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Rencontre avec le chanteur Michael Jones à l’occasion de la sortie de son album « Au Tour De » !

Publié le par Steph Musicnation

Photo Caroline G

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Comment nous présenteriez-vous votre disque « Au Tour De » ?

J’ai l’impression que tout est écrit dans le titre de cet album. Ma maison de disque m’avait demandé de faire un best of mais je trouvais cela un peu pompeux. Je voulais plutôt présenter mon univers aux auditeurs plutôt que les titres qui ont le plus marché. Les chansons présentes sur « Au Tour De » ont plus été choisies par rapport à leur couleur plutôt que par rapport à leur notoriété.

En plus du CD, il y a un DVD bonus. Que retrouve-t-on dessus ?

Il y a une chanson originale que j’ai écrit avec Jacky Mascarel mon clavier qui jouait déjà avec Jean-Jacques Goldman. « Souviens-Toi » est une chanson pour remercier le public de nous suivre tout au long des années. Dans ce titre, on retrouve des citations de chansons de Jean-Jacques pour lesquelles nous avons les autorisations. « Souviens-Toi » est une chanson qui dure plus de 10 minutes et le clip a été réalisé avec des images de smartphones venant du public. Cette vidéo a nécessité deux mois de derushage afin de trouver des images qui ne bougeaient pas. Sur le DVD, il y a également un clip extrait de mon dernier album. Le protagoniste de la vidéo de « On N'Achète Pas Sa Vie » est joué Gwendal Peizerat qui est le seul médaillé d’or en patinage artistique en France et qui est surtout un ami. Nous avons également mis sur le DVD, le clip de « Never Forget » extrait de mon album « Celtic Blues ». En plus de ces trois vidéos, on retrouve un quatrième clip illustrant « Le Temps Fait Mentir » extrait de mon album « A Consommer Sans Modération », un live partagé avec Jean-Pierre Danel et trois chansons live enregistrées dans un studio à Toulouse.

Rencontre avec le chanteur Michael Jones à l’occasion de la sortie de son album « Au Tour De » !

Pour quelle chanson présente sur « Au Tour De » avez-vous le plus de tendresse ?

Je dirais forcément « Je Te Donne » car si je n’avais pas écrit cette chanson avec Jean-Jacques, ce n’est même pas sûr que je sois connu aujourd’hui. Cette chanson est une sorte de piédestal dans une carrière. J’ai chanté très récemment aux Enfoirés, j’ai préparé un medley en hommage à tous les artistes disparus en 2016 et un jour, la production m’a demandé de chanter « Je Te Donne ». J’avais regardé les intermèdes des autres artistes, les anciens connaissent bien sûr par exemple « San Francisco » de Maxime Le Forestier mais les jeunes ne connaissent pas cette chanson. Quand ce sont les jeunes qui venaient chanter, c’était l’inverse, les anciens ne connaissaient pas. Quand j’ai chanté « Je Te Donne », j’ai eu un choc car toutes les générations la connaissaient.

Comment est née justement cette chanson interprétée en duo avec Jean-Jacques Goldman ?

C’est une chanson qui raconte notre histoire, comment nous nous sommes rencontrés et comment nous avons fait de la musique ensemble. Il se trouve que « Je Te Donne » est sortie au moment où le Front National émergeait dans les années 80 et où le slogan « Touche Pas A Mon Pote » était créé par SOS Racisme. Je dirais que « Je Te Donne » n’est pas une chanson antiraciste mais une chanson qui est pour le métissage de toutes les cultures et des gens peu importe leurs croyances. J’ai appris très récemment que cette chanson est enseignée dans les écoles !

Rencontre avec le chanteur Michael Jones à l’occasion de la sortie de son album « Au Tour De » !

Ce best of précède-t-il l’arrivée d’un nouvel album studio ?

Non car j’ai annoncé à la sortie de mon dernier album que ce serait le dernier. Cela ne veut pas dire que je n’aurais pas des projets musicaux comme « Souviens-Toi » mais je suis arrivé à un âge où je n’ai plus envie de m’enfermer en studio durant un an. Mon bac à sable est la scène, j’ai envie de monter sur scène et de jouer et c’est pour cela que j’y consacre le plus clair de mon temps.

Après 35 ans de carrière, êtes-vous toujours animé par la même passion qu’à vos débuts ?

Oui car à chaque fois que je monte sur scène, je le fais toujours avec la même passion. Je suis toujours autant heureux ! Juste avant cette interview, j’ai joué en live dans l’émission de Stéphane Bern et c’est un pur bonheur de pouvoir faire cela et j’ai même joué pour le fun avec l’un des chroniqueurs qui est aussi guitariste sur l’une de ses adaptations.

Qu’est-ce qui vous a amené à la guitare ?

La vraie raison est qu’à l’époque où j’ai commencé, la guitare était le seul instrument transportable et ensuite, je me suis rendu compte que cela marchait bien avec les filles. La guitare est un instrument de séduction extrêmement utile.

Y-a-t-il eu un artiste ou un groupe qui vous a donné l’envie de jouer de cet instrument ?

Je pense qu’il y en a eu plein. Je dirais que mon instrument était ma voix car je suis natif du Pays de Galles et c’est l’instrument national là-bas. J’ai appris la musique en chantant mais la guitare a été un hasard. A 12-13, c’était le seul instrument abordable. J’ai fait différents petits boulots pour acheter ma première guitare. J’ai très vite basculé à la basse car j’étais un grand fan de Paul McCartney. Beaucoup de gens pensent que c’est Mark Knopfler qui m’a inspiré mais en réalité c’est Hank Marvin qui m’a beaucoup influencé.

Rencontre avec le chanteur Michael Jones à l’occasion de la sortie de son album « Au Tour De » !

Pourquoi avoir débuté votre carrière dans des groupes plutôt qu’en solo ?

Tout simplement car il y avait une culture de groupe à l’époque mais aussi parce que je n’aime pas être tout seul. J’aime être entouré et pour moi, la musique passe par le partage avec le public mais aussi avec d’autres musiciens. A l’époque, nous montions des groupes, nous ne faisions pas de carrière solo. Il y a eu des artistes qui ont fait des carrières en solo mais ils ont tous quasiment débuter dans des groupes.

Vous avez évolué en trio dans les années 90. Peut-on espérer un jour des inédits de Fredericks Goldman Jones ?

Il y a forcément quelque part des lives que nous avons enregistré et qui ne sont pas sortis. La tournée suivant l’album « Rouge » a été gravée sur CD mais peu de chansons sont sorties car l’album live « Du New Morning Au Zénith » ne contient que 31 titres. Je sais qu’il existe également des images de cette tournée mais la décision de les sortir ou non appartient à Jean-Jacques.

Rencontre avec le chanteur Michael Jones à l’occasion de la sortie de son album « Au Tour De » !

Quel est votre regard sur la crise du disque ces dernières années et sur l’évolution des supports ?

Je dirais que tout est parti sur un mensonge au départ concernant le MP3 qui est un très mauvais support par rapport au CD. Le MP3 représente 20% du son d’un CD qui lui est déjà compressé numériquement à 50%, c’est pour cela qu’un vinyle sonne beaucoup mieux. La crise du disque vient des maisons de disque. Il y a 30 ans, Steve Jobs a présenté Itunes en disant que cela allait devenir la façon de vendre et d’acheter des disques à l’avenir. Personne ne l’a cru et au lieu de dire que c’était une super idée, ils ont essayé de lui mettre des bâtons dans les roues. Certains artistes y croyaient, ils ont signé chez Apple et ils ont été boycottés. Par la suite, au lieu de reconnaître qu’Itunes était super, tout le monde a voulu créer sa propre plateforme de téléchargement et ça n'a pas marché. Là-dessus, le téléchargement illégal est arrivé et maintenant, nous sommes à l’ère du streaming où les gens n’ont plus besoin d’acheter un album puisqu’ils s’abonnent et ils ont tous les disques du monde dans le creux de la main. Nous en sommes arrivés là mais c’est la vie…Cela a permis néanmoins un retour à la scène !

Quels sont vos prochains projets ?

Cette année, j’ai une grosse tournée de 70 concerts et je dirais que mon principal projet est que cela dure. Je voudrais continuer à prendre du plaisir à jouer de la musique sur scène et tenir le coup physiquement.

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