Rencontre avec Nelineti au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de « Monstres & Mélodies » !
Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?
Je chante, j’écris, je fais mes mélodies et pour ce qui concerne la composition/les instrumentaux, je bosse avec June qui vient d’Angers. Dans ce projet, nous fonctionnons quasiment comme un duo car June fait 60% du taf, il fait toutes les prods, il m’aide aussi parfois dans l’écriture ; on est toujours ensemble quand on bosse sur des musiques. Mon style est plutôt hybride, il est le fruit d’un mélange de Pop, de Rap et d’Electro.
Comment vois-tu ton évolution tout au long de tes trois disques déjà sortis ?
Je la vois de plus en plus libre dans la façon de créer. Avant de me lancer en solo, j’ai fait partie du groupe Ulka, nous avons sorti un EP mais j’avais déjà le souhait de faire de la musique tout seul, j’avais commencé à travailler sur des morceaux que l’on retrouve sur mon premier EP ; « Maximum City » paru en 2023. Il n’y avait pas encore de direction créative précise si ce n’est que ce premier EP ; que l’on peut le voir comme un mix de choses que j’avais retravaillées avec de nouvelles compos ; avait la ville comme thématique. Mon second EP est plus proche de ce que je fais maintenant mais je le vois vraiment comme un disque de transition. Avec « Vie Coloriée », j’ai commencé à affiner des choses en posant les bases de la musique que je fais maintenant mais je n’étais pas satisfait de l’image que je renvoyais de moi-même car je jouais trop un personnage. Par la suite, je n’ai pas sorti de morceaux pendant quasiment un an mais je n’ai pas arrêté de faire de la musique pour autant, j’en faisais sans attente, sans pression et c’était trop bien. Avant de sortir récemment mon troisième projet, je me suis entouré d’une structure. « Monstres & Mélodies » représente vraiment musicalement ce que j’ai envie de montrer de moi-même.
Peux-tu expliciter le titre de ton nouveau disque ?
Cela part de l’idée que nous avons ; chacun, chacune ; des monstres en nous que l’on traine parfois depuis l’enfance même si certains peuvent arriver plus tard. Ce titre fait référence aux petits monstres que nous redoutions de trouver sous nos lits quand nous étions des enfants ; il s’agit de nos peurs irrationnelles. Comme ils sont là, autant essayer de les comprendre afin d’arriver de vivre avec eux. J’ai mis ces monstres en mélodies sur ce disque. Ces monstres m’ont accompagné, j’ai travaillé avec Noam Dibongue-Levy qui est dessinateur, il les a imaginé et animé dans des vidéos.
Peux-tu nous en dire plus sur la pochette de « Monstres & Mélodies » ? Certains pourraient associer cette photo à l’expression « baisser son froc » alors que c’est tout l’inverse dans tes textes…
L’idée de cette pochette m’est venue en regardant « Les Beaux Gosses » de Riad Sattouf. Ce film suit des adolescents qui expérimentent les premières fois durant le lycée et je l’ai trouvé magnifique autant dans l’écriture que dans l’image ; il y avait ce truc un peu ingrat de chambre d’ado boutonneux qui me parlait énormément. Quand j’ai eu cette image en tête, j’ai envoyé un message à mon pote Humbert Deschamps qui fait toutes mes photos et je lui ai dit qu’il fallait que l’on fasse quelque chose genre chambre d’ado dégueulasse et très intime pour la cover de l’EP et Humbert m’a tout de suite suivi. Cette pochette illustre un moment où l’on ne sait pas vraiment ce que je fais…mais en tout cas, je suis avec moi-même, c’est presque une photo volée de moi et de mon intimité et c’est tout le sens du projet car je raconte des histoires très intimes et quoi de mieux qu’une chambre d’ado qui est un refuge à cet âge-là pour représenter cela.
Quelles thématiques abordes-tu sur ce disque ?
Sur ce disque, je parle d’adolescence, des premières fois, du passage à l’âge adulte, d’arriver à s’émanciper du regard des autres, de maladie…
Peux-tu nous en dire plus sur la mise en image de « Toute La Vie Devant Toi » ? Que représente notamment le fil rouge ?
Pour ce clip, j’ai travaillé avec un réalisateur Suisse qui s’appelle George Flood-Hunt que j’avais rencontré en sortant du Badaboum, nous nous étions donné nos contacts sur Instagram et chacun a trouvé cool ce que l’autre faisait. Comme j’avais envie qu’il y ait un gros clip pour ce nouvel EP ; même si la tendance actuelle est plutôt aux formats courts ; je l’ai contacté en début d’année et nous avons bossé ensemble. Au cinéma, on parle du terme « coming of age » pour regrouper les films qui racontent le passage de l'enfance ou de l'adolescence à l'âge adulte et George connaissait très bien cela, ce qui fait que nous nous sommes très bien entendus. Dans ce clip, nous avons matérialisé l’un des petits monstres qui me suivent sous la forme d’une peluche et le fil rouge ; qui fait partie d’une pelote de laine ; est en quelque sorte son cordon ombilical. Dans la vidéo, le fil rentre dans des chambres à savoir celle de l’enfant, de l’ado et de l’adulte et dans ces trois phases différentes de la vie, il se passe plein de choses. Le fil est un peu le témoin de toutes ces périodes et il essaie de convoquer les souvenirs de ces tranches de vie. A la fin, le rythme s’accélère, on sent que je vais quitter le foyer et du coup, il ne sait plus où donner de la tête, il ne sait plus quels souvenirs convoquer, à force d’essayer de faire des connections, il s’enroule sur lui-même et il coupe la tête du monstre. Ma lecture ; c’est la mienne mais pas celle de George ; c’est que l’on peut tuer nos montres et arriver à vivre sans avoir peur.
Comment est né ton duo avec Aslo sur « Les Frontières » ?
J’ai rencontré Aslo, qui est Suisse également ; sur les réseaux après qu’il eut commencé à me suivre grâce à Humbert qui avait partagé la cover qu’il avait fait pour mon second disque. J'ai invité Aslo à venir à ma release party, il n’a pas pu y venir car il n’était pas en France mais il m’avait envoyé un très beau message dans lequel il me disait qu’il adorait mon projet ; recevoir des compliments d’un autre artiste est assez rare quand on fait de la musique car il y a quand même un truc d’égo qui est immense. Aslo a été pris dans une bourse d’études entre Genève et Paris et depuis qu’il est parisien, il est vraiment devenu mon pote. Ce duo est né à la base d’un lien humain mais aussi d’un respect artistique mutuel car j’aime vraiment ce qu’il fait. Notre terrain d’entente est assez cool.
Pourquoi as-tu inclus « Ciel Bleu » paru l'année dernière sur « Monstres & Mélodies » mais pas « Mon Monde à Moi » sorti en février dernier ?
C’est une grosse erreur ; pure et dure ! « Mon Monde à Moi » était prévu sur l’EP mais nous nous sommes dit que ce morceau était peut-être trop compliqué pour ce disque alors que ce n’est pas le cas et en plus, il marche très bien en concert. Quant à « Ciel Bleu » ; qui est le premier point de ma nouvelle identité musicale ; je trouvais qu’il était encore très actuel et j’ai eu envie de l’inclure dans ce disque. C’est un morceau qui me parle beaucoup.
Après trois disques assez courts, as-tu prévu à court terme de développer le propos plus longuement sur un premier long format ?
Oui mais malheureusement, on sait qu’un album, c’est très marketing mais après, je prends peut-être trop la tête. Ma vision des albums est très rationnelle. Pour ma part, je pense que pour sortir un long format, il faut vraiment avoir du monde derrière soi afin de réellement défendre ce disque. J’aimerais sortir un projet plus long mais je suis assez partisan du « faisons ce qu’il faut mais faisons le bien ». Mes trois premiers disques sont constitués de sept titres et je trouve que c’est le parfait format pour raconter une histoire sans trop en dire et sans tomber dans la répétition. Faire un EP représente déjà beaucoup de boulot et d’investissement alors je n’ose imaginer un album...
Comment décrirais-tu ton univers ?
Coloré, optimiste, lumineux, profond tout en étant léger.
Quels sont tes prochains projets ?
Des vidéos, du live ; je l’espère ; de nouvelles musiques sont prêtes...et peut-être un projet commun assez court avec Aslo. J’aimerais qu’il y ait de nouvelles sorties à partir de l’automne.
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nelineti - toute la vie devant toi (official video)
'toute la vie devant toi', un single de mon nouvel EP 'monstres&mélodies' dispo partout : https://idol-io.ffm.to/monstresetmelodies https://www.instagram.com/nelinetii/ ...
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