Retrouvailles avec Bintily au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de « Nouveau Départ » !
Ton nouveau disque s'intitule « Nouveau Départ », en a-t-il été réellement un pour toi à différents niveaux ?
Oui, j’ai écrit la chanson qui donne son nom à ce disque après un COVID difficile, donc à l’époque, effectivement, c’était un nouveau départ car j’étais vraiment à plat et il a fallu que je me relève et il y en a eu plein d’autres depuis. J’ai sorti cette chanson quatre ans après l’avoir écrite et entre temps, il s’est passé mille nouveaux départs notamment celui de reprendre le journalisme dans l’émission Télématin et celui d’enfin maquetter et sortir cet album que j’avais dans les tripes.
As-tu cherché à te « réinventer » sur cet album ?
Auparavant, j’avais fait des EP beaucoup plus orientés Pop Urbaine mais cet album peut être perçu comme un nouveau départ aussi musicalement parlant car j’ai eu à cœur d’opérer un retour à la chanson française et à la variété, ce disque est plus orchestré ; il y a notamment un quatuor à cordes ; et il y a de l’anglais ; chose que j’ai toujours voulu faire mais que je n’osais pas. Je me suis autorisée plus de choses sur cet album. Je suis allée voir Arnaud Gravet ; qui était mon prof de piano quand j’avais 15-20 ans ; et il a posé des arrangements sur mes guitares-voix. J’avais envie qu’il y ait moins d’Auto-Tune, que ce disque soit plus majestueux. Il ressemble plus à ce que j'écoutais quand j’étais enfant à savoir Michel Berger, Véronique Sanson et France Gall.
J'ai eu la sensation en l'écoutant que tu te libérais de pas mal de choses dans cet album…Vois-tu un peu ce disque comme une self thérapie ?
Tout à fait mais à vrai dire, c’est ainsi que je vois tous mes disques. Chaque chanson explore une émotion, une colère, une histoire ; ça part toujours d'une histoire que j'ai vécue ou que quelqu'un m'a racontée mais c'est très souvent des histoires qui me concernent. Donc oui, c'est hyper libérateur.
Quelles thématiques abordes-tu sur « Nouveau Départ » ?
Sur cet album, je parle notamment de rupture amicale, de la fin d’une histoire d’amour, du harcèlement de rue que l’on subit quand on est une femme et de celui que l’on peut subir sur les réseaux sociaux en tant que « personne publique », du cancer du sein de ma mère, d’une relation avec un pervers narcissique...Sur ce disque, je règle mes comptes avec le rappeur avec qui j’avais entrepris de faire mon troisième EP, je le fais également avec la société qui pointe du doigt une femme qui part seule en vacances, car elle dérange le barman, le plagiste, le restaurateur en occupant seule une place pour deux…
Ton dernier projet avant celui-ci remontait à 2022, qu’as-tu affiné ; selon toi ; ces dernières années ?
Dans l'écriture, même si je disais déjà beaucoup de choses à l'époque, je pense que je suis encore plus cash et encore plus nue. Après avoir discuté avec la chanteuse Clou, j’ai mis en pratique ce qu’elle m’avait conseillé et j’ai écrit les chansons de cet album comme si elles n’allaient pas sortir. Pour ne citer qu’un exemple, les gens prennent hyper violemment le fait que je dise que « je me déteste » dans une chanson car c’est rare de dire cela en musique.
« J’Vous Dérange » a-t-été un premier extrait évident ?
Pour moi, c’est le meilleur morceau de l’album et même si parfois, je me dis que je n’aurais peut-être pas dû le sortir en premier, ça a été une évidence. A la base, ce morceau était un guitare-voix assez triste, je ne savais pas trop comment l’arranger mais une fois qu’il a été paré de claviers, d’arrangements assez années 80 à la The Weeknd ou Justin Bieber, il a pris une autre forme. Alors que le texte est dark, les arrangements ont donné un côté un peu tube à ce titre. Je me suis dit que « J’Vous Dérange » présentait une nouvelle Bintily, c’est la chanson qui me représente le mieux dans l’album et j’ai bien fait de la sortir en premier car j’ai eu des retours très positifs de personnes ; des collègues, des attachés de presse ; qui ne savaient pas que je faisais vraiment de la musique, qui pensaient que je faisais juste mumuse dans mon garage. Finalement, je n’ai pas regretté mon choix !
As-tu envoyé certaines de tes chansons aux personnes qui te les ont inspirées ?
Je n’ai pas envoyé « Mentor Menteur » au rappeur des années 90 avec qui j'ai eu un différent, j’y pense de plus en plus, je me dis que de l'eau a coulé sous les ponts et peut-être que cette chanson le ferait rire finalement. En revanche, j'avais envoyé « Denfert l'Enfer » à l’ami qui n'en est plus un car nous nous étions recroisés mais il ne m’a pas répondu. Je pense que ça a dû être trop pour lui d’autant que c'est quelqu'un qui est très déconnecté de ses sentiments et qui largue ses amis et ses amours du jour au lendemain. J’ai envoyé « Elle a » à l’homme qui a fait son enfant avec une autre femme que moi, il ne l’a pas trop mal pris au début mais par la suite, quand je lui ai renvoyé la version orchestrée, il m’a dit que cette chanson n’était vraiment pas flatteuse pour lui. Bien sûr, ma mère a écouté la chanson « Like A Ghost ». Par contre, je n’ai pas envoyé « Tous Tes Visages » à l’homme qui m’a mis la misère durant quatre ans mais je sais qu’il me stalke sur les réseaux, il trouvera la chanson comme un grand sur Deezer et je pense qu’il se reconnaîtra (rires).
Comment résumerais-tu nouveau départ en 5 mots forts ?
Féminisme, vérité, vulnérabilité, sincérité et puissance.
En référence au titre de l'un de tes nouveaux morceaux, qui ne calcules-tu pas en général ?
Auparavant, je me forçais à répondre à tous les gens qui me contactaient pour le boulot, pour des stages...je détestais ne pas calculer les gens car je déteste quand on ne me calcule pas mais depuis quelques mois, j’ai commencé à arrêter de répondre systématiquement à toutes les sollicitations car je suis noyée et je n’y arrive plus. Quand j’étais étudiante, je m’étais promis d’aider les étudiants en journalisme, je l’ai fait durant douze ans mais je n’y arrive plus et ce n’est vraiment pas parce que j’ai pris le melon. Maintenant, je me permets de ne plus répondre à ceux qui s’intéressent à moi seulement par intérêt car je travaille à la télé.
Commences-tu à œuvrer pour d'autres artistes dans différents domaines ?
Je n’écris pas et je ne compose pas encore pour d’autres mais c’est quelque chose que j’aimerais bien faire/développer à l’avenir. En revanche, il m’arrive de donner des coups de mains par-ci par-là en partageant quelques noms d’attachés de presse ou de tourneurs, je pense notamment à mon ami Yaya Minté car je crois beaucoup en son talent ; on se renvoie la balle car il a fait des chœurs sur mon album et il m’a dirigé vocalement en studio.
Quels sont tes prochains projets ?
Je chanterai le 08 juillet au We Are à Lille. J’ai des idées pour clipper plusieurs titres de l’album notamment « Like A Ghost » et « Tous Tes Visages ». Deux clips existent déjà et j’aimerais mettre toutes les chansons en images. Je pense déjà à la suite, cinq nouvelles chansons ont été écrites...J’ai une vision assez claire de mon prochain projet ! Je suis beaucoup inspirée par Kemmler actuellement.
/image%2F1610444%2F20260522%2Fob_894e14_photo-2.jpg)
/image%2F1610444%2F20260522%2Fob_96a2cd_photo-1.jpg)
/image%2F1610444%2F20260522%2Fob_1d77dc_photo-3.jpg)
/image%2F1610444%2F20260522%2Fob_971910_pochette-album-re-seaux-nabilamahdjo.jpg)
/image%2F1610444%2F20260511%2Fob_b0c8eb_studio-logo.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FBrPsi9SxAks%2Fhqdefault.jpg)
/https%3A%2F%2Fcdn-images.dzcdn.net%2Fimages%2Fcover%2Ff28290ab924932b973a049e9931449cd%2F500x500.jpg)
/image%2F1610444%2F20150525%2Fob_9f7060_la-parisienne-life-jpg2.jpg)