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Rencontre avec Ephèbe afin d’en apprendre plus sur son premier EP !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Quentin Caffier

(c) Quentin Caffier

Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?

Je suis originaire de Tours et je fais de la musique en français. Je suis auteur, compositeur, interprète et je produis et réalise également ma musique. Cela fait trois ans que j’existe sous le nom d’Ephèbe ; projet que j’ai commencé en jouant dans des petits clubs aux États-Unis. Mon premier EP qui a été co-réalisé avec Romain Clisson au Durango Studio à Paris sortira le 06 novembre et il est actuellement défendu par la chanson « Commandant » dont j’ai réalisé le clip. Je dirais que comme on ne fait jamais vraiment tout seul, je travaille avec toute une équipe de potes sur le graphisme, l’image et sur la musique de temps en temps.

Pourquoi Ephèbe ?

C’est un nom que l’on m’a soufflé. Ce n’est pas moi qui en ai eu l’idée et à dire vrai, je n’étais pas convaincu au départ mais je me le suis très vite approprié. J’aime beaucoup ce nom et tout ce qu’il évoque ; les fantasmes, toute l’imagerie liée à l’éphébie, la jeunesse, la question du rite...mais je n’aime pas trop rentrer dans les détails sur les origines de ce nom car cela peut vite être soit prétentieux soit un peu trop surfait.

Ta sélection aux Inouïs du Printemps de Bourges en 2019 a-t-elle été un accélérateur certain pour présenter ton projet musical ?

Oui et non. Oui car cela m’a permis de rencontrer des gens formidables qui font partie de ma vie aujourd’hui ; des artistes avec qui je collabore maintenant, certains professionnels qui ont pu me conseiller et m’accompagner. C’est une date sur laquelle on a beaucoup de pression ; on sait qu’il y a un parterre de professionnels devant nous et ce public a la réputation d’être de marbre mais ça s’est vraiment très bien passé pour mon concert, le public était très répondant mais cela n’a pas changé le cours de ma carrière, je n’ai signé avec une major. Il faut savoir qu’il y a quand même 31 artistes chaque année. Les Inouïs du Printemps de Bourges reste un dispositif formidable qui est chapoté par des gens qui le sont tout autant. Depuis quelques temps, ils font une semaine de formation pendant laquelle on peut vraiment travailler sur son projet, se poser les bonnes questions et échanger et c’est quelque chose de primordial. Ce n’est plus juste une vitrine et c’est un concert qui se fait dans de bonnes conditions. Je suis très heureux d’avoir vécu cette expérience.

(c) Sebastien Roncin

(c) Sebastien Roncin

Comment décrirais-tu ton univers musical ?

J’ai tout un tas d’influences musicales différentes. Je suis très influencé par la chanson française, la Pop Française, le Hip Hop Français et Américain, la musique électronique notamment la Techno, le Rock, tout ce qui New Wave et Cold Wave. J’ai une affection particulière pour les années 80 mais j’essaie de mêler cela avec des influences des années 90 et 2000. J’aime bien penser qu’aujourd’hui, il n’y a plus vraiment de frontières dans les styles ; ce qui est important, c’est que l’artiste soit cohérent dans son propos mais aussi la patte et le caractère avec lequel il le fait.

De quoi parles-tu dans « Commandant » ton nouveau single ?

« Commandant » est une chanson sur l’émancipation. Mon personnage Ephèbe ; mais c’est aussi moi ; s’adresse au commandant et il lui dit qu’il a décidé de partir, de sortir de ce rapport de soumission et de violence qu’il avait avec lui. Cela peut s’appliquer à plusieurs histoires et c’est cela qui est intéressant avec cette chanson.

Faut-il voir dans ce titre comme un « écho engagé » à notre gouvernement actuel ?

Pas du tout, cette chanson illustre vraiment un rapport entre deux individus. Dans « Commandant », je voulais aborder la violence qu’il y a quand quelqu’un a une emprise sur vous et que l’on n’arrive pas à en sortir. En revanche, il est vrai que j’ai des titres où la politique est plus présente ; je suis notamment en train d’en écrire une où il est question des gilets jaunes. En même temps, si toi, tu l’as pris comme cela, c’est cool. Des gens qui ne sont pas forcément familiers à mon histoire ont pensé à l’armée notamment. Ce qui est important, c’est cette sensation de libération que j’ai essayé de retranscrire dans cette chanson.

(c) Sebastien Roncin

(c) Sebastien Roncin

Que retrouve-t-on dans tes textes ?

Une incarnation de questions un peu sociétales, des choses qui touchent à l’intime, à l’amour…J’aime bien jouer avec les images, j’écris mes textes un peu comme je fais des peintures. Avec mes mots, j’essaie de faire des peintures de certaines choses que je ressens ou qui se passent dans le monde ; cela peut être politique, social ou beaucoup plus intime. Sur l’EP, je parle notamment des gens qui se noient en Méditerranée pour rejoindre des frontières européennes, d’homophobie, de notre rapport aux réseaux sociaux, de manque, du fait de prendre sa vie en main et de la vivre à fond…

Comment se déroule la création ?

Chaque chanson peut avoir son thème. Quand j’écris, tout par d’images ou de phrases fortes qui me parlent et très vite, j’essaie de les réunir sous un sujet. Aujourd’hui, que ce soit dans le Rap ou dans la Pop, très souvent, on rappe ou on pose des phrases les unes à la suite des autres, ça peut être cru, marrant ou concerné mais les chansons n’ont plus assez de corps et je trouve ça dommage. Pour ma part, j’aime bien écouter une chanson et comprendre son histoire, qu’il y ait un début et une fin et c’est clairement le cas sur « Commandant ».

En dehors de la musique, évolues-tu dans d’autres domaines ?

Je suis journaliste de formation. Je passe beaucoup de temps sur les plateaux de cinéma mais je ne suis pas dans la démarche de développer une carrière de comédien ; si la comédie doit me tomber dessus un jour, ça sera par hasard ou par surprise.

(c) Sebastien Roncin

(c) Sebastien Roncin

Qu’est-ce que tu aimerais transmettre au public par le biais de la musique ?

Tout un tas de choses différentes ; des émotions fortes, sincères, de l’excitation, de la joie en concert, j’ai envie d’émouvoir les gens, qu’ils se retrouvent dans ce que je raconte. Je sais ce que c’est d’être transporté par un artiste et franchement, si j’arrive à faire un quart de ce que j’ai pu ressentir moi-même en écoutant certains artistes, ça sera déjà énorme. Je voudrais qu’il se passe quelque chose de fort quand on écoute ma musique.

Quels sont tes prochains projets ?

L’EP sort le 06 novembre et j’aimerais bien réaliser un autre clip. Comme cela fait déjà deux ans que je travaille sur ce disque, j’ai déjà écrit de nouvelles chansons et j’aimerais bien pouvoir proposer un tout nouveau disque très rapidement. J’ai envie de fraîcheur et d’écrire un disque plus radical. Je compose beaucoup et pas forcément que pour Ephèbe et comme il se passe plein de choses dans ma vie, il y a plein de directions possibles qui sont à prendre…Je me laisse porter. J’ai des objectifs en tête mais ils sont complètement malléables.

https://www.facebook.com/ephebemusic

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