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Rencontre avec Jeanne Rochette à l’occasion de son concert parisien au Café de la Danse !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Franck Loriou

(c) Franck Loriou

Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?

Je suis une artiste multiple. Je suis auteure, compositrice, interprète, musicienne ; je joue du piano ; comédienne, je peins et je dessine un peu. J'ai toujours été très curieuse de plein de choses. Pour moi, le chant a été une évidence, ça a toujours fait partie de ma vie ; que ce soit en chorale ou à deux voix avec mon père qui était dessinateur de profession mais qui jouait de plein d’instruments. Dès le lycée, j’ai mené des études de chant et de théâtre en parallèle. Je suis née et j’ai grandi à Paris avant de partir en 2004 au Québec où j’ai vécu dix ans. Dans mon parcours artistique, on retrouve notamment du théâtre gestuel, du théâtre de rue, de la danse indienne et des stages avec Thomas Richards qui a travaillé avec Grotowski ; des gens qui sont sur la recherche du travail du corps et de la voix sous une forme d’expression totale.

Le fait d'être également comédienne te permet-il d'incarner encore plus tes chansons ou as-tu toujours eu le côté interprète au sens premier du terme ?

Pour moi, tout est lié, les chansons sont des petits scénarios ; j’ai vraiment cette sensation-là quand j’écris. J’aime énormément interpréter ; il faut savoir que j'ai beaucoup chanté les chansons des autres que ce soit dans le Jazz ou dans des contextes très différents notamment dans des grands shows corporatifs au Québec ; et je n’amoindris pas du tout le rôle des interprètes par rapport à celui des auteurs-compositeurs. Il y a une part de comédienne lorsque j’interprète mais je la retrouve également quand je chante mes propres chansons. Je ne peux pas dissocier les deux métiers d’autant que ma présence scénique y est complètement reliée.

Ton concert au Café de la Danse le 20 avril sera-t-il très différent de ce que les gens peuvent entendre sur « Live au Gesù » paru à l'automne 2024  ?

Oui car « Live au Gesù » était le fruit d’une date exceptionnelle dans cette salle au Québec avec l’Orchestre National de Jazz de Montréal ; il y avait 22 musiciens sur scène avec notamment des cordes, des bois, une harpe et un cor ; alors qu’au Café de la Danse, je serai accompagnée de mes musiciens, François Puyalto à la basse, Côme Huveline à la batterie et à la guitare et Bastien Lucas aux claviers et à la guitare et pour ma part, je serai au piano. Lors de cette soirée unique, je vais interpréter des chansons de tous mes albums ainsi que quelques nouvelles. J’ai invité Alexis HK à venir partager un duo avec moi et la première partie sera assurée par le magnifique musicien Québécois Didier Dumoutier qui a joué notamment avec Lhasa de Sela et Diane Dufresne. Cette date va clore quelque chose et ouvrir autre chose également. Par ailleurs, nous allons diffuser un clip qui avait été ébauché en 2016 juste après le décès de mon père. J’avais demandé à Patrick Cohen ; qui était un des référents français de l’univers Disney et l’un des fondateurs des Studios Idéfix, l’un des premiers studios de dessins animés français fondé par René Goscinny et Albert Uderzo ; de faire un clip en dessin animé à partir de l’une des chansons de mon second album mais il n’a pas pu le terminer car il est mort en 2020. Sacrebleu Productions ; qui ont gagné un Oscar en 2025 pour « Flow » et qui connaissaient Patrick ; ont accepté de terminer ce clip, nous le diffuserons ce soir-là en hommage à Patrick et nous jouerons en direct la chanson « Oualissa ». Ca va être un joli moment.

(c) Vincent Gramoin

(c) Vincent Gramoin

« La Malhonnête » illustrait un virage plus Rock dans ta carrière, d'où était venue cette envie de renouveau ?

Je pense que j’ai cette envie de renouveau à chaque album. Mon premier disque était très Jazz, très joli mais très éclaté aussi. Le second était beaucoup plus classique et très feutré car j’avais demandé à un réalisateur au Québec des arrangements hautbois, cordes et basson. Ce disque qui était un hommage à mon père était très nostalgique et mélancolique. Comme j’aime bien changer de mood à chaque disque et que le troisième avait vu le jour après la tournée faite avec Cali, j’ai eu à cœur de retrouver cette même énergie. J’ai eu envie d’avoir des chansons qui puissent me faire bouger sur scène ; j’ai vraiment écris ces titres dans cette optique-là.

Ton prochain album studio va-t-il s'inscrire dans la lignée de ce disque ou vas-tu emprunter d'autres directions ?

Je crois que je vais emprunter d’autres directions même si pour le moment, je ne sais pas exactement lesquelles....Je suis à un moment de ma vie où j’ai envie d’expérimenter des choses tout en travaillant avec un réalisateur. Il y a plein de choses qui me donnent envie et qui me stimulent. J’ai à cœur de me redécouvrir autrement.

Peux-tu nous en dire plus sur ton duo avec Yann Perreau ; « Paramour » paru début février ?

Yann est un chanteur-auteur-compositeur Québécois qui écrit de très belles chansons et il m’a proposé ce duo à la suite de sa dernière tournée en France durant laquelle, il m’avait invitée à venir chanter un soir avec lui une chanson de Jacques Higelin et une autre d’Alain Bashung. Nous n’avions jamais chanté ensemble auparavant et ça a vraiment matché. Il n’avait jamais enregistré ce duo, il a pensé à moi et nous l’avons fait dans la foulée le mois suivant. Cette chanson qui a été enregistrée dans son studio à Montréal avec une super guitariste est sortie pour la Saint-Valentin.

(c) Vincent Gramoin

(c) Vincent Gramoin

Comment décrirais-tu ton univers ?

Romantique, très intime, émotionnel, intense, passionné, sensible, habité et rassembleur ; je l’espère.

Les artistes Franco-Canadiens ont souvent l'ambition de publier un album en anglais dans leur carrière, serait-ce ton cas ?

Non même si j’ai fait une chanson en anglais ; « Rays Of The Sun » présente sur « La Malhonnête ». Ce titre est venu ainsi mais c’était plus dans une parole poétique. J’ai beaucoup chanté les chansons des autres en anglais mais l’écriture dans cette langue ne m’est pas familière ; même si je m’y suis essayée quand j’étais ado mais c’était mal parti (rires).

Qu’aimerais-tu transmettre principalement au public par le biais de ta musique ?

De la joie, de l’amour, de la curiosité, l’envie de réinventer, des émotions...J’ai à cœur d’aller à la rencontre de l’autre afin de vivre des moments de communion surprenants.

(c) Thomas Bader

(c) Thomas Bader

Afin de revenir à ton autre métier artistique, laquelle de tes chansons verrais-tu mise en images sous la forme d’un court ou long-métrage ?

« La Mouche » qui illustre une métaphore. Alors que j’étais dans le Jura, une mouche se tapait dans la vitre de la cuisine, je l’ai regardé sans jamais ouvrir la fenêtre et elle en est morte. Cette chanson évoque son point de vue et on y retrouve la révolte de la petite chose enfermée dans le refrain. On pourrait faire un court-métrage là-dessus en traçant un parallèle entre la mouche et la femme qu’il faut libérer avec en toile de fond, le côté malsain de regarder quelqu’un agoniser sans le secourir. Je pense que ça poserait des questions par rapport à tout ce que l’on vit ; toutes ces choses terribles qui se déroulent pas très loin de nous.

Quels sont tes prochains projets ?

Je serai en concert au Café de la Danse le 20 avril. A la rentrée, il y aura un projet ; que j’ai initié avec Albin de la Simone et Joseph Racaille pour les arrangements ; autour des chansons de Mireille Hartuch, il y aura un EP de cinq titres et un spectacle. A l’automne, je serai en création de mon prochain album afin qu’il puisse sortir idéalement d’ici fin 2027.

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