Retrouvailles avec HYL au Studio Luna Rossa à l’occasion de la parution de « La Vie En Jaune » !
Comment expliquerais-tu que « J’En Parle Pas Trop » soit sorti aussi rapidement après « Train De Nuit » ? As-tu ressenti une forme d'urgence à ce moment-là ?
J’avais besoin de passer au projet suivant car « Train De Nuit » faisait quand même encore partie de mon disque « Les Croisements » ; il ne figurait pas dessus en digital mais nous l’avions inclus sur les versions physiques que ce soit en CD ou en vinyle. « Les Croisements » représente un passage assez lourd dans ma vie, j’y raconte des périodes où je n’allais pas bien et j’ai eu envie de passer à l’étape d’après à savoir ce qui étaient les prémices de « La Vie En Jaune ». J’ai trouvé ça cool de sortir « J’En Parle Pas Trop » à ce moment-là car c’est l’un des premiers titres qui m’a fait basculer dans l’étape d’après. Nous n’avons pas précipité les choses mais j’ai trouvé cela logique, j’ai dit à mes équipes que je voulais montrer aux gens qu’une nouvelle couleur s’installait ; le processus créatif était différent et ce n’était pas le même réalisateur musical. « J’En Parle Pas Trop » a ouvert le bal pour la suite.
Pourquoi la vie en jaune et non en rose ?
Pour mon irrésistible casquette jaune que j’ai toujours sur la tête et qui me différencie de Yoann dans la vie de tous les jours ; la casquette jaune d’HYL est un peu mon costume à moi. Par ailleurs, le jaune est la couleur du renouveau, de l’espoir, du sourire et pour avoir beaucoup travailler sur les couleurs dans le graphisme, nous l’utilisions pour cela. J’aime bien être associé à cette couleur. Après « Les Croisements » qui explorait les questionnements, « La Vie En Jaune » est une mixtape de réparation car je vais mieux, j’ai retrouvé le sourire, j’ai repeint ma vie en jaune et c’est reparti.
Qu'as-tu affiné selon toi sur ce disque ?
J’ai repris plaisir à faire de la musique avec ce disque car je m’étais un peu perdu avec « Les Croisements » ; je m’étais posé trop de questions car nous voulions faire un projet cohérent avec une histoire et une direction artistique. Alors que mon précédent disque avait été dur à faire et à défendre, j’ai eu envie de retourner écrire des titres sans me poser des questions, j’ai eu besoin de vider tout ce que j’avais en moi, j’ai testé des choses et des styles notamment le fait de chanter plus et je n’ai plus eu peur d’aller vers la Pop. Il y a eu un vrai melting-pot dans la création et c’est quelque chose que j’ai vraiment kiffé. L’équipe a été réduite sur ce disque que j’ai fait principalement qu’avec les deux musiciens qui jouent avec moi sur scène. Je me suis senti beaucoup plus libre sur « La Vie En Jaune » qui est pour le moi le disque qui me ressemble le plus et qui est le plus cohérent car nous l’avons fait ainsi sans nous poser trop de questions. En écoutant cette mixtape, je trouve que l’on ressent que l’on a kiffé la faire et c’est important quand on fait de la musique.
Que t’a permis ce premier long format ? As-tu pu développer plus un concept, une narration... ?
A la base, il ne devait pas être aussi long mais après avoir notamment monté un label, nous avons du choisir entre sortir moins de singles ou mettre plus de titres sur le disque et comme je ne voulais vraiment pas enlever des singles, nous avons mis plus de morceaux sur la mixtape d’autant que nous en avions fait plein qui étaient super. En outre, je n’avais pas encore envie de faire un album, il fallait que je passe par cette mixtape sur laquelle chaque titre a été fait en étant pensé comme tel sans se prendre la tête ; sur le moment, nous n’avons pas réfléchi à savoir s’ils allaient ensemble ou pas mais j’ai eu envie de faire chacun d’eux et ces douze morceaux étaient les meilleurs. Il se trouve que c’est Hoodie Boy qui a réalisé ce disque avec moi en studio et il y a sa patte sur cette mixtape, c’est aussi pour cela que ces titres vont très bien ensemble même si on fait le grand écart entre les styles sur « La Vie En Jaune ». Je trouve que cette mixtape a affirmé ma patte, j’avais besoin de cela avant de mettre sur un premier album sur lequel nous commençons à travailler. Pour moi, une mixtape est un rassemblement de nouvelles alors qu’un album est un vrai roman et j’ai eu besoin de passer par cette étape-là.
Quelles thématiques abordes-tu sur « La Vie En Jaune » ?
Comme « La Vie En Jaune » illustre tout un processus de réparation, j’y parle de pas mal de choses notamment des mots qui restent bloqués au fond du ventre, de rupture, de dépression, du quotidien dans lequel on peut s’enfermer mais également de lâcher prise, du travail à faire sur soi-même afin d’aller mieux, de la planète, d’évasion et d’amitié.
Peux-tu nous présenter Killa Taki avec qui tu partages un duo sur « Regarde (Mirá) » ? Pourquoi as-tu voulu mêler deux langues sur ce morceau ?
Killa Taki est ma petite sœur qui vit en Colombie, nous ne sommes pas du tout de la même génération, nous avons plusieurs années d’écart mais elle vivait un peu la même période que j’ai vécue au moment où je me réparais, elle est arrivée à la fin du processus créatif et moi, j’étais là en tant que grand frère pour l’aider à aller mieux. Nous nous sommes retrouvés en résidence ensemble car elle ne me quittait pas et j’ai trouvé super logique d’interpréter ce morceau ensemble. Ma petite sœur m’a parlé de la faune et de la flore qui sont attaqués par des états plus puissants en Colombie alors qu’elle est très sensible à l’écologie d’autant qu’elle fait partie de cette génération qui est née avec la pollution et le réchauffement climatique ; ils ont une sensibilité que je n’avais pas au même âge ; et j’ai trouvé ça super de lui proposer de partager ce morceau qui est un peu un cri d’alerte sur le climat avec des sonorités Espagnoles, de la danse et de l’énergie car c’est ce que nous avions envie de mettre dedans en plus d’un message fort ; peu importe notre génération ou l’endroit où nous vivions, il va falloir regarder ce qui nous entoure car nous allons dans un mur.
Le morceau « Pupilles Dilatées » a-t-il plusieurs sens ?
C'est un morceau que j'ai commencé à écrire à Paris en m’imaginant à la terrasse d'un café parisien en train de regarder les gens rentrer du taf à 18/19 h comme des zombies avec les yeux éclatés à cause des écrans d’ordinateur et de téléphone et plus tard, vers 04h du matin, les mêmes personnes rentraient les yeux explosés mais cette fois de la soirée parce qu’elles étaient allées se vider la tête. Cette chanson est née du constat un peu fou que les gens s’enferment dans des quotidiens qu’ils ne veulent pas puis boivent et font la fête pour oublier cela. J’ai trouvé que la symbolique de l’image des pupilles dilatées était assez forte pour faire le parallèle entre tout cela. Par ailleurs, on peut y voir un parallèle avec la drogue qui dilate les pupilles mais aussi avec les gens qui sont complètement drogués à leur taf et qui ne sortent pas de ça, ils ont les pupilles explosées comme s’ils étaient drogués par leur propre vie. Dans cette chanson, il y a un clin d’œil au milieu nocturne et à notre quotidien et au fait que nous ne nous rendons pas compte que tout cela est une drogue d’une façon ou d’une autre et que cela peut être tout aussi néfaste.
S'il y avait un message à retenir de « La Vie En Jaune », quel serait-il ?
T'inquiète, on touche tous le fond un jour ; malheureusement, ça arrive à tout le monde ; mais on se relève car il y a toujours de la lumière au bout du tunnel. Il faut y croire, recommencer et c'est d'autant plus beau quand on se relève.
As-tu pensé directement cette mixtape pour le live ? D’un point de vue musical, c’est très rythmé, cela pourrait même donner lieu à des remixes très dancefloor...
Au moment de la composition, il m’est impossible de ne pas imaginer les morceaux pour le live car je suis un artiste qui fait tout ça pour la scène. Certaines versions sorties ne sont pas les mêmes en live car nous les retravaillons. J’aime que les gens ressentent des émotions sur des morceaux plus calmes mais aussi qu’ils puissent vider les batteries, transpirer et danser dans tous les sens durant les concerts et des morceaux tels que « PGCAP » et « Pupilles Dilatées » ont été pensés dans ce sens ; je suis très content des versions que nous jouons sur scène et elles marchent très bien.
Qu'est-ce qui te ferait quitter Toulouse pour revenir à Paris ? L'envisagerais-tu ?
Non, je ne l'envisagerais pas. J'ai goûté à Paris, j'adore cette ville dans laquelle j’ai vécu presque six ans mais quand HYL est vraiment devenu mon métier, je me suis rendu compte que j’étais tout le temps sur la route et que je ne m’arrêtais jamais. Ce métier-passion est hyper prenant mais aussi très fatigant, je ne voyais pas beaucoup mon appart et je me suis dit que ça devenait absurde de payer un loyer parisien. Par ailleurs, quand je rentrais de tournée, j’avais envie de calme et d’un jardin, c’est pourquoi je suis retourné vivre en banlieue toulousaine là où j’ai grandi. Je n’avais plus envie d’être dans la tentation parisienne, le brouhaha et cette vie qui ne s’arrêtait jamais à Paris car la mienne ne se s’arrête déjà jamais et cet apaisement retrouvé allait avec cette réparation que j’évoquais plut tôt. J’avais besoin que mon cocon soit un endroit calme où j’entends les oiseaux mais je reviens très souvent à Paris qui est ma deuxième ville. Mes meilleurs copains vivent à Paris, j’ai un très grand attachement à cette ville mais pour ma santé et mon repos, je suis très bien à Toulouse.
Quels sont tes prochains projets ?
La release party parisienne se fera le 06 novembre au Point Ephémère et celle à Toulouse aura lieu le 26 novembre au Flashback Café. Il devrait y avoir une live avec des cordes de « 27 Octobre ». Une première partie de La Rue Kétanou est prévue le 17 décembre à Emergence à Montauban. La tournée pour défendre « La Vie En Jaune » sur scène reprendra au printemps/été 2027. J’écris déjà pour la suite et idéalement, un album verrait le jour d’ici le printemps 2028.
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HYL - Pupilles dilatées (Lyrics video)
Oui, on a divisé la vitesse du morceau par 4, et je l'ai chanté pendant pas loin de 15 minutes, un samedi après-midi en plein Toulouse. Tout ça pour avoir ce rendu. 😳 "Pupilles dilatées" di...
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