Retrouvailles avec Fast Money Music au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur son premier album éponyme !
Qu'est-ce que le format album t’a permis de faire par rapport à celui de l’EP ?
Le format album m’a permis de raconter toute une histoire là où celui de l’EP n’en donne qu’une idée ; c’est une sorte de fragment. Avec le recul, si je regarde les dix chansons choisies pour cet album, j’ai l’impression qu’elles forment une version complète de moi.
Tes EPS avaient des titres, pourquoi ton album est-il éponyme ?
J'ai envisagé plusieurs titres dont « Clair-obscur » car nous en avions parlé durant notre précédente rencontre. Il y avait peut-être un lien avec le fait que le deuxième EP s'appelait « Rouge » ; je ressentais cette inspiration liée à la couleur, sachant que le premier EP était associé au noir même si je l'avais intitulé « Strange Moments ». Mais au moment de rassembler les morceaux pour l'album, le titre « Fast Money Music » s'est imposé comme une évidence ; cela semblait être la suite logique des deux premiers EPS. Ce titre reflétait vraiment qui je suis. Je me suis dit : « Si je suis Fast Money Music, alors ce disque l'est aussi ». J'ai donc gardé ce nom.
De façon concrète, que représente ce disque pour toi ?
Ce disque représente une longue période de ma vie. Certaines chansons, comme « Nevermind », ont été écrites six mois avant d'entrer en studio, alors que j'avais composé une première version de « Ashes » il y a près de dix ans. Le processus s'est donc étalé sur une longue durée et beaucoup de choses peuvent changer en dix ans. Quand je repense aux morceaux que j'ai écrits, certains m'ont toujours habité, d'une certaine manière ; ils me semblent toujours très actuels, et je me suis dit que si je ne les sortais pas sur cet album, je ne le ferai peut-être jamais. C'est curieux car tant qu'une chanson reste à l'état de démo, je continue de l'écouter en boucle, mais dès que je sors la version finale ; le master ; je parviens enfin à m'en détacher et je ne l'écoute plus jamais même si bien sûr, je la joue sur scène. Il y a là quelque chose de très cathartique là-dedans. Sur cet album, il y a des chansons qui m'accompagnent depuis longtemps mais dont j'avais vraiment besoin de me libérer et c'est pour cela que cet album ressemble à un carrousel d'images retraçant une période de ma vie.
Peux-tu nous en dire plus sur les cartes qui illustraient les visuels des singles sortis ?
Pour mes premiers EP, mon inspiration visuelle reposait sur des aplats de couleurs associés à des images changeantes. Pour le deuxième EP, j'ai utilisé différentes photos Polaroid. Lorsque j'ai abordé l'album, je voulais vraiment conserver ce même langage visuel pour identifier chaque chanson, tout en créant un ensemble cohérent. J'ai donc cherché une source d'inspiration originale, quelque chose qui n'avait pas été trop utilisé auparavant. J'avais pensé au tarot, mais c'est un thème déjà très exploité. En faisant des recherches en ligne, je suis tombé sur un site qui répertorie d'anciens jeux de cartes. J'y ai découvert un jeu divinatoire Polonais de 1982. Il avait été créé par une artiste nommée Eva alors qu'elle n'avait qu'une vingtaine d'années et qu'elle était encore étudiante. Elle avait conçu ce jeu composé de cartes divinatoires Polonaises aux visuels vraiment fous, surréalistes et abstraits. Je les trouvais fascinantes car elles n'étaient pas évidentes ; leur interprétation dépendait vraiment du regard de chacun. Son style artistique a influencé ma vision : je me suis dit que chaque chanson pouvait être représentée par un visuel similaire. Je me suis donc basé sur ce jeu divinatoire Polonais qui n'était plus commercialisé. Je l'ai cherché en ligne, quelqu'un en avait mis des scans mais il était impossible de se le procurer physiquement ; on ne le trouve nulle part, pas même sur la version Polonaise d'eBay. Je m'en suis donc inspiré et ma compagne, Natasha, a illustré les cartes en s'appuyant sur cette source tout en les adaptant à ce que représentait chaque chanson.
Laquelle te représenterait le mieux et pourquoi celle-là ?
Franchement, elles sont toutes moi, c’est bien le problème ! En tout cas, c’est une très bonne question. Je n’arriverai pas à n’en choisir qu’une seule car chacune représente une facette différente de ma personnalité. Cela dépendrait du jour. C'est l'ensemble du jeu qui me définit, en quelque sorte...
De quoi parles-tu sur ton album ?
Je parle entre autres de lâcher prise et du fait de ne pas chercher à contrôler la vie. Il y a beaucoup de regards en arrière et de nostalgie dans cet album et on retrouve aussi cela dans l’instrumentation ; j’ai utilisé notamment pas mal de cordes.
Peux-tu nous présenter les deux artistes présents à tes côtés sur ce disque ; Zoe Bleu et Oliver Marson ?
Je connais Zoe depuis des années, on a vécu ensemble à Los Angeles et on a repris contact par l'intermédiaire d'un ami. Elle travaillait sur de la musique, tout comme moi, et je l'ai aidée sur certains de ses projets. Pour la version de « Ashes » qui figure sur l'album, j’ai exploré énormément de pistes et dans ma tête, je l'imaginais toujours accompagnée d'une voix féminine mais je n'avais jamais essayé jusqu’à ce que Zoe soit de passage à Londres pour un jour ou deux. Je lui ai proposé d’aller en studio car je voulais vraiment entendre ce que ça pouvait donner. Quand elle a commencé à chanter cette partie d'accompagnement, je me suis dit que c’était exactement ce qu'il fallait. C'est une artiste incroyable, elle est aussi créatrice de mode et actrice, elle est très créative. Quant à Oliver qui est un artiste formidable lui aussi, nous avons été présentés par des amis communs à Londres. Nous parlions depuis longtemps de collaborer sur un morceau mais c'est le genre de projet dont on parle mais qui ne se concrétise jamais vraiment. Finalement, nous avons fixé une date, nous nous sommes lancés et nous avons fait une chanson. Tout s’est fait dans mon studio à Londres et je me souviens que quand il est arrivé, nous portions exactement la même tenue à savoir un pantalon en cuir et des bottes de cow-boy et je me suis dit que je ne savais pas ce qui se passait mais je sentais que nous allions créer quelque chose de cool. Nous avons écrit « Nevermind » en moins de deux heures. La version principale du morceau a été bouclée en un rien de temps ; ça a tout de suite collé ; et c’est devenu l’une de mes chansons préférées de l’album. C'est vraiment un morceau très sympa à jouer sur scène surtout quand Oliver nous rejoint.
En référence à l'un de tes morceaux, qu'est-ce que tu n’as pas pu faire malheureusement sur cet album mais pourquoi pas sur le suivant ?
Cet album est un collage d'images issues de différentes périodes de ma vie ; globalement les dix dernières années ; et d’une certaine manière, le processus d'enregistrement a aussi été très fragmenté. J'ai collaboré avec Mikko Gordon ; qui est un producteur formidable et quelqu'un de très simple ; il avait travaillé sur le premier EP et je voulais vraiment faire un album avec lui. Mikko a assumé un rôle de producteur exécutif, nous passions quelques jours en studio, puis je récupérais les fichiers pour faire des overdubs et travailler dessus dans mon propre studio avant de retourner chez lui. A vrai dire, ça a très bien fonctionné même si le processus était un peu morcelé avec tous ces allers-retours. Capturer ce qu'il y a de plus humain, réunir cinq musiciens dans une pièce pour enregistrer le morceau, sans clic, en se calant simplement sur le métronome intérieur du batteur, c’est vraiment ce que je préfère en studio car cela donne ces variations naturelles et je compte bien poursuivre dans cette voie pour le deuxième. En revanche, j’aimerais pouvoir tout enregistrer en une seule semaine.
Certains peintres sont connus pour avoir eu des périodes, ton précédent disque était associé à la couleur rouge, laquelle correspondrait le mieux à ton album ?
Comme mon premier EP était associé au noir et que le deuxième l’était au rouge, je me suis demandé s'il ne fallait pas que j’opte pour un blanc pur mais j’ai préféré une teinte pêche. L'idée d'un album blanc ne me semblait pas juste, il fallait quelque chose de plus chaleureux et c'est pour cela que nous avons intégré cette nuance beige tirant sur la couleur pêche car je trouvais que ça fonctionnait bien.
Qu’aimerais-tu que les auditeurs retiennent le plus de cet album ?
Je crois que cet album aborde pas mal le fait que la vie est très cyclique, il est facile de se laisser happer par certains moments ou de rester bloqué dans le passé mais je crois qu'il est important d'essayer de rester ancré dans le présent et de lâcher prise. Au bout du compte, ce qu'il faut en retenir, c'est qu'il ne faut pas être trop dur envers soi-même, la vie continue alors autant essayer de rester ancré dans le présent.
As-tu déjà la suite en tête ? Aurais-tu de nouvelles envies ?
Oui, j'ai quelques idées en réserve. Je pense déjà beaucoup au deuxième album qui sera une affirmation artistique. Ce prochain disque sera davantage ancré dans le présent. J'ai vraiment hâte d'y être !
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Fast Money Music feat. Oliver Marson - Nevermind (Official Music Video)
'Nevermind' taken from the upcoming 'Fast Money Music' debut LP, coming out April 17th 2026 via Sick Records Listen to 'Nevermind' here: https://orcd.co/fmmnevermind Join the club: ...
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