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Retrouvailles avec Laïn à l’occasion de la parution de son premier album !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Alexandre Aldavert

(c) Alexandre Aldavert

Nous nous étions rencontrés en juin 2018 à l’occasion de la parution de ton premier EP, pourquoi a-t-il fallu attendre aussi longtemps pour découvrir ton premier album ?

J’avais déjà écrit pas mal de textes mais quand nous nous sommes retrouvés en studio, nous avons commencé à créer de nouvelles choses avec Hipsta ; c’était un peu ce que l’on appelle la magie du moment, ces nouvelles choses sont venues au bon moment et elles font partie de l’histoire de cet album.

Pendant ce laps de temps, tes morceaux ont-ils évolué aussi bien musicalement parlant qu’au niveau des textes ?

Effectivement, peut-être que dans l’écriture, il y a eu une évolution car dans cet album, je parle de sujets que je ne pensais pas aborder. Cet album raconte un peu mon histoire, j’y aborde des choses personnelles mais avec beaucoup de pudeur. Dans la manière d’écrire, j’ai pris volontairement une certaine distance. Je pense notamment au titre « Minnesota » qui raconte un événement particulier, il y a peut-être quelque chose d’un peu nouveau. Musicalement, nous avons fait évoluer les morceaux de l’EP ; nous avons rajouté des sons, du violon à certains endroits et nous avons travaillé au niveau du mixage avec Steve du groupe Shaka Ponk, il a ajouté une touche plus rentre-dedans et c’est ce que je voulais. Je souhaitais une musique électronique avec des arrangements assez chargés sur laquelle je pouvais arriver à placer du texte.

Pourquoi l’as-tu baptisé « Clean » ?

Tout simplement car cet album raconte mon parcours. J’ai beaucoup bossé dans le milieu de la nuit et j’ai eu un peu une phase de descente aux enfers. Au départ, je ne voyais pas trop l’intérêt de parler de cela mais au fur et à mesure que j’avançais dans l’écriture, je me suis aperçue que cela faisait partie intégrante de moi. J’ai choisi d’être honnête avec les gens et de faire un album personnel sans omettre une partie hyper importante de moi mais en la racontant avec un message d’espoir. « Clean » raconte tout ce que je suis aujourd’hui ; c'est-à-dire quelqu’un qui a décidé d’être abstinente de plein de choses mais en même temps, on n’est jamais complètement clean et c’est ce qui fait le côté très humain. Je pense que le fait d’avoir toujours quelque chose de travers est ce qui est touchant dans l’humanité.

(c) Alexandre Aldavert

(c) Alexandre Aldavert

Comment décrirais-tu l’atmosphère de ton premier album ?

Je dirais que c’est un album très paradoxal. Il y a de la force dans ce disque ; notamment au niveau des arrangements ; mais aussi de la douceur et cela vient peut-être de mon intervention. J’aime beaucoup l’opposition entre à la fois le côté rentre-dedans et le fait de cueillir les gens sur de la bienveillance et de la douceur dans le choix des mots. Il y a des images très poétiques dans ce disque à l’atmosphère très contrastée.

Quels thèmes abordes-tu sur ce disque ?

C’est un album sur lequel j’admets être plurielle. J’avais envie de mettre en avant le fait que l’on peut être plein de femmes différentes. Aujourd’hui, il y a un mouvement pour les femmes mais quand j’ai écrit ce disque, c’était quelque chose qui était déjà très important pour moi et je sentais bien qu’il y avait peut-être une difficulté pour les femmes de s’admettre plurielles ; libres, fortes, fragiles, parfois trop dans l’excès…et de ne pas assumer toutes ces facettes. Ce disque parle notamment de mon côté citoyenne, de mon engagement face à la république et à tout ce que nous avons traversé, j’aborde cela sous fond d’histoire d’amour étranger dans « Marianne ». « Matelot » est représentatif de l’amoureuse qui sombre. Dans « Minnesota », je suis une revenante, j’y raconte vraiment ce passage où je suis devenue clean. « L’Appel d’Air » parle des obsessions ; peu importe sur quoi elles portent. « Le Reflet Des Drapeaux » parle de ma facette de petite fille de résistant. Quand il est parti, je me suis retrouvée face à tous les résistants de France avec leurs drapeaux et j’ai eu une émotion très forte car tout d’un coup, j’ai considéré l’histoire de mon grand-père. « La Fin De L’Hiver » parle de dépression…Ce disque décline un peu toutes mes facettes.

Était-ce une évidence de partager vocalement un titre avec Hipsta sur « Clean » ?

Avec Hipsta, musicalement, ça a matché immédiatement, il y a eu une vraie entente. Hipsta m’a apporté quelque chose de très fort dans les arrangements et il m’a emmené là où je n’aurais pas pensé aller et c’est cela qui est intéressant dans les collaborations. Sur « Féroce », nous sommes partis de l’idée de refaire une sorte de « Bonnie And Clyde ». Pour le coup, c’est peut-être la touche d’humour de l’album et en vérité, c’est un hommage à Serge Gainsbourg. Nous avons imaginé la véritable histoire. Nous sommes partis dans un jeu en studio et nous avons décidé de travailler ensemble. Ce duo s’est un peu fait à la dernière minute car il n’était pas forcément programmé.

(c) Alexandre Aldavert

(c) Alexandre Aldavert

Qu’aimerais-tu que le public retienne de « Clean » ?

J’aimerais que le public retienne un message de force. Mes attentes avec cet album étaient de partager mon histoire mais également de très vite partager avec les autres leur ressenti. Après la sortie de mon premier EP, beaucoup de gens sont venus vers moi pour me dire que mes textes leur parlaient ; ce n’était pas une évidence pour moi car j’ai une écriture particulière. Chacun a pu y calquer son histoire car on ne lui imposait pas quelque chose de trop concret dans l’écriture. Chacun a pu se dire que c’était sa chanson. Je commence déjà à avoir ce genre de retour sur les chansons de l’album et notamment sur « Marianne ». Ce qui compte pour moi dans ce disque, c'est la force, l’espoir, le partage et le fait que l’on a tous des combats à mener et que l’on peut les gagner.

Si « Clean » illustrait un sentiment, quel serait-il ?

La liberté.

As-tu commencé l’écriture de la suite et si oui, cette année 2020 t’a-t-elle inspirée ?

J’ai commencé l’écriture du deuxième album mais je n’ai pas l’impression d’avoir été inspirée par cette année 2020 en-soi. Souvent, prendre de la hauteur est assez important. « Clean » parle de choses qui me sont arrivées il y a cinq ans, j’ai donc quand même mis un peu de temps à arriver à en parler. En revanche, si je dois trouver quelque chose de positif à cette année 2020 qui a été, qui est et qui semble continuer à être dure, c’est qu’elle me laisse le temps car nous ne pouvons pas nous produire sur scène et  je vais optimiser ce temps justement pour faire ce second album.

(c) Alexandre Aldavert

(c) Alexandre Aldavert

De quels artistes te sens-tu proche que ce soit musicalement parlant ou en termes de sensibilité ?

Alain Bashung a vraiment été un socle pour moi tout comme Serge Gainsbourg. Aujourd’hui, je retrouve beaucoup Bashung chez Benjamin Biolay. Il y a quelque chose de viscéral et comme une urgence dans l’album « Trash Yéyé » et ça me fait beaucoup penser à moi et à ce que j’ai pu ressentir dans l’écriture de « Clean ». L’art des autres est extrêmement inspirant pour moi ; le cinéma, la littérature…Je viens de terminer « Yoga » d’Emmanuel Carrère et je m’y suis identifiée. En ce qui concerne le cinéma, je pense notamment au film « Cléo de 5 à 7 » d’Agnès Varda. Ça m’aide aussi à visualiser quel clip j’aimerais faire derrière si j’avais une image à mettre.

Toi qui as une plume certaine, as-tu déjà pensé à développer le propos d’un point de vue littéraire ?

Je me posais encore cette question récemment…J’aimerais beaucoup écrire un livre un jour, je ne sais vraiment pas si cela va aboutir mais c’est en tout cas dans un coin de ma tête.

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