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Rencontre avec Lizzie au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus son nouvel album intitulé « Désert » !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Lucas Trochet

(c) Lucas Trochet

Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?

Je suis autrice, compositrice et interprète. Je joue du piano ; ça a été mon premier instrument ; et je me suis mise à la guitare pour la Folk. A côté de mon projet musical dans lequel je chante mes propres chansons, je suis aussi fadiste.

Pourquoi as-tu attendu onze ans avant de dévoiler un second album ?

C’est vrai que cela fait onze ans déjà ! Ce n’est pas tellement que j'ai attendu car j’avais pour idée de faire un second album trois ans après le premier mais je me suis rendu compte que je n’avais pas de nouvelle œuvre à offrir à ce moment-là, il m’a fallu plus de temps pour composer et finalement pour vivre et évoluer moi-même. Il y a une dizaine d’années, il y a eu un grand changement dans ma vie et cela a correspondu avec mon arrivée à Paris, cela m’a permis de m’atteler vraiment à la musique et à aller chercher le public beaucoup plus qu’auparavant. Je me suis plongée dans ce que j’avais déjà en main au moment du COVID car c’était le meilleur moment, j’ai rassemblé quelques chansons et ensuite, je me suis mise à la recherche de la personne qui pourrait faire des arrangements et réaliser l’album et cela m’a pris trois ans. Une fois que j’ai trouvé la personne avec qui il y a eu un déclic absolu, il a fallu du temps pour produire et sortir cet album dans les meilleures conditions.

« Désert » s'inscrit-il dans la lignée de « Navigante » ou as-tu suivi d'autres directions musicales ?

Je dirais que « Désert » est beaucoup plus affirmé que « Navigante » même s’il y a une identité commune dans l’écriture et dans la composition. Je fais de la chanson saudade, ce n’est pas du fado à proprement parler mais c’est complètement empreint de saudade du début jusqu’à la fin dans ma façon de chanter, d’écrire et surtout de composer. En revanche, ce nouvel album est très différent de son prédécesseur car il a été arrangé par Bastien Lucas qui est vraiment un musicien merveilleux, je lui ai demandé des instruments à vent notamment du cor car c’est mon instrument préféré et du piano alors que mon premier disque était très Folk et axé sur la guitare. Personnellement, je trouve que les arrangements de ce disque le font s’envoler un peu plus haut.

(c) Lucas Trochet

(c) Lucas Trochet

Quelle a été ta porte d'entrée dans l'univers du fado ?

J'ai découvert le fado quand j'avais 17 ans, je suis tombée folle amoureuse de cette musique et cela m’a donné envie d’apprendre le portugais. Un jour en rentrant du lycée, en allumant la télé pour regarder la série « Hartley, Cœurs à Vif », je suis tombée sur un documentaire sur Lisbonne, la grande fadiste Mariza a chanté juste quelques seconde et j’ai été hypnotisée. J’avais cherché ma musique idéale auprès de Barbara et de Joan Baez mais je sentais qu’il manquait une pièce au puzzle et en voyant Mariza, ça m’a complètement bouleversée, j’ai éteint la télé et je suis restée muette pendant deux heures parce que je voulais comprendre ce qui venait de se passer dans ma vie. A ce moment-là, j’ai compris que cette musique me parlait ; que mon âme la comprenait ; et que cette langue était liée à cette musique et qu’il fallait que je l’apprenne ; car mon cerveau ne la comprenait pas. Ensuite, j’ai beaucoup cheminé car c’est une musique traditionnelle qui n’est pas si facile d’accès quand on n’a pas de Portugais autour de soi. Entre le fait d’apprendre cette langue et celui de comprendre comment fonctionnait cette musique et les secrets qu’elle recelait, ça a été également un voyage de dix ans.

Tu as mis en musique deux poèmes de poètes portugais sur « Désert », comment s'est fait le travail musical pour ces morceaux ?

C'est parti d’une sensation de nécessité absolue de transmettre ces poèmes à ceux qui ne les connaissaient pas car ils m'avaient vraiment touchée au plus profond de moi-même et j'avais absolument besoin de les dire. Pour moi, la meilleure façon de les transmettre était de les chanter et je n’avais pas envie de les traduire car même si on ne comprend pas les mots ; ce qui m’est arrivé avec le fado au début ; on capte quand même quelque chose d’essentiel dans l’émotion. Quand j’ai fait « Quase », je voulais qu’il ait à la fois quelque chose de la chanson et du fado, c’est pourquoi il a une robe harmonique liée à la guitare Portugaise ; qui est la base de l’accompagnement du fado ; et un côté ritournelle. Dans ce poème, j’ai pris une strophe que j’ai transformée en refrain et cela fait sens selon moi. Et en ce qui concerne, « O Nosso Mundo é Este » ; qui est un poème antifasciste absolument percutant ; j’ai eu à cœur de sortir un peu de mes rythmiques habituelles et de le faire dans le fado. Il y a une sorte de cavalcade dans ce morceau qui emporte. Je me suis mise au piano avec cette rythmique qui traduisait déjà beaucoup de ma sensation par rapport à ce texte et ensuite, grâce aux instruments à vent, Bastien Lucas a construit tout un discours, il a fait un crescendo encore plus fort.

Quel est ton lien avec le Portugal ?

Dans mon identité personnelle, je n'ai aucun lien avec le Portugal mais grâce au destin ce pays fait partie de ma vie aujourd’hui. J’ai fait des études de portugais jusqu’au Master, je suis allée à Lisbonne avec le programme Erasmus et ça a complètement changé ma vie car j’y ai rencontré énormément d’amis qui sont comme une famille pour moi là-bas et de musiciens et de musiciennes qui ont changé ma culture musicale et même ma façon de me relationner au monde. Je ne connais pas encore tous les recoins du Portugal mais Lisbonne est en moi, cette ville fait partie de mon d’identité d’aujourd’hui.

(c) Lucas Trochet

(c) Lucas Trochet

Quelles thématiques abordes-tu sur ton nouveau disque ?

Sur ce disque, on retrouve le thème de la fadiste et je parle également de peur, de désert, de souffle de vie et de ville ; notamment de Paris.

Que retrouve-t-on dans ton écriture ? Tes textes sont-ils plutôt imagés ou plutôt concrets ?

Mes textes sont plutôt imagés et je suis assez convaincue que ce n’est pas complètement un choix. J’adore les chansons et les auteurs réalistes mais quand j’écris, je le fais plutôt comme si je peignais un tableau de mon état d’âme.

Comment décrirais-tu ton univers ?

Aérien tout en étant très ancré dans la terre, très imagé, un peu poétique, chaleureux, intimiste et je dirais qu’il cherche une sorte de vérité personnelle.

(c) Anne-Laure Etienne

(c) Anne-Laure Etienne

Quelle couleur donnerais-tu à ton second album ? Serait-ce l’orange qui est présent sur la pochette ?

Oui, l’orange est la couleur la plus typique de cet album ; l’orange de l’énergie qui fait un bien fou ; ainsi que le bleu qui renvoie à celui du ciel. Par ailleurs, j’adore le doré qui fait penser au soleil, à la lumière, au sable du désert, c’est aussi ce que je vois dans cet album.

Quels sont tes prochains projets ?

L’album sortira le 30 octobre. La release party se fera le 19 novembre au Triton. Le clip de « Déboussolée » paraîtra en décembre. Il devrait y avoir au moins une live session en début d’année. Un autre clip devrait voir le jour courant 2027. J’aimerais présenter « Désert » sur scène dans les mois à venir, je suis actuellement en recherche de dates à Paris, en province et peut-être au Portugal...

Rencontre avec Lizzie au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus son nouvel album intitulé « Désert » !
https://www.facebook.com/LizzieOfficiel
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