Retrouvailles avec Peter Cincotti afin d’en apprendre plus sur « In Color : Part Two » !
Pourquoi as-tu choisi de dévoiler ton nouveau projet en plusieurs étapes ?
« In Color » est mon projet le plus collaboratif à ce jour et comme il est très vaste, j'ai eu à cœur de le diviser en trois parties. Pour moi, c’est une nouvelle façon de sortir de la musique, tout en intégrant cela dans un concept qui a du sens.
As-tu conçu chaque EP comme une période distincte ; à la manière de certains peintres ?
Chaque EP possède son propre thème et sa propre couleur, ce qui s'inscrit naturellement dans le concept chromatique global. Ma démarche, pour déterminer quels morceaux iraient bien ensemble sur chaque disque, a été guidée par l'instinct et le ressenti. J'ai vraiment hâte de sortir le troisième volet ; dont je ne révélerai pas encore la couleur ; car je pense que l'ensemble forme un tout très cohérent.
Pourquoi la première partie était-elle rouge et la seconde jaune ? Que symbolisent ces couleurs pour toi ?
Le rouge m’a semblé être le choix idéal pour débuter ce projet en trois volets. Le rouge est une couleur un peu plus lourde avec de la profondeur et cela allait très bien avec les chansons du premier EP. Quant à la seconde partie, elle est jaune car elle est plus lumineuse, c'est une sorte de récapitulatif de l'été ; ce nouvel EP regorge de remixes très dynamiques qui explorent des styles variés allant de la Dance à l'EDM en passant par un remix Turc et des morceaux pleins d'énergie qui semblent s'accorder avec cette couleur.
Quelle serait ta couleur préférée et pourquoi celle-là ?
J'ai toujours aimé la couleur rouge mais je ne saurai l’expliquer. Ma préférence va vers un rouge profond, un rouge sang plutôt qu’un rouge vif sans aller jusqu’au bordeaux. Je me souviens avoir été très exigeant quant à la nuance de rouge choisie pour la pochette et pour le vinyle.
« Savannah » et « Night In Italia » apparaissent sur les deux premiers volets...ces chansons constituent-elles un « fil conducteur » ?
Je pense qu'une partie de mon objectif, au fil des albums que j'ai réalisés ; et pas seulement celui-ci ; consiste à relier des fils invisibles. Tout le monde perçoit la musique en termes de genres et de styles alors que je ne l'ai jamais envisagée ainsi. Pour moi, c’est tout simplement de la musique. Il y a de la bonne et de la mauvaise musique mais la question des catégories ne m'a jamais préoccupé tout au long de ma carrière. Dans l'écriture, j’aime puiser des éléments dans le Jazz, la Pop, le Funk afin de créer quelque chose de personnel à partir de tout cela. Mes influences sont vraiment très variées. Par exemple, j'ai repris « Poker Face » de Lady Gaga sur l'un de mes albums et c'était une version totalement décalée, très différente du morceau original. L'une des choses qui m'intéressait, c'était d'appliquer cette démarche à mes propres chansons. Si je peux sortir un morceau en version Pop, pourquoi ne pas en proposer une autre version peut-être instrumentale au piano comme ça a été fait pour « Was It Love ? » qui est sorti également dans une version Turque, ce qui m’a permis de m’affranchir des contraintes de style. J’ai repris « Night In Italia » ; le classique d' Ivano Fossati ; en le réinventant totalement sous forme d'adaptation anglaise ; il ne reste que quelques traces de l'original ; j’ai transformé ce morceau en quelque chose qui m'est propre avant d'en faire une nouvelle version. C'est un peu comme un alcool distillé trois fois ou vieilli en fût pendant un an : c'est le même vin, et pourtant, ce n'est plus le même. Je trouve fascinant d'appliquer ce concept à la musique.
Sur « Ghost Of My Father », tu chantes en français avec Anne Sila, parles-tu notre langue ou as-tu appris les paroles de manière phonétique ?
Au début, j'ai dû apprendre de manière phonétique, puis j’ai cherché à en comprendre le sens ; Anne a fait preuve d'une grande bienveillance en m'enseignant tout cela, du sens jusqu'à la prononciation. J'ai vraiment apprécié sa façon de traduire les paroles : elle n'a pas opté pour une traduction littérale, mais pour quelque chose de bien meilleur, plus adapté à la langue française et empreint de poésie. Il a fallu que j'apprenne le texte, que je le chante, que je m'exerce et pour être honnête, je ne le maîtrise pas encore tout à fait parfaitement.
Sur la deuxième partie d’« In Color », il y a une version turque de « Was It Love ? », y-aura-t-il encore une autre langue sur la troisième partie ?
Il faudra attendre la parution du troisième EP pour le savoir !
Quelles thématiques abordes-tu dans ce projet ?
Il y a beaucoup de thèmes différents tout au long de ces trois EPS, il est question notamment de paix, du fait d’être attiré par l’énergie d’une personne, de deuil, du fait de tomber amoureux et de perdre cet amour, d’engagement... Le projet comporte vraiment trois volets distincts, j’ai commencé par l’aspect romantique puis j’ai enchaîné avec la dimension joyeuse et festive avant d’aborder...vous le découvrirez lors de la parution du troisième EP !
Lors de ta première interview avec nous, tu nous avais parlé d'EDM et il y a un remix dans ce style sur le deuxième volet d’« In Color » ; quel a été le premier morceau de musique électronique auquel tu as vraiment accroché ?
Waouh, ma première expérience en la matière a eu lieu ici, en France, avec la chanson « Love is Gone » de David Guetta, il y a une vingtaine d'années. Je participais à l'émission Taratata et on m'avait demandé d'interpréter une reprise. Je voulais choisir un titre populaire à l'époque ; j'ai entendu ce morceau d'EDM et j’ai été immédiatement bluffé ; à cette époque-là, David Guetta n'était pas encore une star mondiale ou en tout cas, je ne le connaissais pas. J'ai entendu des accords et une musicalité qui ont résonné en moi. C'était nouveau pour moi, car je n'écoutais pas vraiment ce genre de musique auparavant. J'ai réalisé un arrangement très différent en faisant la part belle au piano, je l’ai joué sur le plateau de Taratata et c'était vraiment génial. David Guetta a vu la prestation à la télévision et il a dit qu’il n’arrivait pas à croire ce que j’avais fait de sa chanson. Par la suite, nous avons participé ensemble à Star Academy, lui aux platines et moi au piano à queue et c'est là qu'a commencé une sorte de dialogue entre son univers et le mien. On a tendance à penser qu'ils sont très différents et ils le sont à bien des égards mais il existe de nombreuses façons intéressantes de faire le lien entre ces genres.
En tant que pianiste talentueux, que penses-tu de l'émergence de l'IA dans la musique ?
Les gens l'utilisent, que cela nous plaise ou non. Nous vivons une époque inédite à bien des égards. Nous ne savons pas vraiment à quoi nous attendre pour l'avenir ni quelle place prépondérante cela prendra. Toutefois, ce serait se leurrer que de penser que cela ne jouera pas un rôle majeur dans la création. Peut-être, avec un peu de chance, cela servira-t-il avant tout d'outil à l'instar d'une boîte à rythmes, d'un clavier ou de tout autre équipement électronique. La technologie et la musique suivent des trajectoires parallèles depuis longtemps déjà. À bien des égards, la situation est donc similaire, mais elle diffère aussi considérablement en raison de la puissance exponentielle de ces nouveaux outils. Il sera intéressant de voir ce que nous réservent les années à venir ; j'essaie d'aborder la question avec optimisme tout en restant réaliste. Après tout, on ne peut pas arrêter le progrès ; il est impossible maintenant de faire rentrer le génie dans sa lampe.
Quels sont tes prochains projets ?
La troisième partie sortira courant 2027. Je reviendrai faire un concert à Paris mais en attendant, vous pourrez me retrouver le 13 octobre à l’Espace Carpeaux à Courbevoie. Des images de toutes sortes sont prévues dans les prochains mois sur mes réseaux sociaux et sur ma chaîne YouTube.
Écoutez In Color: Part Two sur Spotify. Peter Cincotti · EP · 2 026 · 6 titres.
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