Rencontre avec Laure Brisa au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur « Miroirs » !
Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?
Je suis compositrice, auteure, chanteuse, harpiste et j'ai été comédienne aussi pendant un certain temps. Je suis conceptrice de projets musicaux qui tendent vers le spectacle vivant. Je suis née au sein d'une famille d'acteurs, j’ai passé toute mon enfance et mon adolescence dans des théâtres et pour moi, la dimension de ce que l’on raconte sur un plateau est hyper importante, c’est pour cela que ma musique recherche à représenter des situations ou à avoir un propos scénique.
As-tu développé simultanément la harpe et le chant ou la voix s'est-elle invitée plus tard dans ton parcours ?
Enfant, je chantais tout le temps et ma mère s'est dit qu’il fallait que je fasse de la musique. A cette époque-là, j’habitais à Grenoble où il y avait une école test à savoir l’une des premières CHAM ; classes à horaires aménagées ; qui permettait de faire le lien avec le conservatoire. Afin d’entrer dans cette école dès le CP, il fallait choisir un instrument et comme peu de temps auparavant, mes parents m’avaient emmenée voir le concerto pour flûte et harpe de Mozart et que j’avais été séduite par cet instrument, j’ai choisi la harpe et le plus fou, c’est que mes parents ont dit oui! Mais au tout début, c’était vraiment le chant et l’envie d’être sur scène qui m’animaient.
Qu'est-ce qui t'a donné envie de composer enfin un second long format après plusieurs EPS ?
Les quatre derniers EPS faisaient partie d’un seul et même projet, « Des Comètes ». Pour la première fois, je prétendais faire un spectacle, j’avais rassemblé pas mal de morceaux qui parlaient d’un autre endroit de l’être. Certains titres de ces EPS avaient été produits par Romuald, d’autres par Nömak, l’un des morceaux avait été composé avec Canblaster et le reste venait de moi seule. Puisque les sons n’étaient pas exactement similaires, j’ai préféré séparer ces morceaux pour plus de cohérence et cela s’est fait au feeling. J’ai décidé de sortir un morceau à chaque pleine lune et un EP à chaque saison, ça a duré un an. N’étant pas dépendante d’un label, j’étais libre du format. En ce qui concerne « Miroirs », J’ai eu envie de revenir à quelque chose de plus conventionnel dans la forme, j’ai d’abord posé le cadre du projet et à travers celui-ci, j’ai écrit les morceaux qui composent le disque. Là où « Miroirs » et « Des Comètes » se rejoignent, c’est dans le fait de sortir des morceaux à des dates précises afin de donner des rendez-vous ! Dans le cas présent lors des jours miroirs ; le 5 mai, le 6 juin, le 7 juillet, le 8 août et le 9 septembre pour l’album.
Comment expliques-tu les près de six ans qui séparent « Another Place » ; paru en décembre 2020 ; et « Miroirs » qui sortira à la rentrée ?
Entre les deux projets il s’est écoulé en fait trois ans car la parution du dernier EP « Des Comètes » correspond au début du montage de production du spectacle, qui a été joué pour la première fois en juillet 2021 aux Nuits Secrètes avec une équipe, une mise en scène, un décor et une mise en lumières. Ce spectacle a tourné jusqu’en mai 2023 ; surtout dans des théâtres ; cette année-là, je me suis retrouvée toute seule pour le suivi de production/administration et diffusion du projet, cela a nécessité une importante implication de ma part et j’ai fait face à l’après COVID, la crise de la culture, des programmations déjà faites, des programmateurs qui se désistent… Le spectacle n’a presque pas été vu par le milieu professionnel. Ça a été une douche froide pour moi. J’ai compris que cela sonnait la fin du spectacle. Je me suis rapidement dit qu’il allait falloir que je rebondisse. A ce moment-là, j’avais déjà dessiné le cadre de « Miroirs » mais je n’avais encore rien composé. J’avais fait une série de dates avec Maud Geffray au Mans Sonore avec Radio France dans une salle semi anéchoïque où nous étions baignées dans le même son que tout le monde et nous avons participé à une conférence avec des acousticiens, ça m’a passionnée et inspirée pour penser le son en termes d’espace.
A quoi font référence ces miroirs qui baptisent ton nouvel album ?
Ils font référence aux reflets, aux contraires qui se font miroir, à la rencontre de soi, de l’autre. C’était déjà un thème présent dans « Des Comètes ». Il y avait aussi l’envie d’être plus incarnée, de me dévoiler davantage tout en restant dans une recherche purement artistique. Chaque morceau est un miroir de moi-même sans être une biographie ! Ils sont les reflets d’une introspection.
As-tu construit ce disque de telle façon que certains morceaux puissent être les miroirs d’autres ?
Oui même si je ne l’ai pas construit directement ainsi. Quand j’ai réfléchi au chemin que j’allais emprunter sur cet album, je voulais aborder ma peur paralysante, le miroir et la renaissance. Je voulais être au centre avec des gens autour, je pensais aux lignes de fuite en lien avec la peur mais aussi avec la Renaissance. J’ai visualisé des portes que j’ai dessinées, il y avait la place pour neuf portes, et cela m’a fait penser à « La Divine Comédie » de Dante où l’on retrouve les neuf cercles de l’enfer, les neuf terrasses du purgatoire et les neuf cercles du paradis. Cet album est comme une mini « Divine Comédie », on y retrouve une descente en soi et une remontée. Dans cet album, il y a des miroirs inversés, des échos en spirale.
« The Key » qui a annoncé ce disque est-elle une bonne clé pour accéder à « Miroirs » ?
Absolument. « The Key » n’est pas le premier morceau que j'ai écrit pour ce disque mais il est vraiment sorti dans un moment de vide, de désespoir face à des portes fermées et ce morceau parle de cela. Tendre une main dans le vide, je me demande ce qu’il y a de l’autre côté de moi et je pense que « Miroirs » répond à cette interrogation.
De quoi parles-tu sur cet album ?
Les chansons de cet album parlent de peur, de miroirs, de rêve et de renaissance.
Comment décrirais-tu ton univers ?
Je dirais que mon univers tend vers la lumière, qu’il porte de la mélancolie, qu’il est onirique et au-delà de la réalité ou alors profondément ancré dans les sous couches de la réalité. Il fait des liens, des passages entre les choses. Il est très imagé.
Si tu avais à te parler en te regardant dans le miroir, que te dirais-tu à l'heure actuelle ?
Je me dirais : traverse !
Comment envisages-tu le live pour présenter « Miroirs » au public ?
Le live est très avancé, en format immersif, je travaille avec Warren Dongué qui a pensé toute la mise en espace, Rodrigue de Sa et 360prod sont partenaires du projet sur l’apport et l’installation du dispositif ; c’est une équipe géniale et super motivée. Nous sommes à même de tout installer nous-mêmes de façon autonome afin de jouer partout y compris en extérieur et dans des lieux insolites car le matériel fonctionne à l’énergie solaire. J’ai aussi à cœur de retravailler avec les autres membres de l’équipe « Des Comètes » afin de faire une création scénique et lumière, nous ressortirons notamment la tournette. Les deux versions du live seront immersives.
Quels sont tes prochains projets ?
« Alone & Endless » sortira le 8 août et « Miroirs » paraîtra le 9 septembre. Une release party s’organise au Silencio à l’automne. Il se pourrait qu’il y ait des live sessions. Des dates se profilent pour 2027 et 2028...Les choses se font par étape.
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