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Retrouvailles avec Magali Michaut au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur son deuxième album !

Publié le par Steph Musicnation

©Thomas Guerigen

©Thomas Guerigen

Peux-tu expliciter le titre de ton second album ? Est-ce quelque chose que tu mets en pratique au quotidien ?

Prendre de la hauteur vient d’une envie ; d’un besoin ; de se poser, de souffler, de prendre un petit peu de recul et de distance avec le quotidien chargé ; un peu tourbillon ; et c'est quelque chose que j'ai du mal à faire. Cette idée m’est venue lors d’un voyage en avion car tout d’un coup, j’ai pris de la hauteur au sens propre du terme, j’ai eu l’impression d’observer ma vie qui était restée sur Terre, c’était comme si je voyais mon quotidien rapetisser. Lorsque l’on est dans les airs, c’est un peu comme si le monde s’arrêtait, cela nous permet de souffler et de penser à autre chose ou de réfléchir à où nous en sommes dans notre vie. Au fur et à mesure que je construisais cet album, j’ai remarqué qu’il y avait un besoin de calme, de sérénité, de réflexion qui se dégageait de plusieurs chansons et j’ai trouvé que c'était pertinent de donner le titre de celle-ci à ce disque pour essayer d’apporter cet espace d’écoute aux gens et pour me rappeler à moi-même qu’il faut aussi que je le mette en pratique.

D’où viennent ces arrangements très Americana ; voire Country parfois ; sur tes nouvelles chansons ?

Pour cet album, j'ai eu envie d'aller un peu plus loin dans les arrangements et dans la production et c’est pourquoi, j’ai travaillé avec Kilian Arzel. Je suis arrivée avec mes chansons en guitare-voix et ensuite, nous avons discuté ensemble afin de voir comment nous allions les habiller. J’ai eu le souhait d’emmener certaines chansons vers quelque chose d’un peu Folk voire Country, cela est venu des thématiques ou de la dynamique de ces morceaux. Par ailleurs, cela fait quinze ans que je suis à l’étranger, j’ai eu la possibilité de faire des ateliers d’écriture ou de co-écriture dans différents pays avec beaucoup d’auteurs-compositeurs anglophones dans la veine Folk/Indie/Americana, je suis même allée jouer en Californie...cela explique peut-être aussi cette inspiration dans les arrangements.

As-tu articulé « Prendre de la Hauteur » afin qu’il raconte « une histoire » ?

Effectivement, je crois qu'il y a une histoire qui se dégage mais c'est un petit peu à chacun/chacune de s'approprier les chansons et l'histoire que ça peut raconter. « Matin Douceur » ; qui ouvre l’album ; est une manière de commencer la journée ; le voyage ; on sort des rêves que l’on fait la nuit, on descend des nuages et on arrive dans la vraie vie tout en essayant ; je l’espère ; de garder cette douceur qui vient des nuages. Ensuite, le chemin se déroule avec notamment « RER A » et « Cergy », il y a des souvenirs d’enfance, des réflexions sur les interactions avec les autres, des pensées, le quotidien...et on termine sur « Prendre de la Hauteur » qui est une invitation à retourner dans les rêves d’une certaine façon et à faire le bilan de sa journée en s’extrayant du bruit ambiant.

©Thomas Guerigen

©Thomas Guerigen

En amont de « Prendre de la Hauteur », il y a eu « La Bulle », comment avais-tu choisi les quatre chansons qui donnaient un avant-goût de ton album ?

Dès le début, j’avais pour idée de faire un album mais je savais que le chemin serait long. J’ai eu envie de sortir un EP en amont de ce disque afin de faire découvrir un peu de notre travail aux gens. Quant au choix des quatre chansons, il s’est porté sur des morceaux assez représentatifs de ce disque car « Reste Avec Moi » est dans la veine de ce que j’avais fait avec « Impressionniste », « Cergy » aborde l’enfance, l’adolescence, les souvenirs et le lien avec la famille, « Où Va-t-on ? » ouvre sur l’aspect scientifique et humoristique et « La Bulle » s’inscrit dans l’une des thématiques importantes sur l’album à savoir les interactions avec les autres. Il y avait également des raisons pratiques car l’état d’avancement des différentes chansons n’était pas forcément le même, ces quatre chansons ont été développées en priorité dans le but de sortir l’EP.

Quelles thématiques abordes-tu sur ce disque ?

Le fait de s'interroger sur ce qui se passe dans notre tête, les interactions avec les autres et le monde actuel, le besoin de se retirer parfois afin de se mettre au calme...Sur cet album, il y a pas mal de questionnements plus ou moins scientifiques ; la pensée, l’infiniment petit et l’infiniment grand.

Te verrais-tu développer en one woman show ta double carrière que l'on retrouve dans tes textes quelquefois mais aussi dans les interludes présents sur ton album ?

C’est une très bonne question ! Parfois, dans ma tête, je peux m’imaginer faire du stand up ou un one woman show mais je ne suis pas certaine que ce soit très réalisable car je ne vois pas ce que cela pourrait donner. C’est peut-être une piste à creuser...Il y aurait certainement des choses à construire. Que pourrait-on faire venir de l’aspect scientifique et humoristique dans un spectacle plus large qu’un concert au sens classique ? Les interludes présents sur l’album viennent du fil conducteur et de ce que je présente sur scène car j’introduis certains morceaux, je mets les gens dans un univers ou dans un mode de pensée qui permet d’accompagner les chansons notamment celles où il peut y avoir des termes un petit peu absconds ; c’est intéressant d’apporter des éléments avant de les prononcer.

©Thomas Guerigen

©Thomas Guerigen

Peux-tu nous en dire plus quant à la mise en images de « Je Suis Partie » ?

Ce clip a été tourné à l'île de Ré qui est un lieu avec lequel j’ai des attaches, mon grand-père qui était casseron est né à Ars-en-Ré et mes parents se sont rencontrés sur cette île qui a toujours été un lieu familial important ; c’est un lieu chargé d’émotions et de souvenirs familiaux. Aller y tourner ce clip permettait d’y représenter la beauté de la nature, sa grandeur et sa simplicité sur les plages, dans les marais...même si l’île de Ré est pas mal occupée durant les vacances, elle possède encore des endroits assez sauvages. Pour être honnête, il y avait aussi pas mal de facteurs de production qui sont entrés en jeu. J’avais imaginé différents scénarios mais ils n’ont pas pu aboutir. Il faut savoir qu’avec Thomas Gueriguen ; qui a réalisé ce clip ; nous avions planifié des prises sur certains jours mais il y a eu une tempête, c’est ce qui a initié l’idée du noir et blanc et quand nous sommes rentrés là-dedans, nous nous sommes dit que cela pouvait magnifier les émotions et le paysage.

Tu es déjà partie par le passé mais où repartirais-tu aujourd'hui ?

C’est une grande question ! Je suis officiellement parisienne depuis quelques temps, c’est un peu une découverte pour moi car c’est la première fois que j’habite vraiment à Paris et pour le moment, je n’envisage pas de repartir. Je pars quand même souvent puisque j’aime aller partager mes chansons et j’ai toujours un lien fort avec Copenhague car je continue de travailler pour son université ; j’y retourne tous les deux mois.

Comment décrirais-tu ton univers ?

Doux, poétique et humoristique, analytique et contemplatif.

©Thomas Guerigen

©Thomas Guerigen

Qui retrouve-t-on dans ta culture musicale ?

Mes oreilles ont été éduquées initialement par la musique classique, des compositeurs tels que Beethoven, Sibelius, Debussy et Mahler. Durant mon enfance et mon adolescence, mes parents écoutaient notamment Maxime Leforestier, Catherine Lara, Laurent Voulzy et Jean Ferrat. Plus jeune, j’ai écouté Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Renaud...Plus tard, il y a eu de la musique anglophone quand j’étais à l’étranger ; pas mal d’artistes locaux. Plus récemment, je suis revenue à la chanson française avec des artistes comme Pomme, Ben Mazué, Volo, Frédéric Bobin, Barcella, La Rue Ketanou, Les Fatals Picards...

Quels sont tes prochains projets ?

Le 25 mai, je jouerai au Festiv’ En Marche à Mouhet, nous serons en trio à l’Utopia le 27 mai à Paris et le 04 juin au Mélangeur à Cergy, des dates sont aussi prévues au Danemark et aux Pays-Bas et je ferai l’ouverture du Festival Brassens le 29 juillet à Charavines ; j’y avais gagné le tremplin l’année dernière. Je travaille déjà sur de nouveaux titres mais je vais prendre le temps d’articuler tout cela.

Retrouvailles avec Magali Michaut au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur son deuxième album !
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