Retrouvailles avec Sophie de Quay au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur « Eclipse » !
« Eclipse » fait suite à « Soleil Intérieur » paru en novembre 2023, ces deux disques sont-ils liés ? C’est en tout cas ce que pourrait laisser sous-entendre leurs titres...
Sophie : Effectivement, ces deux disques sont liés. Alors que notre EP reflétait vraiment notre face solaire, nous avons eu envie de dévoiler une autre part de nous sur l’album dont le titre illustre la rencontre de l’ombre et de la lumière. « Eclipse » renvoie aussi au fait d’assumer, d’apprivoiser et de transformer nos zones d’ombre en lumière ; nous trouvions que ce sujet était important.
Simon : Nous avions aussi envie de parler de notre complicité car notre dualité et notre complémentarité font partie des spécificités de notre projet. Nous avons voulu reprendre le symbole de l’éclipse qui est la rencontre de deux astres qui créent quelque chose de magique et de beau ; ces deux énergies se mélangent pour créer un momentum qui donne envie de s'arrêter dessus ; car nous avons mélanger nos deux énergies dans cet album.
« Eclipse » est-il plus sombre que son prédécesseur ?
Sophie : Ce disque n’est pas sombre mais il est encore plus intime. Il est toujours plus facile de se montrer sous son bon jour ; même si on n’a pas forcément envie de sourire quand on a le blues ; que de dévoiler ses fragilités et nous parlons de cela dans « Eclipse ».
Simon : Ce disque est une continuité de ce qui a été amené par « Soleil Intérieur ». Nous avions changé de direction artistique avec notre EP et l’album est un affinement de cela ; nous sommes allés plus loin dans cette démarche-là et c’est aussi pour cela que nous avons repris certains titre de « Soleil Intérieur » qui ont été parfois retravaillés.
Ce nouvel album vous raconte-t-il encore plus en tant que couple que vos précédents disques ?
Sophie : Je crois que c’est notre album le plus vrai et le plus intime, nous y assumons complètement notre couple. Il faut savoir qu’au tout début du projet, les labels nous disaient qu’il ne fallait surtout pas parler du couple, il ne fallait même pas montrer que nous étions en couple, il ne fallait pas que ça se sache car ce n’était pas sexy soi-disant et à cette époque-là, nous ne savions pas trop comment nous positionner par rapport à cela mais nous nous sommes rendu compte que notre couple était notre force. Si on occulte le regard des labels et que l’on prend en compte celui du public car c’est pour lui que nous faisons de la musique, voir qu’il y a de l’amour, ça fait du bien dans ce monde de fous alors pourquoi ne pas l’assumer alors que c’est vraiment notre moteur ; nous pouvons faire ce métier car nous sommes drainés par cela.
Simon : Notre couple est notre force principale et c’est ce que nous avons voulu mettre en avant alors que l’on n’en parle plus assez dans l’air du temps. Nous n’avons pas voulu surfer sur une tendance, nous avons simplement cherché à exprimer ce que nous vivons au quotidien car nous arrivons à avancer grâce au fait que nous sommes deux. Autour de nous, il y a beaucoup de couples qui travaillent, se développent et créent même des business ensemble et ils s’en sortent même mieux qu’en solo. Wallace Wattles avait dit que seul, on va plus vite mais qu’ensemble, on va plus loin et je pense que c’est vraiment le cas.
Sophie : « Comment vous faites ? » est en général la première question que l’on nous pose car on passe énormément de temps tous les deux et c'est vrai qu'il y a des couples qui ne pourraient pas travailler ensemble. Dans notre cas, nous avons commencé par faire de la musique ensemble et après, nous sommes tombés amoureux et c'est notre force.
En référence au titre de l'une de vos nouvelles chansons, diriez-vous que chacun a mis de sa lumière dans la part d'ombre de l'autre depuis votre rencontre ?
Sophie : Tout à fait. J'ai pu prendre ma lumière sur scène et dans cette vie d'artiste car j’ai trouvé de la confiance et de la validation dans les yeux de Simon. Quand je l'ai rencontré, je n’osais pas me lancer, je ne savais pas comment faire, je n’avais pas confiance en moi mais le fait que Simon me dise qu’on allait créer un projet ensemble, cela m’a fait prendre conscience que c’était possible, il croyait en moi et cela m’a permis de croire en moi-même.
Simon : J’ai vécu la même chose mais à l'opposé car pendant toute ma carrière, avant de rencontrer Sophie, j'étais accompagnateur d'artistes, j'avais mon projet solo mais aussi un très grand manque de confiance en moi et pas mal de stress en ce qui concernait le chant lead. Sophie m'a toujours mis en avant, elle m’a toujours dit que j’avais quelque chose à offrir et je pense que c'est cette lumière-là qui m'a donné envie d'oser et de me lancer. Le fait qu’on le fasse à deux, ça change tout pour moi car on a toujours un parachute de secours s'il y a quelque chose qui ne se passe pas comme on le voudrait. Le fait d'avoir quelqu'un à nos côtés qui nous rassure en nous disant que c’est bien, qu’il faut continuer, c'est indispensable d’autant plus quand cette personne le fait avec amour et bienveillance. Je pense qu'il y a énormément d'artistes qui manquent de ça alors que le fait de vivre cela en couple, c’est une force extraordinaire dans ce métier.
Sophie : Simon prend beaucoup plus de lumière sur « Eclipse » car il y a beaucoup de chansons en duo et même sur scène, c'est encore plus un octopus qu'avant car il a rajouté encore des instruments.
Simon : On se donne la lumière mutuellement en complémentarité car on a chacun notre place. Ces lumières se servent et elles ne s'éteignent pas.
Quels thèmes abordez-vous sur cet album ?
Sophie : L'ombre et la lumière, l’amour pour soi, le fait d’assumer ses faiblesses et ses fragilités, l’hypersensibilité. Il y a une chanson d’amour pour ma maman, une aussi pour la petite sœur adoptée que je n’ai jamais eue finalement et une pour Simon qui est également destiné à notre public ; car si nous arrivons à continuer ce métier, c’est parce que nous sommes portés par un public incroyable. La question du temps est abordée également sur cet album tout comme la chine et moi-même en tant qu’enfant expatriée.
Simon : Nous parlons aussi du fait de s’accepter tel que l’on est. Ce sont des thèmes assez universels qui nous touchent car nous sommes toujours dans cette quête d’équilibre qui nous définit ainsi que notre génération.
Pouvez-vous nous en dire plus sur votre collaboration avec François Welgryn ?
Simon : Nous avons co-écrit l’album avec François Welgryn qui a écrit six chansons. Il a décelé chez nous les thématiques que nous venons d’aborder sans que nous n’en parlions vraiment. Nous avons beaucoup échangé ensemble, il nous a posé des questions très personnelles auxquelles nous avons répondu, c’était un peu comme une séance de psychanalyse.
Sophie : Nous avons ri, nous avons pleuré, c’était vraiment particulier.
Simon : Contrairement à nos précédents disques où nous avions écrit sur des sujets dont nous voulions parler, pour celui-ci, c’est François qui nous a proposé des thèmes après avoir découvert nos personnalités. Je trouve que le processus a été vraiment intéressant et c’est aussi pour cela que nous trouvons que c’est l’album qui nous ressemble le plus. Ce disque s’est écrit « tout seul » par rapport à nos chemins de vie.
Comment sont nés vos duos avec Charlie et Matthew Caws de Nada Surf ?
Sophie : Quand j’ai écrit « Confession d’une Hypersensible », j’ai dit à Simon que nous ne pouvions pas en faire une chanson car ce texte est tellement personnel que l’on pourrait croire qu’il est extrait d’un journal intime mais il m’a répondu que nous allions le mettre en musique et qu’il allait résonner chez des gens.
Simon : Il y avait tout le texte ; que je trouve magnifique ; mais il manquait un gimmick ; quelque chose qui revient et qui résume tout cela. Nous avons écrit le refrain ensemble après coup.
Sophie : Alors que j’étais sur Instagram, j’ai découvert le profil de Charlie, j’ai écouté sa voix, j’ai aimé ce qu’elle dégageait d’après les images que j’ai pu voir et j’ai eu envie de la contacter car j’étais sûre que sa sensibilité irait bien sur cette chanson. Charlie est venue chez nous afin de faire un test que nous avons envoyé à son label pour validation et c’est ce que nous avons gardé sans rien retravaillé car c’était de l’émotion brute ; la seconde version était beaucoup plus lisse. « Confession d’une Hypersensible » résonne chez plein de gens ; elle a dépassé les 600 000 écoutes sur les plateformes digitales ; et j’en suis très contente car je ne pensais pas que ça pouvait devenir une chanson. Je reçois beaucoup de témoignages de personnes qui se sentent moins seules grâce à cette chanson et qui m’en remercient. Charlie est venue faire des premières parties en Suisse et elle était présente sur scène à nos côtés aux Etoiles pour notre release party. C’est une belle collaboration qui va durer. Quant à Matthew Caws, c’est complètement insolite. J’ai fait le lycée Français à New York où j’ai vécu de mes 12 à 16 ans, nous y avons été invités il y a deux ans pour faire un concert et Matthew Caws qui avait étudié aussi dans ce lycée ; bien avant moi ; se produisait également sur scène. Matthew m’a invité à chanter « Always Love » avec lui et je lui ai proposé de faire de même sur « Héros ». Nos voix ont bien matché et il y a eu un lien humain également. Comme ça a été tellement chouette sur scène, je lui ai demandé s’il serait d’accord pour enregistrer ce duo ; Matthew a enregistré sa voix dans son studio à Londres et j’espère que nous le ferons sur scène ensemble prochainement. C’est une belle histoire qui n’a pas du tout été préméditée.
Quel titre présent sur « Eclipse » a-t-il le plus de sens à l'heure actuelle pour chacun de vous ?
Simon : J’ai envie de dire « Notre Nom ». Si nous nous sommes mariés il y a environ un an, nous allons bientôt célébrer nos dix ans de couple et pour moi, c’est omniprésent dans ma vie, dans ma tête et dans mon cœur.
Sophie : Surtout que Simon a pris mon nom à la scène comme à la ville et c’est assez insolite.
Simon : Musicalement et en termes de texte, « Mes Espaces Libres » me touche énormément aussi car en trouver est une recherche quotidienne tout comme le fait de me laisser le droit de les vivre car on a tendance à se surcharger de travail.
Sophie : Pour moi, ce serait « Ma Part d'Ombre » car je suis très sensible d'autant plus à ce qui se passe dans notre monde et parfois, j’arrive à me demander comment les gens peuvent être aussi fous et comment certaines choses peuvent exister. Dans cette chanson, nous acceptons qu’il y ait des parts d’ombre dans le monde ou personnellement tout en essayant de voir la lumière et en transmettant des choses positives. Ces parts d’ombre nous construisent, elles nous font grandir et elles permettent ensuite à la lumière de briller.
Quels ont été les retours les plus marquants de vos proches sur cet opus très personnel ?
Sophie : Nous avons reçu beaucoup de messages très touchants de nos fans et de nos proches. Mon père qui est très pudique sur ses sentiments a dit que c'était un album merveilleux d'intelligence et de sensibilité. quelque chose comme ça. Il ne me l’a pas dit à moi directement mais sur un groupe destiné à la famille élargie. Beaucoup de personnes nous ont dit que cet album avait touché des choses très profondes chez eux. J’ai l’impression que des personnes vont plus accepter leurs parts d’ombre après avoir écouté notre album...si on peut réussir à débloquer quelque chose comme ça, c’est énorme.
Simon : Chaque chanson a eu son écho et j’ai trouvé ça beau. Pour moi, c’est un super retour car cela signifie que nous avons réussi à mettre une part de nous dans chacune des chansons et que chacune à sa place, son histoire et sa vie à vivre.
Que gardez-vous en tête de votre release party organisé aux Etoiles le 6 novembre ?
Sophie : Nous avons décidé de faire un vrai show plus qu’un concert et ça a été audacieux de notre part. Sur scène, il y avait deux danseurs qui ont interprété la musique avec leurs corps et il y avait des jeux de lumière en relation avec le titre de notre album. Il y avait une vraie mise en scène.
Simon : Les danseurs ont interprété les chansons avec des lampes et un miroir afin qu’il y ait tout un jeu d'ombre et de lumière, ça se voulait très figuratif.
Sophie : Alors que l’album n’était pas sorti depuis longtemps, le public chantait déjà les chansons avec nous. Une quinzaine de personnes a fait le déplacement depuis la Suisse, cela signifie qu’elles ont pris leurs dispositions notamment au travail pour être là car elles savaient que c’était important pour nous. Comme nous avons fait un co-plateau avec Léonard Lasry, il y avait également plein de nouveaux visages et à la fin, son public est venu nous dire que nous avions été une très belle découverte. Nous avons encore des étoiles dans les yeux.
Simon : Je garde en tête le très beau retour d’Almée qui m’a dit qu’elle avait hâte de nous voir sur scène et qu’elle avait découvert un véritable univers.
Sophie : Je suis sortie de scène en me disant que la mission était accomplie car ça avait resonné. Par contre, je ne risque pas d’oublier qu’à l’avant-dernière chanson, ils ont dit dans le micro que nous avions dépassé l’heure et ils nous ont empêchés de faire les deux dernières chansons alors que nous avions loué la salle. C’était complètement improbable. Nous devions terminé par la chanson « Parce que t’es là » qui était destiné à notre public et c’est lui qui l’a chanté à notre place. Ils étaient devant avec leurs T-shirt « Eclipse », ils ont sorti leurs téléphones, ils ont chanté « Parce que t’es là » et ce moment-là a été extraordinaire.
Quels sont vos prochains projets ?
Sophie : Pour noël, nous allons sortir une reprise de la chanson « Y’a Pas de Retraite pour les Artistes » de Gauvain Sers enregistrée avec ma maman ; Carole de Quay. La tournée va se poursuivre en Suisse, en France et au Luxembourg ; des dates sont prévues jusqu’en juin. Nous jouerons notamment à Paris au Solo le 18 février et nous ferons notre release party en Suisse le 27 février au Montreux Jazz Club Millennium à Lausanne. Nous aimerions proposer une réédition de l’album d’ici l’été avec des duos enregistrés avec des artistes coups de cœur et quelques inédits. Il est question que « Shanghai » ; qui a un gros potentiel ; soit traduit en chinois afin de faire un duo avec un artiste connu là-bas. J’aimerais beaucoup mettre en images « Wrong Train » qui compte beaucoup pour moi mais pour le moment, c’est « Notre Nom » qui va être travaillé en radio.
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Sophie de Quay & @charliemusique - Confession d'une hypersensible (Clip officiel)
Sophie de Quay & Charlie - Confession d'une hypersensible (Clip officiel) Nouvel album ÉCLIPSE : https://kuronekomedia.lnk.to/Eclipse-SDQ Abonnez-vous aux réseaux de Sophie de Quay: Facebook : ...
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