Rencontre avec Lueurs au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur son premier EP baptisé « Ustaritz » !
Comment te présenterais tu à nos lecteurs ?
Je m’appelle Thibaud et je suis originaire du Sud-ouest ; du Pays basque ; et musicalement, je viens plutôt du Rock anglophone. J’écris et je compose depuis une vingtaine d’années. Je suis passé par la guitare, le piano, le chant et la MAO. Avec le temps, j’ai appris à m’entourer et à ne pas juste bosser tout seul, c’est bien de savoir faire mais ce n’est pas parce que l’on sait faire que l’on doit forcément faire, je pense que l’on a tout à gagner en œuvrant avec d’autres. A côté de mon projet musical, je suis designer, graphiste et récemment, j’ai passé un an en école de théâtre afin d’apprendre le métier d’acteur. J’aime bien étendre mon champ d’action artistique car je pense que cela rend plus riche et plus libre.
Ton projet solo s’inscrit-il musicalement dans la lignée de ce que tu as fait auparavant ou as-tu fait un reset ?
J’ai débuté en anglais dans un registre Pop Folk/Rock et depuis une dizaine d'années, je suis passé au français. Aujourd’hui, je fais de la chanson Française un peu Pop et un peu urbaine. J’ai commencé à faire du français sous l’influence de Fauve qui m’a ouvert de nouveaux horizons. Depuis mes débuts en duo avec Nuage, ma musique a évolué car le temps passant et ma vie évoluant, j’ai voulu gagner un petit peu en lumière ; en lueurs ; et pour se faire, j’ai amené de la couleur dans mon son ; aujourd’hui, on retrouve cela dans mes mélodies. Par ailleurs, du temps de Nuage, je vivais à Paris mais depuis, je suis revenu à mes racines dans le Sud-Ouest, j’ai rejoint ma famille et mes amis, ce que nous faisions ne me ressemblait plus, ce n’était plus l’ambiance que je souhaitais incarner et c’est pour cela que j’ai fait évoluer mon son. Pour terminer, j’ai fait un travail de thérapie autour de la période du passage à la trentaine et cela m’a permis de m’affirmer sur certains plans artistiques et notamment de prendre conscience que j’avais besoin et envie d’avoir une autre direction artistique. Du temps de Nuage, nous faisions tous les deux tout à fait la même chose ; nous écrivions, composions, chantions et jouions du piano tous les deux ; nous nous marchions un peu dessus mais nous sommes restés extrêmement proches, notre relation a évolué et nous avons transformé le projet. Je continue aujourd’hui de travailler avec Pierre mais c’est moi qui porte le projet. C’est à la fois une renaissance et une transformation ; la continuité et la rupture coexistent.
Peux-tu expliciter ton nom d'artiste ?
J’aimais déjà l’aspect protéiforme du nuage qui évoquait beaucoup de choses ; cela amène à regarder vers le ciel et cela concerne tout le monde, il peut y avoir quelque chose de doux et de réconfortant mais également quelque chose d’un peu plus sombre derrière ; et quelque part, Lueurs a été une déclinaison de cela. J’avais envie de tourner une page, de changer d’identité, d’avoir quelque chose de plus lumineux et de plus coloré. Evidemment, j’ai testé plusieurs choses au fil des semaines, j’ai écrit beaucoup d’idées dans un carnet mais Lueurs tournait dans ma tête. Ce nom m’évoque aussi l’aspect protéiforme mais également plusieurs couleurs ; du jaune, du bleu, du violet, du pourpre ; et à travers ces lueurs, on peut se projeter que ce soit à travers une fenêtre, les feuilles dans la forêt ou en regardant le ciel ; elles ont quelque chose d’assez chaleureux. Ce terme me réchauffe le cœur.
Pourquoi ton EP ne sort-il que trois ans après le premier extrait « Nouvelle Année » ?
Aïe, me voilà au banc des accusés ! Cela vient de la continuité de mon évolution. J’ai toujours eu du mal à sortir mes projets ; je n’ai sorti qu’une fraction de tout ce que j’ai pu composer. Même du temps de Nuage, je disais que je ne voulais pas que ça sorte tant que ce n’était pas parfait mais c’était le meilleur moyen de se tirer une balle dans le pied et de rester dans l’inaction pour ma part ; cette vision de la perfection m’a paralysé. En faisant un travail de thérapie, j’ai appris que c’était vain, qu’il fallait lâcher cette idée de toujours vouloir autre chose que ce qui est et c’est aussi pour cela que la flamme qu’il y avait dans Nuage s’est éteinte ; mon compère en a peut-être eu marre que ça patine alors que lui, il est à l’opposé du spectre. Depuis la parution de « Nouvelle Année », j’ai avancé à petits pas jusqu’à l’EP et entre-temps, j’ai poursuivi d’autres travaux créatifs notamment des courts-métrages. Aujourd’hui, je me sens prêt, en paix avec moi-même et artistiquement, j’ai envie d’avancer afin de proposer de nouvelles choses car le temps passant, je compose de nouveaux morceaux et mes couleurs changent. Avec ce premier EP, je dépose une pierre sur la route mais dans le bon sens du terme car dans cette jolie petite boîte, j’ai glissé trois ans de vie.
Que représente pour toi la ville d'Ustaritz qui donne son nom à ton premier disque ?
Ustaritz a été une renaissance et un renouveau après avoir vécu dix ans à Paris qui n’a jamais été tout à fait mon chez moi puisque je viens du Sud-Ouest. Ustaritz a été un retour à la maison et à la paix. J’y ai retrouvé mon meilleur ami, la côte, les Pyrénées, je me suis rapproché de ma famille et ça m’a ramené à l’essentiel. Ustaritz est un lieu mais c’est aussi un temps ; une époque. Ustaritz ; que j’ai quitté maintenant ; représente trois ans de ma vie. Maintenant, je peux regarder cette parenthèse avec du recul même si le fait de lui avoir dit au revoir demeure une blessure qui n’est pas tout à fait refermée. Sortir cet EP me permet de clore ce chapitre mais en même temps, j’aime l’idée que l’on peut regarder les ruptures avec tendresse et amour, les belles choses ont un début et une fin et il faut savoir l’accepter.
Quels thèmes abordes-tu sur ton EP ?
Si on écoute attentivement l’EP, on se rend compte qu’il raconte un peu une histoire de la première chanson à la dernière. « Samedi Matin » commence par « j’ai décidé de quitter Paname » et « Ustaritz » se termine par « je t’aime mais je te quitte ». Sur cet EP, je parle de renaissance et de transformation, de regarder le temps qui passe et en même temps de s’en saisir avec une nouvelle énergie.
Que symbolisent ces grains de sable que tu évoques dans ton nouveau single ?
Ces grains de sable représentent chaque seconde qui coule dans le sablier.
Peux-tu nous en dire plus sur la mise en image de ce morceau ? Est-ce la même plage que celle où a été prise la photo de la pochette de « Grain de Sable » ?
Bonne remarque mais hélas, la réponse à cette question est perdue dans le temps car j'ai trouvé cette photo en fouillant mes albums de famille et mes deux parents ne sont plus de ce monde, je ne peux donc pas savoir où cette photo de moi enfant sur une plage a été prise mais il y a des chances que ce soit sur une plage environnante. Cette région a toujours été ma région d’origine et de cœur et pour le clip, nous sommes allés à une grosse demi-heure de chez moi ; maintenant, je vis dans Les Landes, je suis à une heure d’Ustaritz. J’ai tourné ce clip au coucher du soleil avec deux de mes meilleurs amis à Seignosse à coté d’Hossegor sur les bons conseils d’un ami surfeur. Nous nous sommes dit que cela faisait bien le lien avec la pochette de l’EP et avec la thématique de ce disque puisque c’était un endroit où j’allais quand j’étais enfant. Me voir enfant sur une plage qui donnait certainement sur l’Atlantique et adulte en train de compter les grains de sable sur une plage similaire, cela permettait de bien boucler la boucle.
Que mettrais-tu en avant chez Pierre Vergeat avec qui tu as œuvré sur cet EP ?
Pierre ; avec qui j’avais monté Nuage et qui a été mon complice à la composition sur ce disque ; est quelqu’un de présent dans tous les sens du terme humainement parlant, il est fidèle en amitié. Artistiquement parlant, il va de l’avant, il se pose moins de questions que moi et c’est aussi pour cela que j’aime sa force créative.
Comment décrirais-tu ton univers ?
Intime, coloré et authentique.
Quels sont tes prochains projets ?
Nous espérons pouvoir annoncer une release party au printemps. D’ici cet été, nous aimerions faire des live sessions afin de faire vivre les chansons de cet EP. Créativement, cela fait des mois que je travaille déjà sur la suite, une nouvelle direction artistique plus organique est en train d’éclore. A l’avenir, j’ai envie d’enlever des couches afin d’atteindre une authenticité encore plus grande car j’ai à cœur d’être encore plus proche de ce que je suis au quotidien.
Écoutez Ustaritz sur Spotify. Lueurs · EP · 2 026 · 6 titres.
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