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Retrouvailles avec Elephanz à l’Idol Hôtel à l’occasion de la parution de l’EP « L’Histoire A L’Envers » !

Publié le par Steph Musicnation

@Yann Morrison

@Yann Morrison

Trois ans après la parution de votre album éponyme, vous opérez un sacré virage ; vous vous réinventez même totalement après deux albums ; d’où vient cette envie de changements ?

Jonathan : Maxime et moi, nous venons d’une culture très Pop Anglaise ; ça a été notre berceau musical depuis le début ; et je pense que quand nous avons commencé Elephanz, nous avons voulu nous inscrire dans cette forme d’universalité qu’offre le format Pop Anglais. Sur notre prochain album qui sortira dans quelques mois, nous avons eu beaucoup plus envie de parler de nous, de nous présenter aux gens qui écoutent Elephanz et qui étaient pour l’instant un peu dans le brouillard en ce qui concerne qui nous sommes vraiment et cela passait bien évidemment par une formule plus intime qu’est le français qui nous permet d’être plus crus. Grâce à notre EP qui est sorti récemment, nous nous sommes rendu compte que finalement, parler de soi dans sa langue maternelle, c’est aussi une forme d’universalité.

Maxime : Par ailleurs, artistiquement, nous n’aurions pas vu l’intérêt de faire un troisième album en anglais qui n’aurait été que la continuité du deuxième.

Le fait de vous exprimer en français a-t-il induit une nouvelle manière de poser vos voix mais aussi de nouveaux thèmes ?

M : Artistiquement, nous avons des voix vraiment différentes que l’on chante dans telle ou telle langue. Une fois un peu démystifié le côté un peu impressionnant lié à la nudité de cette langue natale, nous avons élargi la palette d’instruments que nous utilisons pour faire des chansons. Avec ces deux nouvelles voix qui étaient cette fois-ci très identifiables ; beaucoup plus qu’en anglais où elles pouvaient se confondre ; il y a deux personnalités qui se dégagent.

J : En ce qui concerne les thèmes, je pense qu’ils étaient déjà présents en anglais mais ils étaient probablement plus camouflés. Nous gardons beaucoup le thème de l’envie de foutre le camp afin de changer de décor ; nous l’abordions déjà sur « Time For A Change » et par petites touches sur l’album éponyme. Sur l’EP, on retrouve ce thème sur « Les Sirènes » qui est présente sur l’EP et sur plusieurs chansons de l’album à venir. L’un de nos thèmes privilégiés ; et dont nous parlions déjà en anglais ; c’est cette façon qu’ont des personnages modernes d’être un peu étrangers à leur propre vie, d’avoir une certaine distance avec ce qui leur arrive, comme une malédiction, le fait de ne pas être assez dans le présent est un thème fort chez nous.

Musicalement parlant, comment présenteriez-vous votre évolution ?

J : Le français s’écoute un petit peu avec moins de bruit ; nous avons enlevé des couches, nous nous sommes forcés à mettre moins d’instruments sur notre programme de musique, nous avons mis moins de pistes et cela nous a forcé à trouver la bonne ligne et à ne pas trop la surcharger.

M : Je pense que cela va un peu avec l’âge. Sur notre premier album, il y a beaucoup de couches, il y a un mur de sons qui représente notre énergie à 25 ans alors qu’aujourd’hui, il y a une volonté d’épurer tout cela et le français s'y prête bien ; notre ligne mélodique repose sur pas grand-chose, un petit radeau.

J : Pour aller dans le détail, certaines mélodies marchent très bien en anglais mais pas du tout en français. Nous écrivons toujours les paroles d’abord et la musique ensuite et nous devons avouer que certaines lignes mélodiques que nous adorions ne passaient absolument pas en français. Il y a donc eu un petit retravail afin de rendre un peu plus lisible en français certaines lignes mélodiques.

@Yann Morrison

@Yann Morrison

Le français est une grande nouveauté mais pourquoi maintenant et pas auparavant ?

M : Si on prête une oreille attentive, on se rendra compte qu’il y a du français disséminé un peu dans nos deux premiers albums. Sur le premier, la chanson est presque cachée ; c’est une sorte de mantra qui revient ; une ritournelle et c’était aussi le cas sur l’intro de notre second album. Jon a écrit des chansons en français avant que je n’arrive et que l’on se dise que nous allions faire quelque chose de récréatif ensemble ; de la Britpop comme celle qui nous a accompagnés depuis notre enfance. En revanche, il est vrai que je ne chantais pas trop sur les chansons précédentes en français car chanter dans sa propre langue, c’est intimidant et je ne sais pas si c’est propre au français. Quand nous étions enfants et que nous écoutions de la musique en français, c’était celle de nos parents ; nous n’avons pas grandi dans une génération qui écoutait beaucoup de musique en français. Nous nous étions dit que ce n’était pas pour nous ou que c’était réservé aux grandes personnes et comme aujourd’hui, nous sommes séniors… (rires). En fait, il a suffit que je chante une fois en français pour que l’on déroule la pelote et que l’on se dise que finalement c’était agréable et si ça ne l’avait pas été, nous n’aurions pas fait un troisième album en français.

: Par ailleurs, nous aurions du mal à nous passer aujourd’hui du sens que nous gagnons avec le français.

M : Ce que nous essayons de dire est beaucoup plus limpide maintenant. D’ailleurs, nos chansons en anglais étaient probablement plus lyriques et poétiques ; pastorales et bucoliques.

J : Avec ce troisième album, le moment était venu de nous présenter un peu plus intimement et c’était la seule manière de le faire.

Pouvez-vous expliciter le titre de votre EP baptisé « L’Histoire A L’Envers » ?

M : Le titre de l’EP reprend le nom de l’un de nos morceaux qui part du constat que quand on est dans une situation où l’on se rend compte que l’on va dans le mur, on n’a jamais le bouton rembobiner sauf que tout le monde y pense. Tout le monde se dit que c’était mieux avant. Nous avons décidé d’appeler cet EP qui est assez mélancolique ainsi car il y a quelque chose qui est de l’ordre du regret ; tout ce disque part du constat qu’une autre opportunité était possible mais nous ne l’avons pas exploré.

J : Sur un ton un peu plus humoristique, on dirait qu’avec Elephanz en français, nous faisons les choses un peu à l’envers et donc ce titre faisait sens.

@Yann Morrison

@Yann Morrison

Quelles ont été vos inspirations aussi bien musicales que littéraires ou visuelles pour ce disque ?

: En ce qui concerne la littérature, nous sommes très influencés par Salinger et notamment « The Catcher In The Rye » ; ce genre de roman où le héros est toujours un peu étranger à ses propres actions. Nous écrivons beaucoup comme cela. En revanche, musicalement, quand nous composons un album, nous fermons toutes les écoutilles. Comme un écrivain qui ne lirait pas une seule page pendant qu’il écrirait un livre, nous n’écoutons pas du tout de musique quand nous travaillons sur un album afin de ne pas être comme des girouettes car la musique nous parle beaucoup. Visuellement, nous sommes très contents du photographe Yann Morrison qui a pris les photos de presse, de Marie Schuller et de Maxim Kelly avec qui nous avons fait les deux premiers clips. Ils ont vraiment compris qui nous sommes et la blague, c’est qu’il a fallu que l’on chante en français pour aller tourner notre premier clip à Londres ! Le clip de « L’Histoire A L’Envers » nous ressemble beaucoup en termes d’esthétique, de fringues, la grisaille Londonienne nous parle…

M : Nous n’aurions pas pu nous occuper de l’artwork. Certes, nous avons des sensibilités mais pas pour nous-mêmes ; nous ne savons pas si nous sommes mieux habillés en rouge, en vert, en bleu même si nous commençons à le sentir et quand on nous a proposé ce stylisme sur « L’Histoire A L’Envers », ça m’a tout de suite parlé même s’il y a un côté un peu retro ; nous sommes un peu comme cela.

De quoi parlez-vous sur cet EP ?

: Nous parlons un peu de tous les thèmes propres à Elephanz ; « Doigts Croisés » parle de notre fraternité et à quel point cette complicité entre frangins nous est vraiment très propre mais je pense qu’elle parlera à tous les frères et les sœurs, de l’envie de foutre le camp dans « Les Sirènes » qui est une ode au départ, et des relations amoureuses avec une palette qui va du plus grotesque au plus sensible.

Vous venez de parler de « Doigts Croisés » ; peut-on voir cette chanson comme une véritable déclaration d’amour d’un frère à un autre ?

: Chez Elephanz, nous sommes pudiques et du coup, je ne pense pas que nous allons te répondre par l’affirmative mais je crois que cela nous a fait du bien de nous retrouver en tant que Jonathan et Maxime ; et même en temps que Jonathan et Maxime d’il y a des années ; sur la même chanson. Il faut savoir que nous avons écrit chacun les parties que nous chantons et du coup, c’est vrai qu’il y a quelque chose qui est de l’ordre de tiens, j’avais envie de te dire cela.

M : C’est un peu comme le billet que l’on fait passer sous la table en classe. Cette chanson parle également d’incertitude et Jon et moi avons choisi de vivre la même quand nous avons crée ce groupe. Chacun a lié un peu son destin à l’autre…

J : …dans une quête qui est très incertaine.

@Yann Morrison

@Yann Morrison

Pouvez-vous nous parler de la mise en images de « Doigts Croisés » ?

M : Cette mise en images était un peu notre rêve non formulé à savoir tourné un clip avec une équipe restreinte, avec des vieux outils ; une caméra super 16 hyper lourde que le pauvre cadreur a du tenir à l’épaule toute la journée alors que le tournage a été très agréable pour nous. Nous nous sommes mis les pieds dans l’eau en Grèce et c’était vraiment une parenthèse enchantée.

J : Pour la première fois, il n’y avait pas de synopsis. On nous a dit allez faire des vacances entre frères comme on en a fait plein sauf que cette fois ci, il y avait une caméra et une maison un peu plus chère que nos habituelles locations. Ce clip possède une esthétique à la « Talentueux Mr Ripley » que nous aimons beaucoup et il nous ressemble beaucoup d’où le parallèle avec nos photos d’enfance. Voilà un clip où l’on nous a dit ne faites pas attention à nous et c’est la meilleure manière pour sortir quelque chose de vrai. Ça a été un clip très chouette à tourner et à regarder et tous nos amis nous disent que cela fait du bien de nous voir véritablement.

Quelles seraient les plus grandes qualités de chacun ?

M : Je pense que la plus grande qualité de Jon vient de son plus grand défaut, il est impatient, il veut toujours s’occuper ; il ne se repose jamais mais du coup, sa vie avance et moi, j’ai presque plaisir à me mettre dans la salle et à le regarder vivre car je ne suis pas du tout aussi dans l’action que lui. Par ailleurs, il est très sociable mais il ne l’a pas toujours été (rires). Jon a plein de cordes à son arc et il en fait usage.

J : Nos deux personnalités sont très différentes mais c’est aussi pour cela que ça marche très très bien. Je suis un peu une locomotive folle et inarrêtable avec ses bons et ses mauvais côtés ; je tire peut-être avant de parler comme Rambo (rires) ; alors que Maxime est un contemplatif, il est à l’arrière de la locomotive, il regarde le paysage mais il a la sensibilité des contemplatifs, il a le temps de voir la petite fourmi sous la feuille que moi, je n’ai pas du tout le temps de voir et ça se ressent dans sa musique. Maxime peut m’émouvoir aux larmes avec ce qu’il écrit alors qu’il voit peut-être en moi le leader qui l’emmène. Finalement, c’est aussi une dynamique de frères.

Votre EP est-il une entrée en matière dans votre prochain album ?

: Oui, bien sûr et d’ailleurs le titre de notre troisième album reprend cette impression de virage puisqu’il s’appelle « Différents Mais Pareils ». Cela vient d’une formule toute faite qui vient d’une réplique du film « Karaté Kid ». Comme tous les frères, Maxime et moi avons nos films et nos répliques cultes et celle-là en a été une durant toute notre vie. C’est assez rigolo d’en faire un titre d’album et évidemment, cela prend tout son sens quand on connait un peu Elephanz et que l’on écoute cet album qui est différent mais pareil. En revanche, nous ne voulions pas que cet EP ne soit juste qu’un teaser ; deux chansons qui sont sur « L’Histoire A L’Envers » figureront sur l’album et les deux autres sont vraiment inédites et propres à l’EP. Ce disque n’est pas l’album réduit et nous avons choisi les quatre chansons qui le composent avec soin.

Retrouvailles avec Elephanz à l’Idol Hôtel à l’occasion de la parution de l’EP « L’Histoire A L’Envers » !
https://www.facebook.com/ELEPHANZ/

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