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Rencontre avec Kelly Lee Owens à l’occasion de la sortie de son premier album !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Kim Hiorthøy

Photo Kim Hiorthøy

Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?

Je suis née et j’ai grandi au Pays De Galles qui est une nation où les montagnes prédominent et je dirais que la nature et l’eau ont toujours été des éléments importants pour moi. Je viens de ces grands endroits-là où il n’y a pas beaucoup de monde. Professionnellement parlant; en premier lieu, je te dirais que je suis une artiste et ensuite que je suis auteure et productrice. Dans la chronologie, la production est arrivée en dernier car je ne savais pas vraiment ce que c’était avant d’en faire. Dans l'artistique, j’ai une certaine vision de ce que je veux mais aussi de ce que je ne veux pas et je te dirais que je suis très connectée avec la créativité des autres que j’encourage.

Comment as-tu commencé dans l’industrie musicale ?

Je te dirais que cela a commencé quand j’ai emménagé à Manchester qui a été une bonne introduction à la musique live pour moi. Cette ville est géniale pour son héritage culturel et musical. J’ai halluciné quand je suis arrivée à Manchester car il y avait tant de jeunes dans les rues qui me ressemblaient, je me suis sentie immédiatement chez moi. J’ai commencé par faire des petits boulots dans des festivals afin de rencontrer des gens du milieu et ces rencontres m’ont menée à Londres où j’ai travaillé chez XL Recordings afin d’en apprendre plus sur les rouages du métier. J’ai déménagé à Londres quand on m’a offert un job dans un magasin de disques en pleine période de récession. Tout ceci représente mes premiers pas dans l’industrie musicale car à cette époque, je n’étais pas encore assez confiante pour produire ma propre musique.

Photo Kim Hiorthøy

Photo Kim Hiorthøy

Comment nous présenterais-tu ton premier album ?

Je n’ai pas voulu faire cet album trop tôt afin qu’il ne soit pas mauvais (rires), j’ai voulu prendre mon temps pour mieux me connaître. Je suis plus confiante, moins influencée par ce que font les autres, je me suis entourée de personnes enthousiastes qui me comprennent et c’était le bon moment pour moi de sortir cet album. Ce premier album est éponyme car j’y présente tout simplement une petite partie de moi en toute transparence et de manière honnête. Je n’ai pas voulu lui donner un titre spécifique car je ne voulais pas me cacher derrière un mot. Ce disque représente mon périple en tant qu’auteure et productrice durant ces deux dernières années et je dirais que ce n’est qu’un début même si je ne sais pas de quoi sera fait demain mais cela est très excitant. Même si j’ai fait ce disque pour moi, je l’ai également fait dans le but de connecter les gens les uns avec les autres.

Est-ce toi que l’on retrouve vocalement sur ton album ?

Venant du Pays De Galles, je te dirais que ma voix a été mon premier instrument. Oui, je chante sur mon album à l’exception du titre « Anxi » qui est interprété par Jenny Hval. Pour tout te dire, j’avais l’habitude d’écrire des poèmes et des paroles de chansons quand j’étais au lycée et je pensais que pour l’album, j’allais écrire les paroles en premier mais ce sont les musiques qui sont venues d’abord. J’ai dû, de ce fait, trouver des façons d’interpréter ce que la musique cherchait à me dire. Parfois, il ne m’a fallu que trois mots et parfois, il m’en a fallu plus.

Photo Kim Hiorthøy

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Comment est née « Anxi » et peux-tu nous dire de quoi parle cette chanson ?

Jenny et moi ne nous sommes jamais rencontrées. La première fois que le patron de mon label est venu me voir à Londres, il m’a parlé de Jenny. Je n’avais pas encore entendu ce qu’elle faisait mais il savait que je voulais faire des remixes pour des artistes. Jenny n’avait jamais été remixée et moi, je voulais remixer quelqu’un, cela était parfait. Je ne sais pas pourquoi mais il y a peu d’artistes féminines qui remixent d’autres artistes féminines. Il m’a envoyé son album et pour être honnête, je n’ai écouté que le premier morceau et j’ai flashé sur cet a cappella. « Anxi » est ma réinterprétation de son travail. En fait, Jenny saurait mieux que moi répondre à ta question car je lui ai posé moi-même et elle m’a dit qu’elle faisait juste un freestyle sur ce morceau. J’ai trouvé ça incroyable car « Anxi » parait tellement précis. Elle ne m’a pas dit de quoi elle parlait mais j’ai appelé ce titre « Anxi » car pour moi, il parle d’anxiété. Nous en avons tous en nous et je pense que le fait que beaucoup de personne n’arrête pas de parler sans trop rien dire masque parfois une certaine insécurité de prendre la parole. Tout le monde dit que c’est à l’adolescence que l’on est le plus anxieux à cause des hormones notamment mais même quand tu as entre 20 et 30 ans, c’est dur également car on attend de toi que tu ais une vie réussie. Je pense que cette chanson reflète un peu tout ça.

Que signifie CBM ?

Tout simplement Colors Beauty Motion.

Comment décrirais-tu ta musique électronique ? Peut-être en utilisant une image ou un concept…

Je ne sais pas si je pourrais te trouver une image ou un concept car il n’y a jamais une seule chose avec moi et c’est bien mon problème. Même si c’est de la Dance Music, on y retrouve plein d’autres choses. Je dirais qu’il y a un mélange d’énergies masculines et de féminines. Le fait que ma musique soit faite pour danser ne veut pas dire qu’elle n’ait pas d’âme ou qu’elle ne véhicule pas des émotions. Je pense que cela a de nouveau à voir avec mes origines Galloises.

Photo Kim Hiorthøy

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Où voudrais-tu emmener tes auditeurs ?

Je dirais tout simplement là où ils ont envie d’aller et là où leur esprit a envie de s’échapper. La musique et la nature sont des moyens pour moi de m’évader.

As-tu toujours voulu être une artiste ?

J’ai toujours su que je voulais faire quelque chose en rapport avec la musique. J’ai grandi dans les années 90 où les girls bands étaient à la mode et je les imitais dans ma chambre (rires). Je me rappelle que l’on m’a offert un album des Backstreet Boys, j’ai regardé les crédits mentionnés dans les chansons et j’ai pleuré car je me suis rendue compte que ce n’était pas eux qui écrivaient et j’en ai été déçue. Peut-être que déjà à ce moment-là, une partie de moi voulait s’exprimer. En plus de la musique, je voulais aider les autres. J’ai travaillé un peu comme infirmière auxiliaire dans un hôpital. Cela a été très inspirant de voir toutes ces personnes si fortes.

Photo Kim Hiorthøy

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Peux-tu nous citer une artiste que tu appellerais une influence ?

Je ne parlerais pas d’influence mais plutôt d’inspiration. Quand j’ai commencé à faire des titres comme « Lucid » ou « Uncertain », j’écoutais beaucoup l’album « Vespertine » de Björk. C’est une artiste qui m’inspire de par sa force de caractère et sa créativité. Björk a été une pionnière. Parmi mes inspirations, on retrouve les femmes fortes de ma propre famille. J’avoue qu’avec le temps qui passe, je ressemble de plus en plus à ma mère (rires).

Quels sont tes prochains projets ?

Lentement mais surement, je mets en place mes idées pour une exposition en relation avec la musique et la guérison. J’aimerais beaucoup travailler également sur une bande originale de film. Je vais avoir plusieurs dates de concerts dans les prochaines semaines et je vais revenir à Paris le 20 avril au Badaboum mais aussi le 11 juin pour le festival We Love Green.

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