Rencontre avec SÄND au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de « Silence (Histoire Courte) » !
Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?
Je suis autrice, compositrice, interprète, arrangeuse, productrice et pas seulement pour mon projet car je dirige un label de Jazz également et de ce fait, je m’occupe de toute la direction artistique des albums du label et j'ai aussi un artiste en management dans le Jazz.
Quel a été le déclic pour passer du Jazz à l'Electro te concernant ?
En réalité, c'est quelque chose qui s'est imposé à moi. Quand j'ai commencé à travailler sur les arrangements des textes que j'avais mis en musique, je suis allée chercher immédiatement des textures très samplées et très électroniques que j’ai ensuite retravaillées, approfondies et modifiées et petit à petit, le projet est devenu vraiment Electro.
Quelle atmosphère cherches-tu à créer dans l'électronique ?
Tout d’abord, je mêle toujours les textures électroniques à l'organique ; il y a toujours des instruments, des cordes, des voix, des percussions Africaines, Irlandaises ou ethniques en général dans ma musique. Dans l'électronique, je recherche le côté transcendantal, viscéral, celui du corps pur car je n'ai pas envie de composer une musique qui s'écoute dans la tête ou qui fasse bouger de manière mécanique, j’ai à cœur que ma musique fasse onduler les gens, qu’elle rentre à l'intérieur et qu’elle donne envie de sensualité, de groove, de peau, de chair et de chaleur.
Quel thème abordes-tu dans « Silence (Histoire Courte) » ?
Dans « Silence (Histoire Courte) », j’aborde la perte d'un enfant avant sa naissance. Dans cette chanson, je parle du ressenti de vide, de la fracture entre le rêve, la projection de cet enfant et la réalité brutale qui s’impose et ce que cela veut dire au niveau de la société ; comment on en parle, qui a le droit d’exprimer la profonde tristesse et le profond néant qu’il ressent alors que ça touche quand même une femme sur quatre, c’est extrêmement répandu et cela devient tellement banale que l’on n’a presque plus le droit d’en souffrir.
Ce titre court pourrait très bien être une introduction pour ton album à paraître...serait-ce le cas ?
Je ne sais pas encore mais en tout cas, cette chanson fait l’unanimité dans mon équipe de production... « Silence (Histoire Courte) » marque une toute petite étape dans un grand cheminement de vie que je vais aborder sur l’album.
Peux-tu nous en dire plus sur l’aspect presque « comptine » de cette chanson ?
C’est peut-être lié au fait qu'il y ait des chœurs de jeunes filles au début de cette chanson car cela peut donner un côté très naïf. Le fait d’avoir inclus des chœurs de jeunes filles qui ont entre 11 et 12 ans n'est pas anodin car la préadolescence est la période où les filles commencent à avoir leurs règles, elles commencent à avoir leur corps qui change...et cela marque le début de ce processus que les femmes vont vivre tout le reste de leur vie. Commencer ce titre par des voix de jeunes filles qui vont possiblement être plus tard la femme dont je parle dans cette chanson ; en tout cas, il y a une chance sur quatre pour qu'elles se retrouvent dans cette position-là ; c'était aussi une manière d'universaliser ce heurt et de lui donner quelque chose d'intergénérationnel.
Peux-tu expliciter le titre de ton album baptisé « Les Signaux Contraires » ?
Il faut savoir que je n'aime pas écrire de manière frontale, il y a toujours une seconde lecture et même une troisième dans mes textes. J'aime les sous-entendus qui peuvent créer une multitude d'interprétations. Parfois, un mot indique quelque chose et pourtant, il nous emmène totalement ailleurs et c’est cela, les signaux contraires. Ce sont les signaux que l'on a l'impression de percevoir et qui semblent nous indiquer quelque chose de clair alors qu'en fait, ils ne le sont pas du tout. Finalement, c'est un petit peu ce dans quoi on vit en permanence car on est tout le temps en train de montrer quelque chose de nous qui n'est pas forcément en adéquation avec ce que l’on ressent sur le moment ou avec qui on est, on porte tous ce masque et on est tous en train de donner des signaux qui sont parfois contraires à ce que l’on ressent au moment où l’on en parle. Il y a également une notion d'interprétation de l'autre ; l’autre qui agit d’une certaine manière et ce que cela représente pour moi, ce que j’entends de ce comportement-là ou de cette phrase. Tout ce que l’on vit peut être un signal contraire.
« Rouge » en a été le second extrait, dirais-tu que cette couleur prédomine dans ton album ?
Non, ce n'est pas la couleur qui prédomine dans mon album. En revanche, le rouge fait partie du nuancier, il apparaît par touches comme des petites gouttes de sang et pour moi, il illustre ces petites folies que l’on a à l'intérieur et qui peuvent nous faire perdre pied ; ça peut être dans le bon sens ou pas. Je pense qu’un vert bleuté serait plus parlant en ce qui concerne l’album.
Le choix du français pour t'exprimer a-t-il été évident ?
Oui, totalement ! Je n'écris pas en anglais. Je n’étais pas particulièrement à l'aise avec cette langue quand j'ai commencé à écrire et même si je le suis beaucoup plus maintenant, ce n’est pas au point d'en faire une langue de création artistique me concernant.
Comment qualifierais-tu ton écriture ?
C’est une écriture qui oscille sous forme de signaux contraires car elle est à la fois très frontale et très pudique. Si mon écriture peut avoir un côté très brutal et très incisif, on y retrouve toujours de la pudeur car je ne souhaite pas trop dévoiler les choses afin que les gens puissent y arriver par leur propre imaginaire.
Qui retrouve-t-on dans tes influences musicales ?
En termes de force de proposition artistique, d’esthétique, de créativité et de dépassement de soi, il y a Björk et des artistes telles que Kate Bush, Fiona Apple, Beth Gibbons mais aussi Radiohead et plus récemment le groupe Australien Hiatus Kaiyote. J’ai toujours admiré ces artistes pour leur faculté à ne pas rester dans des cases et à en inventer de nouvelles, cette liberté totale est passionnante et très inspirante.
Quels sont tes prochains projets ?
Un prochain single sortira d’ici fin octobre, un autre d’ici la fin de l’année et l’album arrivera dans la foulée de ces morceaux. Il y aura d’autres mises en images et du live à partir de 2026.
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SÄND * Silence (Histoire Courte) - Live au Studio Ferber
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