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Rencontre avec Donia Berriri et Nosfell au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur le premier album de Septembre Ardent !

Publié le par Steph Musicnation

©Jeremy

©Jeremy

Pourquoi Septembre est-il ardent ?

Donia : Ce titre vient de de la traduction d'une nouvelle de William Faulkner intitulée « Dry September ». Nous nous sommes notamment inspirés des thématiques de cette nouvelle mais pas du tout de l'histoire puisque nous avons écrit une fiction. Cela faisait sens car ça se déroule dans des paysages chauds et désertiques ; probablement au Maghreb même si ce n’est pas précisé.

Nosfell : La traduction en langue française nous a plu, elle nous paraissait plus ouverte, je ne pense pas qu’on aurait baptisé ce projet Dry September. Dans ce nom, on y voir un rapport au feu, celui qui nous consume et celui qui nous nourrit en même temps et cette dualité-là nous a procuré plein d’images.

Comment est né ce projet commun ?

D : Tous les quatre, nous nous connaissons depuis longtemps, il y a déjà eu des collaborations croisées diverses au sein du groupe et à un moment donné, il y a eu une envie de création collective commune.

N : J’avais déjà eu envie de collaborer avec Donia par le passé ; nous nous connaissons depuis une dizaine d’années et nous avons des liens d’amitié très forts, ils sont presque familiaux ; je lui avais envoyé des textes qu’elle avait gentiment mis en musique mais ils étaient restés dans mes tiroirs. J’avais aussi envie de monter un projet à deux avec Jean-Brice. J’ai peut-être impulsé ce projet car je suis un chanteur solo depuis longtemps et comme beaucoup de solistes, j’ai très envie d’expérimenter la sensation de faire partie d’une famille. Les envies et les désirs se sont rencontrés, il y a eu de la réaction et Septembre Ardent est né.

D : Jean-Brice a proposé à Valentin de nous rejoindre et son choix était tout à fait pertinent. Nous sommes partis quelques jours afin de faire un laboratoire sans trop savoir où cela irait et des choses sont sorties de cette résidence. Ce projet est né assez naturellement et simplement.

Qui fait quoi dans Septembre Ardent ?

D : Nosfell est au chant et au synthé modulaire, Jean-Brice Godet est aux clarinettes et aux K7, Valentin Mussou est au violoncelle et aux boîtes à rythmes et moi, je suis au chant et aux claviers. J’ai principalement écrit les chansons mais le projet est collectif et c’est important de le rappeler. Quant aux pièces instrumentales, elles ont été composées vraiment de façon collective. En ce qui concerne les dialogues présents sur l’album, les musiques ont été composées par Jean-Brice et les textes ont été écrits par moi. Nous avons œuvré à quatre pour les arrangements et la construction des morceaux.

Rencontre avec Donia Berriri et Nosfell au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur le premier album de Septembre Ardent !

Pourquoi avoir choisi une nouvelle de William Faulkner comme point de départ ?

N : Cette nouvelle figurait parmi nos lectures du moment…

D : …et nous voulions aborder le thème de la rumeur.

N : Des ateliers ont été développés avec des enfants sur ce thème et j’y ai participé ponctuellement. Comme nous sommes parents, nous réfléchissions beaucoup à tout ce qui à trait à la rumeur et à la réputation au sein de l’école, nous apprenons à nos enfants à être dans l’écoute et dans le soin afin de ne pas rentrer dans la spirale infernale que peut être l’ostracisation/la stigmatisation de quelqu’un. Au-delà de cela, il y a eu un attrait assez formel et esthétique par rapport au titre de cette nouvelle.

Comment vous l’êtes-vous approprié ?

D : A ce moment-là, nous avons eu d’autres lectures, nous voulions travailler sur le thème de la rumeur mais nous ne sommes pas partis de cette nouvelle dont nous n’avons gardé que le titre et la première phrase très universelle et poétique que nous projetons au début du spectacle.

N : Le terme ardent est une manière d’assumer la part de romantisme que l’on retrouve dans notre écriture.

Quels thèmes abordez-vous sur votre premier album ?

D : La rumeur, la réputation, la société de consommation et les lendemains d’une surabondance.

©Alain Smilo

©Alain Smilo

Avez-vous articulé votre album afin de narrer réellement une histoire ?

N : Cet album raconte l’histoire d’une femme qui a été ostracisée, elle retrouve son enfant et elle veut le protéger et le récit se fait sous forme de tableaux. Ce disque est ponctué d’interludes et de dialogues entremêlant français et arabe qui ne manquent pas de délicatesse.

Comment retranscrivez-vous scéniquement ce disque ? Le live a-t-il un côté immersif ?

N : Pour l’instant, nous avons opté pour quelque chose d’assez simple. Il y a une certaine dynamique à dompter un petit peu sur la longueur du spectacle car il y a des choses très silencieuses et d’autres très sonores. Le public assiste à une sorte de dialogue et on lui propose d’y rentrer petit à petit. Nous utilisons notamment des images pour essayer d’ouvrir la réflexion. Sur scène, nous sommes dans un interstice ; culturel, géographique et social. Au début ça paraît un peu sibyllin ; mystérieux ; mais au bout d’un moment, les questions s’ouvrent et en cela, il y a quelque chose d’immersif.

D : Nous avons des envies mais pour l’instant, nous n’avons pas eu le temps nécessaire pour les travailler au plateau. En tout cas, la forme sur scène respecte tout à fait celle du disque. Contrairement aux concerts classiques, nous ne nous arrêtons pas entre les morceaux pour parler au public, nous tenons notre fil narratif de manière très simple ; sans mise en scène à proprement parler.

N : Il y a des ouvertures, des plages d’improvisation ; d’autant que Doria, Jean-Brice et Valentin sont issus du Jazz ; et le corps qui est actionné parfois par la voix ou par la musique.

Vous verriez vous emmener Septembre Ardent à Avignon afin de pousser le côté scénique et développer le lien avec le public ; dans le sens du dialogue après les représentations ?

D : Je trouve que ça serait pertinent et j'imagine que ce n’est pas un hasard si la chargée de diffusion avec laquelle nous travaillons vient du théâtre. Elle nous a vus interpréter deux chansons dans un petit club, elle a eu un coup de cœur et je pense qu’elle voit cette dimension théâtrale qui pourrait être encore plus développée.

©Alain Smilo

©Alain Smilo

Pensez-vous déjà à un second projet ? Sera-t-il aussi basé sur une nouvelle ?

D : Oui, nous réfléchissons déjà à un second projet mais il ne sera pas basé sur une nouvelle. Nous allons garder le nom ; ça c’est certain ; et je pense que nous allons tirer les fils de cette fiction et de ces personnages.

Comment qualifieriez-vous l'univers de Septembre Ardent ?

D : Immersif, sur le fil et poétique.

N : Kaléidoscopique, imagé, intense et chargé émotionnellement et politiquement.

Quels sont vos prochains projets ?

N : Le projet est d’arriver à faire tourner Septembre Ardent sur des scènes un peu hybrides.

D : Nous serons en concert les 14 et 15 novembre à La Gare – Le Gore dans le 19ème arrondissement à Paris. Une seconde session acoustique sortira d’ici la fin de l’automne. Afin de développer le live en 2026, nous aimerions étoffer l’aspect scénographique et scénique et nous allons gentiment commencer à écrire la suite car nous avons tous des projets en parallèle et nous avons aussi envie de laisser le temps à cet album de vivre.

Rencontre avec Donia Berriri et Nosfell au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur le premier album de Septembre Ardent !
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