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Rencontre avec Numah au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de « Post-Scriptum (c’est pas ce que j’voulais dire...) » !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Ilan Brakha

(c) Ilan Brakha

Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?

Je suis autrice, compositrice et interprète. Je joue de la guitare et un peu de piano. Musicalement, j’évolue dans un registre Pop-Folk qui est parfois un peu teinté de Rock. J’aime bien dire que j'écris mes chansons comme des lettres papier que je n’enverrai jamais ; il faudrait imaginer un petit personnage un peu tiré d'un Miyazaki perché sur une falaise qui surplombe la ville qui observe les gens et qui retourne dans sa petite cabane pour écrire tout plein de lettres qu'elle vient jeter après par-dessus la falaise en laissant le vent les guider vers les mains d'inconnus.

La musique a-t-elle été une évidence dans ton parcours personnel ?

Ça a été une évidence car la musique a toujours été très présente à la maison depuis mon enfance ; nous en écoutions beaucoup. Mes parents se sont séparés quand j'étais très jeune, j’ai eu des influences plutôt Rock, Pop et Electro du côté de mon père et Soul du côté de ma mère. J'ai des souvenirs de moi en train de chanter devant mon miroir avec une brosse à cheveux et de vraiment déjà vouloir danser, chanter, performer. J'ai commencé à faire de la guitare et du piano, j'ai pris quelques cours quand j'étais petite mais ensuite, j'ai vite lâché cela afin d’apprendre directement les chansons qui me plaisaient à l'époque à savoir celles des popstars que j’écoutais au collège/lycée et c’est là que j'ai vraiment commencé à chanter en reprenant leurs chansons et en m'accompagnant en autodidacte au piano et à la guitare. Vers l’âge de 17 ans, j’ai ressenti le besoin d’écrire mes propres chansons afin de pouvoir me livrer ; je suis quelqu’un d’assez introverti et j’avais besoin d’exprimer des choses qui me restaient sur le cœur. Au début, ça n’a pas été évident d’en faire mon métier car je ne viens pas d’une famille qui travaille dans l’artistique, je ne pensais pas trop que ça puisse être possible mais c’est un peu grâce à ma meilleure amie ; qui fait du piano depuis l’âge de 3 ans, qui a fait beaucoup de concours et pour qui ça a été une évidence pour le coup ; qui m’a donné de sa force et des étoiles qu’elle a dans les yeux que je me suis dit que ça pouvait être réalisable ; nous avons évolué ensemble et je pense que c’est elle qui m’a donné cette foi d’y croire et d’en faire mon métier.

Quel regard as-tu sur ton premier disque qui était sorti au printemps 2023 ? Peux-tu nous dire ce qui avait été le plus mis en avant le concernant ?

Comme c'était mon premier disque, je pense que mon écriture était très intime, je parlais de moi dans mes textes, des choses que je n’osais dire dans la vie, j’abordais notamment la relation que j’avais à mon corps et de ce fait, mes proches ont un peu appris des choses sur moi via cet EP qui a été produit avec NuTone comme mon second disque. Musicalement, nous avons voulu faire quelque chose d’assez puissant et de nocturne. Ce disque a marqué de par sa production qui était très intense mais aussi par son côté intimiste avec des piano-voix. 

(c) Ilan Brakha

(c) Ilan Brakha

Ton second disque s'inscrit-il dans la lignée musicale d'« Encore Un Peu + » ou as-tu eu d'autres envies ?

Sur mon premier EP, beaucoup de personnes avait préféré la chanson « Ailleurs » qui avait une fin très Rock ; c’était la seule qui avait cette esthétique-là ; et je crois que ça a ouvert une brèche car je suis plus allée dans les influences Rock sur mon second disque. Ce second EP est dans la continuité du premier mais il est quand même plus acoustique. Avant de passer à la production, j’ai vraiment travaillé le songwriting ; c’est quelque chose qui me tenait vraiment à cœur ; je voulais avoir de bons guitare-voix et de bons piano-voix et une fois que nous avons sélectionné les chansons, nous avons décidé de les produire de manière assez proche de ces versions-là. Je pense que ce second disque est plus épuré et plus affirmé dans l’écriture que le premier.

Peux-tu expliciter la seconde partie du titre de ton nouveau disque ? C'est pas ce que j’voulais dire...

Cet EP s’appelle « Post-Scriptum » car pour moi, chaque chanson traduit des petites choses que je n’ai pas osé dire au quotidien par pudeur, peur ou timidité. Le post-scriptum est le petit mot que l’on met à la fin d’une lettre quand on a oublié de dire quelques chose et donc que l’on revient sur ce que l’on a dit. Dans cet EP, il y a un peu un paradoxe car si je dis des choses que je n’osais pas dire, je reviens aussi sur certains que j’aurai dit dans la vie grâce à mes chansons, cela me permet de m’expliquer à des moments où je n’avais pas eu le temps d’où la seconde partie dans le titre.

Quelles thématiques abordes-tu sur « Post-Scriptum (c’est pas ce que j’voulais dire...) » ?

Sur cet EP, je parle notamment de rupture amicale, de rupture amoureuse ; du fait de s’éloigner d’une relation toxique, « OH BOY ! » est un peu un petit doigt d’honneur à un ex ; et du fait de ne pas aimer être introvertie/de vouloir s’exprimer sur scène car j’ai ce feu-là en moi depuis que je suis petite.

(c) Ilan Brakha

(c) Ilan Brakha

Peux-tu nous dire ce que symbolise pour toi l'odeur de clope qui donne son nom à l'un de tes titres ?

L'odeur de clope symbolise la difficulté mais aussi le fait d’accepter que l’on ne puisse pas forcément oublier une personne a marqué notre vie. Malheureusement, parfois, les chemins se séparent et il faut faire le deuil de cette personne-là mais on veut garder les bons souvenirs et j’ai assimilé cela à l'odeur de clope car même si on arrête de fumer, on continue de la sentir souvent sur nos vêtements, elle ne nous quitte jamais vraiment. On peut décider d'en faire une odeur qui pue ou une odeur qui nous rappelle de bons souvenirs.

On devine aisément le vécu derrière tes chansons...As-tu envoyé tes morceaux aux personnes concernées ?

Et bien non mais c’est aussi un peu ça l’idée de mes chansons, ce sont des lettres que je n’enverrai jamais mais je me dis que peut-être un jour, ces personnes tomberont dessus. Ces lettres, je les écris plus pour moi car elles me permettent de faire le deuil de plein de choses. Ce sont des lettres sans timbres qui me permettent de me décharger de mes émotions et si ça se trouve, elles trouveront leur chemin vers la ou les bonnes personnes ou elles toucheront des inconnus qui ont vécu les mêmes choses.

Comment décrirais-tu ton univers ?

Malicieux, un peu maladroit et poétique.

(c) Ilan Brakha

(c) Ilan Brakha

Qui retrouve-t-on dans ta culture musicale ?

Depeche Mode, U2 et Muse grâce à mon père et Ray Charles, The Jackson Five et The Supremes grâce à ma mère. Plus jeune, il y a eu Beyoncé, Christina Aguilera, Alanis Morissette, Tori Kelly et Alicia Keys. Je pense que Selah Sue a été la première artiste qui m'a vraiment touchée et qui m'a donné envie de m'exprimer comme elle, de faire de la musique et qui m'a donné ce feu-là. Je peux citer également Banks qui m’avait retourné le cerveau mais plus au niveau de la production. Plus récemment, Olivia Rodrigo et Lola Young sont les deux artistes qui m’inspirent le plus.

Quels sont tes prochains projets ?

Je prépare un album pour début 2027. De nouveaux singles sortiront à partir de la rentrée. Il y aura une belle live session à l’automne. Je serai en concert à La Boule Noire le 19 novembre ; ce sera l’occasion de fêter cet EP et de commencer à annoncer l’album.

Rencontre avec Numah au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de « Post-Scriptum (c’est pas ce que j’voulais dire...) » !
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