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Rencontre avec Dalhia à l’occasion de la parution de leur premier EP !

Publié le par Steph Musicnation

(c)Pierre Vievard

(c)Pierre Vievard

Pouvez-vous présenter Dalhia à nos lecteurs ?

Rachel : Nous sommes un groupe de Dark Electro avec des influences de Hip Hop et de Cold Wave. Au sein de Dalhia, j’écris les paroles et je travaille les squelettes des chansons que j’envoie ensuite à Simon qui va y apporter des touches au niveau du son et des effets sonores. Je suis originaire du Havre là où j’ai eu un groupe de Rock durant 10 ans. Par la suite, j’ai vraiment commencé à toucher aux logiciels de MAO, je me suis formée toute seule et avec des SMAC de Normandie. Je n’ai pas été formée au conservatoire, je fais tout à l’oreille de manière autodidacte.

Simon : Je suis le batteur de Dalhia depuis 2019. Dans le projet, j'aide en général Rachel plus sur l'aspect technique dans la composition dont le mixage, les effets etc. Je joue aussi du trombone à coulisse que j'ai étudié au conservatoire ainsi que de la guitare et un peu de piano. Je suis né à Avignon puis je suis venu à Paris pour mes études en 2015.

Comment vous-êtes vous rencontrés ?

R : J’ai initié ce projet musical toute seule il y a trois ans mais comme je n’avais pas envie de travailler complètement seule, je voulais rencontrer un batteur ou une batteuse car visuellement sur scène, venant du Rock, je trouve que c’est hyper important que les instruments soient joués en live et c’est la vie aussi. J’ai cherché, j’ai rencontré plusieurs personnes dont Simon à Paris qui a d’autres influences que moi mais aussi une autre formation et de ce fait, il apporte beaucoup artistiquement à Dalhia.  Je dois dire que dès notre première rencontre, Simon avait une vraie fibre artistique et l’envie de s’investir dans un projet hybride qui évolue entre différents genres. Ça a tout de suite très bien marché entre nous humainement et artistiquement.

A quoi fait référence votre nom de scène ?

R : A la base, il faisait référence à la fleur mais il y a eu plusieurs modifications. Nous avons travaillé avec un ingénieur au 106 la SMAC de Rouen et il s’est trompé en écrivant notre nom, il a inversé le l et le h et comme j’aime bien tout ce qui est détourné de manière générale, ça m’a plu d’autant que visuellement, je trouve ça intéressant. Par la suite, on nous a dit que le l pouvait représenter ladies et le h hommes de manière intervertie. Beaucoup de choses peuvent se trouver de manières intellectuelle et littéraire dans cette inversion qui m’a parlé.

(c)Pierre Vievard

(c)Pierre Vievard

Comment décririez-vous votre univers ?

: Pour moi, l'univers de Dalhia est un univers assez sombre et personnel à travers les textes. Musicalement c'est quelque chose de très personnel qui nous rassemble autour de différentes influences et de sonorités que l’on aime. J'aime bien penser qu'il y a une certaine spontanéité d'écriture dans la musique et les paroles et même si c'est réfléchi, c'est vraiment comme un cri du cœur. Et plus personnellement, je pense : optimiste parce que j'essaie de ne pas perdre espoir en l'avenir.

: Je dirais que l’on essaie de faire quelque chose de varié tout en étant unifié dans un univers qui peut être diverses choses. Je pense qu’il ne pourrait pas être qualifié en un seul mot. Je dirais que notre univers est sombre, lumineux et mystique. Nous n’avons pas la volonté de faire du sombre pour faire du sombre, ça fait partie des sentiments qui habitent l’être humain. Il y a du sombre et de la lumière en chacun de nous. Quant à l’univers mystique, c’est quelque chose qui m’a toujours parlé plutôt dans le Rock car c’est de là d’où je viens mais je l’ai retrouvé dans du Rock psyché plus moderne.

Musicalement parlant où vous situez-vous ?

R : Souvent, je nous situe entre Britney Spears, ASAP Rocky et Gesaffelstein. Globalement, j’essaie d’aller vers quelque chose que je n’ai pas encore entendu ; c’est en tout cas mon objectif artistique personnel. Par contre, j’ai énormément de références comme Étienne Daho, Rendez-vous, des groupes de Post-Punk mais aussi de tous horizons. Ça fait vraiment partie de notre génération aussi car aujourd’hui, nous ne sommes plus que dans des genres spécifiques ; on pioche partout car l’accès à la musique est beaucoup plus facile de nos jours. Là où le Hip Hop et le Post-Punk se rejoignent très bien dans Dalhia, c’est au niveau de la diction car il y a des similitudes dans la parole que ce soit dans le Rock ou le Hip Hop. Ce point de rencontre m’intéresse vraiment. Il y a une énergie qui est présente dans ces deux styles mais aussi une volonté de défendre des choses. J’aime prendre les effets sonores du Rock et les mélanger afin de créer une fusion.

S : Musicalement, c'est un mélange entre de la cold wave dans certaines sonorités et rythmiques, du hip hop dans la voix et du rock dans l'intention. Un mélange de plein d'influences différentes, de plein de groupes que l’on adore. Au niveau des groupes les plus influents ça peut aller de Boy Harsher à Britney Spears comme l’a dit Rachel. Personnellement, j'écoute beaucoup toute la vague Steve Reich, Philip Glass, Terry Riley en ce moment. Je pense que ce qui est important c'est qu'il y a une liberté totale dans notre projet sans aucun préjugé sur un certain de style de musique ou quoi que ce soit. On peut apprécier aussi bien du Rap Français que de la Pop Australienne, que du Hip Hop US que de la Dark Wave d'Europe de l'est donc c'est assez intéressant de travailler ensemble et de se faire découvrir plein de nouvelles choses tout le temps.

Quels thèmes abordez-vous sur votre premier EP ?

R : Cet EP traite beaucoup des angoisses existentielles, de la vie, de la mort, du fait de trouver un sens à son désir dans tout ce bazar, de féminisme qui est un thème très important actuellement et que je voulais défendre surtout d’une manière non aseptisée, de création artistique qui est pour moi un espoir dans toutes situations complexes et difficiles.

(c)Pierre Vievard

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Pouvez-vous nous parler de la mise en images de « Hide My Face » ?

R : Ce clip a été tourné en studio à Paris et aux Colonnes de Cergy ; un paysage assez froid et dur. Cette chanson parle des violences conjugales ; du féminisme et de toutes les relations d’emprise ; j’avais envie de traiter ce thème d’une manière brute et les images reflètent bien cela. Nous ne voulions pas aseptisé les choses et cela se retrouve au niveau des couleurs, du montage, des images de ces corps nus en souffrance plus ou moins distordus. Je trouve ça super positif qu’Angèle puisse dire « Balance Ton Quoi » car ça a des répercussions partout mais chez moi, il y a une envie de dire que ce n’est pas forcément joli. Dans la vie, il y a des sentiments et des relations qui sont pathologiques et il n’y a pas à aseptiser ou à rendre beau cela et c’était vraiment l’idée avec ce clip.

Avez-vous été contactés par des associations d’autant plus que ces violences dont nous venons de parler ont été hélas exacerbées durant les deux confinements ?

R : Non, nous n’avons pas été contactés par des associations mais dans tous les cas, c’est quelque chose qui m’intéresserait. J’ai écrit à certaines associations mais elles étaient débordées et il n’y avait donc ni le temps ni la possibilité. Ces thèmes sont très importants pour moi et ils me touchent humainement même en dehors de l’artistique et de ce que je veux défendre.

Pensez-vous intégrer du français dans Dalhia à l’avenir ?

R : Oui, j’aimerais beaucoup. C’est quelque chose qui me trotte en tête depuis longtemps mais comme toute chose, il faut être prêt car dire les choses et être entendu dans sa langue maternelle, c’est quand même différent. Par ailleurs, le français est une langue qu’il faut savoir manier et je préfère vraiment travailler cela et être prête le moment venu pour avoir le rendu que je souhaite artistiquement parlant.

(c)Pierre Vievard

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Qu’est-ce qui serait le plus inspirant chez l’autre pour chacun de vous ?

S : Ce qui est inspirant chez Rachel, c'est une certaine confiance en soi artistique et sa spontanéité dans l'écriture musicale. La liberté dont elle fait preuve est aussi inspirante et je trouve qu'on est assez complémentaires sur ces points-là.

: Humainement et artistiquement, Simon est très spontané et ce qui me plait énormément chez lui, c’est qu’il sait recadrer certaines choses. Comme je me suis formée toute seule, je n’ai pas forcément tous les codes techniques des logiciels et je lui demande souvent conseil. Il est une aide considérable.

D’après vous quels seraient les lieux les plus à même de recevoir votre musique en live ?

R : Globalement, des lieux où il fait nuit. J’aime les petites salles car c’est intimiste et cela permet vraiment de développer son univers tout en étant secure. Je pense que nous pourrions être intéressants dans tous types de salles mais qu’il faudrait bien savoir comment se présenter. Pour Bourges, nous avions mis en place toute une scénographie avec nos ingénieurs ; c’est une chose à laquelle je n’avais pas forcément pensé au départ ; et c’est vrai que sur une grosse scène ça rend différemment.

S : Pour moi, les lieux les plus aptes à nous accueillir sont des salles de concerts avec un minimum d'équipement technique puisqu'on a quand même besoin d'avoir une certaine puissance en live avec les machines et pouvoir mettre en place notre scénographie et nos jeux de lumière. Honnêtement j'aime bien les "grandes" scènes pour avoir suffisamment de place pour m'exprimer mais pas trop grandes non plus !

https://www.facebook.com/Dalhia999

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