Rencontre avec Séb et JB de LOMLA au Studio Luna Rossa à l’occasion de la sortie de « Benidorm » !
Pouvez-vous présenter LOMLA à nos lecteurs ?
Séb : LOMLA est composé de JB à la batterie, Joe à la basse, David à la guitare et pour ma part, je chante, et je joue de la guitare. J’écris les textes et je compose en amont, je fais des maquettes en MAO et ensuite, nous voyons cela tous ensemble, chacun peut faire des propositions.
Pourquoi et comment Sisco est-il devenu LOMLA ?
S : Exactement pour les raisons que je viens d’évoquer car nous nous sommes rendu compte que nous montions finalement les morceaux vraiment tous les quatre. C’était mon projet solo mais cela faisait plusieurs années que nous jouions ensemble.
JB : Pour ma part, j’ai commencé en 2020. Nous avions fait une release party juste avant le confinement le 6 mars.
S : Quand nous sommes partis sur un album, nous avons décidé de changer de nom, nous en avons cherché un pendant longtemps, chacun avait son idée et nous avons fini par choisi LOMLA qui vient de notre chanson « Là Où Meurent Les Anges ».
Êtes-vous restés dans la continuité de ce précédent projet ou LOMLA marque-t-il une rupture ?
S : Nous sommes vraiment dans la continuité de ce précédent projet car les acteurs sont les mêmes. Les morceaux présents sur « Benidorm » ont été joués pas mal de fois sur scène avant d’être enregistrés.
Comment définiriez-vous l'univers de LOMLA ?
JB : Pas de dessert !
S : C’est souvent ce que l’on dit, on aurait pu s'appeler PDD mais en anglais, ça sonnait trop comme le rappeur Américain et en ce moment, mieux valait éviter. Dans notre univers, il y a un côté poétique même dans l'engagement. Je trouve que la poésie amène un supplément d'âme à l'engagement ; quelque chose d’impalpable qui est vraiment au-dessus de nous.
Quels thèmes abordez-vous sur « Benidorm » ?
S : Sur cet album, nous parlons notamment de la façon dont les médias s’approprient l’essence des choses un peu comme ils veulent et on remarque qu’il y a globalement une dérive du sens dans l’espace médiatique et politique. Nous abordons aussi le fait de craindre de plus en plus l’autre ; « Risque Zéro » a été écrit pendant le confinement où l’autre devenait un danger. Sur ce disque, nous évoquons aussi l’amour qui n’est jamais ni tout noir ni tout blanc. La chanson qui donne son titre à l’album est une critique de la société capitaliste et sur ce que nous allons laisser à nos enfants.
Pourquoi avez-vous donné le nom d'une ville espagnole à votre album ?
S : Cela vient d’un souvenir d’enfance. J’y suis allé en vacances quand j’étais gamin et Benidorm était vraiment la station balnéaire où les gens ne pensaient plus à rien pendant quinze jours. Il y avait des bâtiments immenses remplis d’Anglais qui se bourraient la gueule en buvant des pintes, ils venaient reproduire ce qu’ils avaient l’habitude de faire en Angleterre en ayant juste plus chaud, on aurait pu se croire à Manhattan mais en bord de mer, c’était absolument immonde alors que le vieux Benidorm est un très joli village. Je trouve que cette ville représente bien la société dans laquelle nous vivons actuellement.
Pouvez-vous nous en dire plus sur votre réinterprétation de « Fantaisie Militaire » d’Alain Bashung ?
S : Nous avons revisité ce titre dans l’esprit de LOMLA. Nous avons vraiment remodelé « Fantaisie Militaire » car même si Bashung est clairement une influence, nous ne voulions pas faire un copier-coller de la version originale.
JB : Nous avons réellement fait une réinterprétation de ce morceau.
S : Nous sommes partis d’un faux accord de David à la guitare, il avait laissé un delay assez long et j’ai commencé à chanter « Fantaisie Militaire » par-dessus. A noter qu’à la fin de cette réinterprétation, nous revenons sur le riff initial de Bashung afin de faire la bascule et rendre à César ce qui lui appartient.
Dans cette chanson, il se demandait quelle était la mission...quelle serait celle de LOMLA ?
JB : En ce qui me concerne, j’ai envie d'offrir au public un espace où l’on peut s’éclater tout en restant dans quelque chose de profond avec de l’engagement et de la poésie, quelque chose de très terre-à-terre, très dans la lutte tout en étant connecté à quelque chose de plus grand que nous ; de spirituel ; mais sous une forme accessible à savoir du Rock ; une musique avec laquelle j’ai grandi, qui bouge et qui passe bien.
S : Si nous sommes passés en studio pour enregistrer ces morceaux, notre mission est presque plus sur live afin d’avoir cette connexion directe avec les gens. Ce qui nous tient à cœur, c’est de réveiller, de secouer les gens afin de les emmener dans notre univers. La période dans laquelle nous vivons est assez sombre et je n’ai pas l’impression que cela va s’arranger, je suis assez pessimiste sur ce qui va suivre et c’est pour cela qu’il faut se soulever, c’est ce que nous avons envie de transmettre.
Qui retrouve-t-on parmi vos autres références pour ce projet ?
JB : Comme ma vie tourne vraiment autour de la musique, de la thérapie et de la communication non violente, j’aurais envie de citer Richard C. Schwartz et Marshall Rosenberg, ce ne sont pas des références pour LOMLA à part entière mais mes engagements personnels font partie prenante du projet car le label qui porte le groupe fonctionne avec cela aussi. Il n’y a pas de dessert mais il y a de la bienveillance.
S : Musicalement, au-delà de Bashung, on retrouve notamment Thiéfaine, The Cure et Nick Cave. Nous faisons du Rock en français mais nous ne nous sommes pas limités à celui des années 90. En termes visuels, nous pourrions très bien nous retrouver dans la bande originale d’un film de David Lynch. Niveau arts plastiques, je pense à Mark Rothko et à cette recherche de la couleur parfaite, il y avait une violence dans ses couleurs que l’on peut retrouver dans notre musique mais je rejoins JB car c’est de la communication non violente, nous demandons de l’engagement mais pas de la violence.
Quelles sont les principales qualités de chacun dans ce groupe ?
JB : Joe est solide, carré et extrêmement brillant. David est très doué à la guitare, précis et solide également. Ils sont honnêtes tous les deux et très sympa. Quant à Séb, il est connecté ; j’ai l’impression que l’on s’allège de choses qui pèsent à travers cette musique en les expiant.
S : JB est travailleur et il nous le montre de plus en plus. Joe a un esprit d’ingénieur, il trouve toujours les solutions, il a un côté persévérant. David est un guitariste hors-pair, c’est un génie musical, nous avons une chance incroyable de l’avoir avec nous.
Quels sont vos prochains projets ?
S : Principalement du live ! La release party se fera le 12 mars à La Dame de Canton. D’autres dates sont prévues notamment des festivals.
JB : Nous avons plein de morceaux qui ne demandent qu’à être travaillés, nous avons déjà probablement deux autres albums d’avance.
S : La chanson « Benidorm » pourrait être mise en images, elle s’y prêterait bien et il se pourrait qu’il y ait des live sessions...
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