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Rencontre avec Mira Cétii lors de son récent concert aux Trois Baudets !

Publié le par Steph Musicnation

©Thomas Guerigen

©Thomas Guerigen

Avant la sortie de « Cailloux & Météores » ton premier album, il y a eu la trilogie « Ce Que Les Etoiles Commettent » entre 2015 et 2018, peux-tu nous en dire plus sur ce projet et sur ce qu’il t’a apporté ?

Quand j’ai démarré de façon sérieuse mon projet Mira Cétii fin 2014, je me suis dit que j’allais y mettre toutes les billes que je pouvais. A ce moment-là, j’avais déjà pas mal de chansons de côté mais c’était un nouveau début pour moi et comme personne ne me connaissait sous ce pseudo, je me suis dit que c’était plus intelligent de sortir des EPS car cela n’hésite moins de temps d’enregistrement et c’est moins coûteux également. J’avais déjà réfléchi aux visuels et je savais sur trois ans à quoi cela allait ressembler. Ça m’a permis de distiller un peu les informations et de dire qu’il y avait quelque chose de nouveau sans pour autant sortir un album tout de suite. De nos jours, je trouve que ce n’est pas la peine de publier un album si on ne peut pas le défendre correctement et c’était mon cas à cette époque-là. Quand j’ai sorti « Orion », « Persée » était déjà bien entamé et j’ai mis un peu plus de temps pour « Cetus » car entre temps, j’avais écrit de nouvelles chansons mais je me disais qu’un jour, je ferai mon premier album. 

Des étoiles, des météores, Mira Cétii est-elle une femme qui regarde souvent le ciel ?

Oui, très souvent. Ce n’est pas juste une posture car c’est quelque chose qui m’a toujours inspiré et fait rêver depuis mon enfance. Quand on est enfant, on a envie de faire tous les métiers du monde et j’ai même envisagé à un moment donné devenir astronaute ou astronome mais je me suis vite rendu compte qu’il fallait finalement être trop bon en maths, ce n’était pas trop mon truc et du coup, j’ai plus été intéressée par le courant poétique de l’astronomie. Je sais qu’il y a des gens qui sont angoissés par l’immensité et l’inconnu que représente l’espace mais personnellement, le fait de regarder les étoiles me calme et me permet de relativiser sur notre petitesse et sur le côté précieux de ce caillou sur lequel nous vivons et cela me donne comme un élan d’amour quand je pense aux choses dramatiques qui peuvent se passer dans le monde car il y a quand même de la beauté. 

Ton album s’ouvre avec le titre « La Source », où puises-tu la tienne ?

Je la puise beaucoup dans l’observation de la nature. J’ai appelé mon triptyque « Ce Que Les Etoiles Commettent » plus en clin d’œil à ce que nous commentons nous en tant que poussières d’étoiles car finalement, je suis très touchée par tout un tas de sujets politiques et écologiques même si c’est parfois un peu caché par la poésie. Je puise mon inspiration ; ma source ; dans une certaine forme de sérénité par rapport à la vie et aux problèmes qui ne sont pas toujours faciles à affronter. Cette observation est neutre et c’est paradoxal car ce serait comme sortir de soi-même pour regarder et en même temps, c’est à l’intérieur de soi que l’on peut puiser cette force.

©Thomas Guerigen

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Comment est né ton album ? A-t-il été une aventure solitaire ?

A la différence des EPS pour lesquels nous n’étions pas plus de deux à chaque fois, nous avons œuvré à trois pour l’album. Le label Art Disto m’a proposé de travailler avec Laurent Lepagneau qui un réalisateur avec lequel ils ont l’habitude de collaborer.  Au début, je dois dire que cela me faisait un peu peur car j’ai appris avec mon projet Mira Cétii à me débrouiller seule et sur cet album, j’avais envie de pouvoir faire mes arrangements et poser mes idées. On m’a laissé faire tout ce que je voulais mais c’est quand même Laurent qui a eu le dernier mot. Pour « Cailloux & Météores », j’ai écrit tous les textes et j’ai composé la moitié des chansons et j’ai co-composé les autres avec qsb un artiste plus Electro avec qui j’avais déjà travaillé pour qu’il m’apporte son expertise et son regard artistique car j’aime beaucoup son pas de côté. Nous avons envoyé mes arrangements, les siens et ceux que nous avons fait en commun à Laurent qui a pris du recul, qui a gardé, changé et amélioré des choses. Nous sommes super bien entendus artistiquement avec Laurent, nous avons beaucoup discuté ensemble et je dois dire qu’il a bien ciblé mon tempérament car je voulais faire de la chanson mais pas que.

Quels mots me donnerais-tu pour décrire l’univers de ton disque ?

Introspection, partage, solitude, collaboration ; il y a beaucoup de paradoxes ! Je dirais également lâcher-prise et voyage intérieur car j’aime bien imaginer mes chansons comme des promenades et justement, être en mouvement que ce soit en marchant, en voiture ou en train a toujours été une grande source d’inspiration pour moi.

Musicalement parlant, comment l’as-tu voulu ?

Dépouillé, avec un équilibre entre organique et électronique, poétique, doux avec un côté rocailleux et magique avec le côté météores. 

©Thomas Guerigen

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De quoi parles-tu sur cet album ?

Il y a pas mal de sujets qui sont abordés dans cet album. Je vois « La Source » comme une comptine pour grands enfants. J’ai écrit cette chanson pour la partager mais les paroles renvoient à des choses que je peux me dire à moi-même pour m’aider à relativiser. Le texte de « La Source » est un peu un conseil que je me donne à moi-même et si les auditeurs ont envie de l’entendre comme cela et que ça leur fait du bien, le but est atteint. « Paramessie » parle du messie tant attendu car on parle souvent d’un sauveur ou d’une sauveuse. Dans cette chanson, je me demande si un messie va arriver, si ce sera un vrai messie ou un paramessie ; un messie de remplacement, un faux ; pour l’on puisse s’avancer encore un petit peu. Je trouve ça un peu grotesque d’attendre un changement qui vienne de l’extérieur alors que nous sommes tous porteurs de quelque chose de positif. Cette chanson parle de cela mais avec autodérision. « Les Nénuphars » aborde la mémoire et Alzheimer. « Terre Adélie » est ma chanson la plus écolo de l’album, c’est une ode à ce bout de terre en Antarctique. J’ai toujours aimé ce nom et ce titre est une forme de déclaration d’amour à cet endroit que je ne verrai sans doute jamais car il est loin mais surtout car il est en train de disparaître malheureusement. « Amour Squelette » est une chanson d’amour mais sous l’angle de la mort ; j’avais envie de faire rebondir les mots sur ce titre.  Tout à commencé avec l’escalier de tes vertèbres, l’image m’est apparue, je trouvais que ça sonnait bien et j’ai tiré la ficelle de l’idée. « Couleur Prairie » est une forme de déclaration d’amour à ma maman qui a les yeux couleur prairie. « Lumière Nuit » est un titre plus particulier. L’été dernier, il y a eu les incendies en Afrique et en Amazonie et ça m’a beaucoup touché évidement car les arbres sont des êtres qui m’inspirent aussi énormément. Je trouve dommage qu’il y ait déjà beaucoup de pollution lumineuse ; en ville, on ne peut pas voir la lumière des étoiles et je pense que ça manque vraiment car je pense que l’on est coupé de quelque chose et lorsqu’il y a des incendies qui ne s’arrêtent pas, la lumière se reflète dans la fumée et c’est donc une lumière qui éteint une autre lumière. Cette chanson parle poétique de cette guerre entre cette lumière artificielle et la lumière naturelle, de cette lumière qui nuit à une autre. « Seule La Nuit » est le texte le plus frontal. Ce titre parle d’une fille qui a fait une mauvaise rencontre en sortant de boite. C’est une chanson un peu dark et la musique Techno a la fin du morceau est là pour exorciser ou noyer le mal. « Elle Sera Nue » est assez poétique, elle parle d’un champ de bataille mais est-il réel ou abstrait. J’ai voulu dresser un parallèle entre l’obscénité de la guerre et la crudité de corps qui se mélangent jusqu’à ce que cela en devienne grotesque et obscène. « Sur Mon Chemin » est une chanson d’amour un peu mutine dans laquelle une jeune fille est consciente qu’elle mène un peu à la baguette ses courtisans. Elle a son petit favori et elle sème des cailloux mais on ne se sait pas trop si c’est pour qu’il la suive ou pour qu’il se perde. « Cailloux & Météores » est une ode à notre planète.

Dans quel paysage totalement utopique aimerais-tu présenter en live « Cailloux & Météores » ?

Sur une autre planète, par exemple (rires). J’aimerais bien réussir à voyager partout avec ce disque mais si je pouvais choisir un lieu, j’aimerais bien chanter au bord d’une falaise, en hauteur, avec un panorama incroyable. 

©Thomas Guerigen

©Thomas Guerigen

Peux-tu nous en dire plus sur ta collaboration avec Christian Décamps sur « Elle Sera Nue » ?

Comme je vais faire la première partie d’Ange sur leur tournée, je me suis rapprochée de toute leur équipe. Christian Décamps est quelqu’un d’important pour moi depuis mon enfance car mes parents ont toujours été des fans d’Ange. Plus jeune, j’ai vu Christian Décamps en solo et j’avais été marquée par sa voix, ses textes et son charisme. Par la suite, avec le groupe Alifair avec lequel j’ai débuté ma carrière, nous avons eu l’occasion de faire la première partie d’Ange deux fois. Nous nous sommes donc un peu croisés. Quand j’ai commencé mon projet Mira Cétii, je lui ai envoyé mes EPS, il m’écrivait toujours une critique et je sentais qu’il appréciait mon travail. Quand on m’a proposé de faire les premières parties d’Ange sur leur tournée, il y avait presque comme quelque chose d’évident et un jour, j’ai eu l’idée de proposer un duo à Christian mais je ne savais pas encore sur quelle chanson. J’en ai parlé à Laurent Lepagneau le réalisateur qui connait Christian, nous avons mis de côté certaines chansons qui ne se prêtaient pas à l’exercice du duo et nous sommes tombés sur « Elle Sera Nue » sur laquelle il y avait peut-être quelque chose à jouer. Laurent pensait que c’était le texte qui lui irait le mieux au niveau de la prononciation de sa façon d’amener les choses. Je me suis dit qu’il avait raison, nous avons fait un test, Christian est venu enregistrer et ça a été assez marquant. J’ai rarement entendu Christian chanter doucement, il n’a pas forcément l’habitude de retenir les chevaux et c’est comme s’il avait une autre voix. Je suis très contente et fière de ce duo. 

Quelles seraient tes inspirations musicales directes ou indirectes pour cet album ?

Pour le côté poétique, Camille dont j’aime beaucoup l’écriture mais aussi Alain Bashung pour les textes qu’il portait. Pour l’aspect Electro, on parle souvent d’Emilie Simon, Björk et je suis très fan de Kate Bush qui adorait expérimenter. A l’heure actuelle, je suis très inspirée par St. Vincent et par Sara Worden et son projet musical My Brightest Diamond

Quels sont tes prochains projets ?    

Le clip de « Paramessie » devrait sortir au printemps, nous avons plein d’idées pour cette vidéo. La tournée d’Ange débute le 07 février à Metz, je ferai à peu près 25 dates avec eux et j’en suis hyper contente. Des dates se profilent pour mon projet et comme l’été dernier, j’ai écrit énormément de chansons, il se pourrait qu’un second album arrive dans la foulée ; pour l’instant, on ne sait pas mais en tout cas, moi, je suis prête…

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