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Rencontre avec Nedjma au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur le premier album de La Belle Autre !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Ben Lelong

(c) Ben Lelong

Peux-tu présenter la Belle Autre à nos lecteurs ?

Ce groupe ; qui est pas mal Tourangeau ; existe depuis 2018, j’en suis à l’origine avec Mathias qui est mon compagnon et donc aussi, mon co-parent, mon collègue et mon co-compositeur. Quand nous avons ressenti l’envie de créer ce projet, nous avons écrit pas mal de titres en amont et ensuite, nous avons convié des musiciens que nous avions rencontrés sur notre chemin dans le cirque ou dans la musique ; il faut savoir qu’avec Mathias, nous venons des arts du cirque. Nous sommes allés chercher des gens que nous aimions tant sur le plan artistique que sur le plan humain et nous les avons réunis autour de ce répertoire que nous avions créé. Tatiana Paris est à la basse, Marine Flèche qui était à la batterie et qui a eu son importance dans la créativité du groupe a été remplacée par Pauline Bourguère, Aymeric Thuillier est à la trompette et au bugle, Mathias est aux Rhodes, MS20, Juno, kayamb et sifflés et pour ma part, je suis au chant, à l’écriture et à la co-composition avec Mathias. Nous sommes accompagnés maintenant par Igor Moreno qui est au son.

D'où vient ce nom de groupe?

L’une des inspirations vient de Ludovic Debeurme qui est un auteur de bande dessinée à l’univers un peu torturé et en même temps très fantastique ; Il a fait plein de séries de BD et quand je suis tombée dedans, j'ai été fan notamment de celle qui s’intitule « Le Grande Autre » car ce qu’elle racontait m’a vraiment parlé, j’ai trouvé ça très beau. Par ailleurs, je trouvais que La Belle Autre était une autre façon de dire la belle autre musique ; sans prétention ; une musique un peu différente des autres et avec une beauté singulière comme celle que nous avons chacun en nous. Et dehors de cela, j’aimais bien ce nom car je trouvais qu’il faisait un peu art déco, ça me faisait penser à un joli papier peint des années 30, quelque chose d’un peu classe et d'un autre temps d’autant que nous ne faisons pas de la musique très à la mode si je puis dire ; même si j'aimerais bien qu'elle le soit ; nous ne surfons pas sur une mode musicale mais nous avons envie néanmoins de dire qu’elle est belle.

Pourquoi avez-vous choisi de défendre d'abord vos chansons sur scène avant de publier votre premier album ?

Par instinct naturel. Avec Mathias, nous venons du spectacle vivant ; nous avons fait des spectacles de cirque sous chapiteau et dans des théâtres ; et l'aspect phonographique n’était pas du tout prioritaire dans nos têtes. L'idée de produire de la musique, c'était pour la jouer et pour qu'elle soit tout de suite en lien avec des gens ; nous souhaitions qu'elle soit libre et qu'elle fasse un écho physique. Du coup, c'était une évidence pour nous mais je crois que nous ne nous sommes même pas posé la question car quand nous sommes partis en création, c’était comme pour un spectacle car la musique, ça se vit et ça joue, ce n’est qu’après que l’aspect industriel de la musique ; l’enregistrement ; est arrivé cinq ans après mais ce laps de temps nous a permis de faire un album de qualité.

(c) Laurent Alvarez

(c) Laurent Alvarez

Le titre de ce disque reflète-t-il ce que vous avez à cœur de véhiculer par le biais de votre musique ?

Oui, je pense que la boucle est bouclée avec le titre de cet album. « Tout L'Monde Il Est Bel, Chacun Son Style » renvoie à la beauté ; à la grandeur ; que chacun a à son endroit, on fait ce que l’on peut avec ce que l’on a mais chacun est singulier et c’est beau ; c’est une façon de laisser une trace de son existence et elle produit quelque chose. Par ailleurs, ça boucle la boucle avec l’Algérie car un jour avec ma sœur, nous avons demandé à notre grand-mère ce qu’était la beauté pour elle et c’est ce qu’elle nous a répondu avec un accent Arabe mais ensuite, elle a ajouté que le plus important était la santé.

Comment décrirais-tu votre univers ?

Solaire, coloré, sensible, poétique ; je l’espère ; vivant ; cela vient de la scène ; engagé, authentique et humain.

Quelles thématiques abordez-vous sur « Tout L'Monde Il Est Bel, Chacun Son Style »  ?

Toutes les chansons de cet album ont été inspirées de réel ; c’est du documentaire fictionnel pour ainsi dire. Ce disque parle notamment de double culture, de l’absence du père, d’alcoolisme, d’homosexualité et d’univers carcéral.

(c) Laurent Alvarez

(c) Laurent Alvarez

En parlant de style, avez-vous trouvé celui du groupe « assez facilement » ?

Au début, il n’y avait pas de style défini, seule la chanson en français était au centre de ce projet car je suis très peu anglophone et j'ai un besoin fou que l’on me comprenne ; j’ai à cœur de comprendre les autres et qu’ils puissent comprendre ce que je dis dans mes textes. Musicalement, nous voulions juste partir là où ça nous bottait. Nous sommes assez curieux ; Mathias et moi ; nos goûts musicaux sont très éclectiques et quand nous avons commencé à composer, nous avons suivi les textes et nos humeurs avec les instruments que nous avions entre nos mains afin de voir où ils nous amenaient. Ce que les gens ne savent pas, c’est qu’il y a eu 10000 versions des morceaux avant qu’ils soient comme sur le disque ! Evidemment, nous ne faisons pas de Metal ni de musique classique, nous restons sur de la musique du monde et du Jazz car c’est un style qui permet la pluralité d’un point de vue musicale.

Peux-tu nous en dire plus sur la pochette de votre album ?

L'idée était de partir sur un personnage qui pourrait être la belle autre puisqu’à l’évocation de ce nom, on pense tout de suite à une personne. Nous nous sommes dit que ça serait chouette que le groupe soit représenté par un personnage androgyne dont on ne sache pas vraiment si c'est une femme ou un homme et qu’il soit un peu mélancolique car cet album vient brasser des sujets qui peuvent faire frissonner le poil ; c’est pour cela que le regard de ce personnage est un peu perdu. Sur cette pochette, on retrouve des objets symboliques qui symbolisent les chansons, il y a notamment un drapeau Algérien sur l’épaule de ce personnage qui pourrait être un gawri ou une gawria.

Rencontre avec Nedjma au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur le premier album de La Belle Autre !

À quoi ressemble la Belle Autre sur scène ?

Nous avons toutes et tous un pied dans le spectacle et ça se ressent physique sur scène, nous ne sommes pas des musiciens statiques, ça bouge, il y a de l’énergie ; ça revient beaucoup dans les retours tout comme notre connivence ; il y a quelque chose qui se regarde lors de nos concerts dans lesquels il y a de la prise de parole directe ; il y a un petit côté théâtral qui peut faire penser à un spectacle-concert. On laisse de la place à l’impro et nous aimons ces minutes indéterminées qui ne sont pas prévues à l’avance car elles sont chouettes.

Quel serait votre « maître mot » avec ce projet ?

Le maître mot de cet album ; et même de ce groupe plus largement ; je crois que c'est l'idée de ramener à l'intérieur de notre cocon des éléments qui nous appartiennent à tous et que l’on ne peut pas explorer ailleurs. Pour ma part, je vois cela comme un espace de jeu ou comme une sorte d’auberge espagnole de la musique. Nous avons vraiment plaisir à nous retrouver, à parler de nos vies, à créer de la musique ensemble et à partager au sens premier du terme.

Quels sont vos prochains projets ?

Nous avons pour projet de mettre en images « Carmen » et « Gawria ». Nous écrivons de nouveau morceaux afin de renourrir le set pour la tournée qui nous attend en 2026. En parallèle à La Belle Autre, je développe un projet solo au piano en mode plus intimiste. Chacun de nous a des projets de son côté afin de pouvoir renourrir sa pratique sans jamais épuiser le désir.

Rencontre avec Nedjma au Studio Luna Rossa afin d’en apprendre plus sur le premier album de La Belle Autre !
https://www.facebook.com/labelleautremusique/
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