Rencontre avec Supernormal au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de son premier EP !
Comment te présenterais tu à nos lecteurs ?
Je m’appelle Arthur Farre, je suis originaire de Saint-Etienne mais j’habite aujourd’hui à Toulouse, mon nom d’artiste est Supernormal, je suis auteur, compositeur, interprète, je joue de la guitare, des claviers, de la basse et j’ai sorti récemment mon premier EP qui s'appelle « Nulvi ».
Pourquoi as-tu choisi Supernormal ; qui est aussi le nom de l'une de tes chansons ; comme nom de scène ? Cela a-t-il à voir avec la façon dont tu te perçois ?
Effectivement, il y a un petit peu de cela mais pas uniquement. Dans les années 2000, les designers Jasper Morrison et Naoto Fukasawa ont crée une exposition qui s’appelait Super Normal avec pour idée de présenter des objets assez minimalistes et simples de la vie de tous les jours mais avec un niveau de détails et de raffinement assez travaillé. Cette exposition venait un peu en contre-pied aux designers très extravagants de cette époque-là qui amenaient des formes très atypiques avec beaucoup de couleurs alors que Jasper Morrison et Naoto Fukasawa se sont positionnés dans une dynamique très minimaliste et très sobre et cela a été quelque chose d’assez inspirant dans mon métier de designer. Quand j’ai lancé ce premier projet solo ; après en avoir eu en groupe ; je trouvais que cette définition me correspondait plutôt bien car je me trouve assez normal et je le dis dans la chanson. J’ai cette normalité en moi qui me perturbe un peu parfois et en même temps, j’ai aussi envie d’être au-delà de cela d’où Supernormal qui renferme l'idée de se dépasser soi-même.
Quel a été le déclic pour composer et sortir un premier EP ? J'ai vu que la chanson « Supernormal » était sortie en juin 2020...
En 2017, mon précédent projet qui était en groupe à Paris s’est terminé pour des raisons de déménagement. Nous n’avons pas pu continuer et c’était bien dommage. Pour ma part, il était impossible d’en rester là, j’avais à cœur de remonter un projet. J’ai attendu 2020 pour me relancer et le COVID m’y a aidé car j’ai eu un peu temps. J’ai sorti un premier titre mais ensuite, j’ai eu deux petits garçons durant les années qui ont suivi et du coup, de 2020 à 2025, ça a été une phase assez famille. Mine de rien, j’ai maturé mon premier EP durant cinq ans, je l’ai composé à droite à gauche entre deux biberons en faisant des petits riffs par-ci et des textes par-là et puis, l’année dernière, j’ai eu un peu plus de temps et j’ai eu envie d’aller au bout de ce projet. Cet EP est un peu le résultat de ces cinq années de patience.
T'es-tu cherché avant de te lancer en solo ou avais-tu déjà ta direction musicale en tête ?
Pour ce projet solo, la direction musicale a été assez claire dès le début. Précédemment, j’avais eu des groupes plutôt Pop-Rock alors que là, l’idée était d’aller vers des choses plus technologiques et électroniques. Si je voulais que cette composante électronique fasse partie de la musique, je viens quand même de la guitare classique ; j’aime beaucoup les instruments naturels ; et c’est pourquoi, je souhaitais un mélange entre des compositions électroniques avec un petit peu de punch et des sons assez naturels et organiques. Au niveau des textes, cela a été une évidence pour moi de chanter en français car c’est ma langue maternelle.
Comment décrirais-tu ton univers ?
Minimaliste, élégant, nostalgique, naturel, futuriste, un peu onirique et poétique et engagé par rapport au climat.
Peux-tu expliciter le titre de ton premier EP ?
Nulvi est un tout petit village situé au Nord de la Sardaigne, mon père y est né et j’y vais souvent depuis que je suis tout petit car nous avons la chance d’y avoir une maison de famille. J’ai toujours été impressionné par l’esprit de ce village qui est à la fois très ancré dans le terroir, les traditions et le respect du naturel et en même temps, tourné vers la modernité car depuis les années 2000, il y a plein d’éoliennes autour de ce village magnifique situé dans les collines. Pour moi, ce petit village catalyse tous ces idées de contrastes entre une campagne pauvre mais solidaire ancré dans le terroir, la qualité des produits et de la nature et en même temps, tourné vers l’avenir avec ces éoliennes.
Quelles thématiques abordes-tu sur ce disque ?
Dans les chansons de cet EP, j'essaie de constater un peu toutes les dérives entre nouvelles technologies, nouveaux rapports sociaux et nouvelles contraintes climatiques ainsi que le côté paradoxal et ambivalent qu’il peut y avoir à chaque fois. Je n’apporte pas de réponses mais je fais un constat sur ce disque tout en attirant l’attention.
Peux-tu nous parler de la mise en image de « 2050 Sur Le Sable » ?
Nous avons choisi un endroit où l’on pourrait sentir cette chaleur omniprésente supposée de 2050. Par exemple à Toulouse, nous devrions avoir un climat subsaharien et à Paris, il devrait y avoir le climat de Séville. Dans ce clip, l’idée était de ressentir le Sud, la chaleur, le sable et la plage est assez vite arrivée comme étant le cadre idéal pour tourner ce clip que l’on a fait près de Valras. L'idée n'était pas de voir d'océan car ce n'était pas le sujet, c’était même plutôt l'inverse, nous voulions illustrer le manque d'eau et ce qui est intéressant, c'est qu'au loin, on devine une ville. Le clip de « 2050 Sur Le Sable » permet de voir un captation dans un paysage naturel ; la plage et l’urbanisme au loin qui a subi quelque chose ; mais aussi des parties réalisées avec de l’IA ; même si j’ai une considération assez inquiétée sur le sujet par rapport à ses dérives et à sa consommation énergétique ; car nous voulions projeter ce que ce serait potentiellement demain d’être dans un paysage naturel et ça sera peut-être d’être dans un studio blanc. Dans ce clip, il fallait qu’il y ait ce rapport permanent entre le présent, le futur, le côté clinique du studio et le côté naturel de la plage qui est là surtout pour représenter le côté désertique.
Comment mettrais-tu en parallèle tes deux métiers ? Élabores-tu tes chansons à la manière d'un designer ?
Oui car je pars toujours d'intentions. En design, on parle souvent de mood board ; de planches d'ambiance ; où l’on va mettre des images côte à côte, des mots, des idées, afin de dessiner un peu des contours flous mais qui donnent une direction. Avec la musique, j'ai l'impression que je fais pareil car je commence par poser quelques bases par-ci par-là. Les deux démarches sont assez liées car je démarre par des intentions que j’affine détail après détail.
Qui retrouve-t-on dans ta culture musicale ?
Ma culture musicale est plutôt anglosaxonne ; j’écoute assez peu de musique Française ; et j’ai toujours été attiré par les sonorités assez dynamiques. Parmi les choses très connues dans ma culture musicale, il y a principalement les Beatles, Justice et Parcels.
Quels sont tes prochains projets ?
Il se pourrait qu’il y ait d’autres mises en images et peut-être un remix de « 2050 Sur Le Sable ». Une session de mise en live de l’EP va commencer à partir de septembre avec l’idée de trouver des dates afin de présenter le disque sur scène sur fin 2026/début 2027. En parallèle de cela, je vais préparer un second EP qui verrait le jour idéalement courant 2027.
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Supernormal - 2050 sur le sable (clip officiel)
Ecoutez Supernormal : https://lnkfi.re/2050surlesable Instagram : https://www.instagram.com/supernormal_super Supernormal est le projet d'Arthur Farre, où une électropop moderne, influencée par ...
Nulvi - EP par Supernormal sur Apple Music
Écoutez l'album Nulvi - EP par Supernormal sur Apple Music. 2026. 5 morceaux. Durée : 16 minutes.
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