleurer pendant que je travaillais une musique triste et cela s’est reproduit à chaque fois alors que quand on met des musiques Brésiliennes, du Hip Hop ou du Daft Punk pour tester, elle a la main en l’air et elle danse comme si elle était en festival.

Comment as-tu prévu de défendre ce nouvel EP sur scène ?

Alors que j’ai tourné seule sur scène durant deux ans après la parution de mon premier EP, j’ai joué avec un batteur et un quatuor à cordes pour la release party de mon second disque. En principe, en tournée, je ne pourrai pas emmener le quatuor à cordes avec moi, ce ne serait pas gérable sauf si le show est acheté et dans ce cas, ça serait génial. En revanche, je vais évoluer sur scène en duo avec le batteur sur toutes les prochaines dates, ce qui va changer des choses. Nous avons revu tous les titres de manière beaucoup plus acoustique, nous enlevons beaucoup de choses qu’il y a dans les bandes-son car le but est de ramener quelque chose de beaucoup plus organique sur scène.

Retrouvailles avec Elan au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur son second EP !
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