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Retrouvailles avec Frédo de Volo au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur le septième album du duo !

Publié le par Steph Musicnation

(c)Yann Orhan

(c)Yann Orhan

Comment développerais-tu le titre de votre septième album ?

Avec mon frangin, nous avons une contrainte, nous n’inventons jamais une phrase qui ne serait pas un des titres de l’album pour le baptiser et quand nous nous sommes baladés dans les morceaux qui constituent ce disque pour faire notre choix, « Mine de Rien » nous a paru bien le résumer. Mine de rien…un septième album studio, notre projet avance, il trace sa route et toi, tu es là pour nous soutenir et pour en parler !

Avez-vous pensé la chanson qui donne son nom à ce nouveau disque comme un bilan de vos 20 ans afin de « boucler la boucle » ?

On va dire que les deux s’alignaient bien. Avec humour, cette chanson raconte où nous en sommes dans notre parcours d’artistes qui durent, qui se sont créé un public, qui n’ont jamais connu un succès commercial trop important mais qui remplissent des salles. Mine de rien, cet album sera-t-il le dernier ou y en aura-t-il un autre derrière, à nos âges, avec ce que nous souhaitons faire après…le fait de boucler une boucle me parle bien.

Comme pour « Avec Son Frère », vous avez œuvré avec Alexis Campet, qu'a-t-il apporté à vos morceaux ?

Alexis apporte énormément de choses. Sans lui, Volo, ça serait des guitares-voix car nous sommes incapables d'arranger nos titres. Alexis est multi instrumentiste ; il joue de la batterie, de la basse, de la guitare, des claviers et il programme aussi ; en l'occurrence, toutes les boîtes à rythmes présentes sur l’album, il s’est amusé avec ces sons-là. Alexis nous apporte tout l’habillage des chansons, l’univers esthétique de notre musicalité à l’instant T, nous voulions absolument rebosser avec lui sur ce nouvel album et la petite particularité a été d’accepter encore plus que nos guitares disparaissent au profit d’autres instruments ; quel choix difficile à faire pour nous ! Nous lui faisons vraiment confiance, il y a eu très très peu de débats par rapport à ses propositions et à ce qu’il a maquetté car nous avons trouvé cela pertinent, nous avons été séduits et même surpris.

(c)Yann Orhan

(c)Yann Orhan

J’ai eu la sensation qu'il y avait un contraste encore plus marqué entre la musique et le texte sur cet album, d'où vient ce côté plus solaire/lumineux ?

Je n’aurai pas particulièrement la réponse...Le frangin a refait des chansons d'amour comme il aime en faire, elles peuvent être parfois tristes dans ce qu’elles proposent mais la façon dont il les chante et l’orchestration derrière font qu’on n’en rajoute pas dans la tristesse ou dans le dark du propos. Nous ne l’avons pas sciemment conscientisé en tout cas, cela s’est fait naturellement.

Quels thèmes abordez-vous sur « Mine de Rien » ?

Une fois n'est pas coutume, nous parlons du couple, d’histoires d'amour nouvelles, de celles qui durent, de celles qui s'arrêtent et à travers cela, nous abordons la famille et les enfants. Sur cet album, nous évoquons également les moments durs de la vie, je pense notamment à « Petite Lueur » dans laquelle je parle d’un grand moment de fragilité et à la chanson « Puisque » où je parle de la disparition des gens de mon âge qui m’entourent. Pour terminer, le regard que nous portons sur l’instant que nous vivons tous sociétalement est le troisième axe de ce disque ; sur cet album, cet axe engagé et politique est principalement dirigé sur l’extrême droite. Après avoir relu « 1984 » de George Orwell, mon frangin a fait un gros boulot sur la fabrique de la post-vérité, il dénonce les raccourcis médiatiques d’une certaine presse ou de certains médias détenus par des milliardaires qui eux aussi veulent promouvoir les idées de l’extrême droite et dans le refrain, il fait référence à ce roman.

Comment est né votre duo avec Mesparrow ? Comment se fait-il que vous n'ayez pas partagé de collaboration sur un disque plus tôt ?

Comme avec le frangin, nous collaborons déjà ensemble, ça ne nous était pas venu à l’idée plus tôt. Mesparrow habite Tours, nous nous étions croisés à plusieurs reprises, nous l’avons invité à un stage d’écriture de chansons que nous animons en Indre-et-Loire et nous nous sommes trouvés plein de points communs notamment la douceur et la mélancolie. Le frangin a très vite pensé à Mesparrow sur « Plus Loin » qu’il présentait pour cet album de Volo, cela a été une évidence, elle a très gentiment accepté et ça marchait très bien. Effectivement, c’est notre premier feat.

(c)Yann Orhan

(c)Yann Orhan

Sur ce nouvel album, êtes-vous autant acteurs que spectateurs ? Trouve-t-on autant de vécu personnel que d'observation du monde sur ce disque ?

On ne va pas aller au pourcentage près mais oui et j’ai envie de dire autant que sur les autres albums. Il y a un doux mélange de choses vécues et d’idées qui nous traversent l’esprit pour faire une belle chanson.

Peux-tu répondre à la question posée dans « Puisque » ? C'est quoi l'essentiel à ton âge ?

Vivre avec mes enfants, mes proches et mes amis, passer la dernière période de cette vie avec des gens de confiance avec qui on peut partager des émotions à l’approche de la mort, profiter encore de la vie et se faire du bien avec des choses simples, le fait de ne pas être seul me paraît essentiel même si cela ne m’avait pas effleuré l’esprit avant. A plus de 50 ans, je peux me dire que je ne suis pas tout seul, j’ai des enfants, quelqu’un qui m’aime, des copains et j’ai la chance d’avoir une famille qui s’aime. Pour vivre, je n’ai pas besoin de grand-chose, j’aime ma liberté, celle de ne pas me sentir coincé par la subordination. Je travaille pour moi, pour mon frère, pour mes projets, je suis soutenu, j’ai des producteurs mais je constate autour de moi que le fait d’être dirigé par d’autres ; des institutions, des petits chefs, des N1, des N2 ; dans des carrières peut peser au bout d’un moment. La liberté me paraît essentielle également.

Comme vous en parlez dans « Français de Souche », imagines-tu que le huitième album de Volo pourrait être encore plus engagé si le RN passait en 2027 ?

Je pense que mon frère et moi, nous serons bien touchés et nous ne regarderons pas autre part. Dans ce scénario très triste, il y aura des chansons engagées et encore plus. J’aimerais bien que la chanson « Français de Souche » soit écoutée par quelqu’un qui s’apprête à voter pour le Rassemblement National afin de lui montrer que tout ce qu’il espère de ce parti n’arrivera pas ou en tout cas, pas avec ces solutions-là et qu’au contraire, beaucoup de personnes vont énormément souffrir d’une arrivée possible de l’extrême droite au pouvoir.

(c)Yann Orhan

(c)Yann Orhan

Comment nous parlerais-tu de ton frère en commençant par mine de rien, Olivier… ?

Mine de rien, mon frangin, il est très dur à reprendre à la guitare ! Il est autodidacte comme moi mais il s'est plus amusé sur les arpèges, les siens lui sont très personnels, ils ne ressemblent à aucune technique appris par des par les méthodes de guitare classiques que tout le monde connaît et parfois, cela peut donner lieu à des sketchs. Un copain qui jouerait bien mieux de la guitare que nous pourrait vouloir essayer de reprendre un arpège du frangin, il s’arracherait les cheveux car seul Olivier aurait la clé de ce mystère.

Quels sont vos prochains projets ?

Nous allons défendre l’album sur scène avec un nouveau spectacle composé de neuf chansons tirées de ce nouvel album et des chansons de notre répertoire depuis 20 ans. Nous jouerons notamment le 11 avril à La Maroquinerie. Nous espérons tourner deux ou trois avec ce spectacle. Il y aura peut-être d’autres clips ainsi que des live sessions. Nous sommes arrivés à un moment de notre vie où nous allons pouvoir lancer d’autres projets dans la musique…

Retrouvailles avec Frédo de Volo au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur le septième album du duo !
https://www.facebook.com/Volo.Officiel
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