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Retrouvailles avec Vaslo à l’occasion de la parution de son premier album !

Publié le par Steph Musicnation

(c) David Desreumaux

(c) David Desreumaux

Tu t’es présenté au grand public avec un premier EP en 2017…La pression a-t-elle été la même pour ton premier album qui vient de sortir ?

Même si j’espère avoir changé entre mon premier EP et ce premier album, la pression a été la même car il y a toujours un public à allé chercher et c’est cela qui me fait vibrer ; le fait d’être écouté pour la première fois et la réaction des gens. Avec mon premier EP qui n’est plus en stock,  j’ai connu un début de public et durant ces trois dernières années, cette audience s’est agrandie. Il y avait donc une certaine attente et la pression est là ; je ne voulais pas refaire le premier EP mais proposer autre chose même si je voulais que les gens qui ont assisté aux concerts depuis 3 ans retrouvent ce qui a fait qu’ils ont aimé dès la première écoute.

Peux-tu expliciter le titre de ton premier long format ?

Cet album s’intitule « A Travers Les Regards » et il débute avec une chanson qui s’appelle «  A Travers ». Je démarre ce titre en disant que je vis à travers les regards et j’y aborde la notion de regard porté sur nous et son influence sur tous nos choix ou non-choix. Pour ma part, j’ai vécu des années et des années de non-choix durant lesquelles on me disait un peu quoi faire car c’était soit disant la meilleure chose à faire pour moi et je suivais car je faisais confiance. Grand bien m’en a pris car j’en suis arrivé là où j’en suis et je ne regrette absolument rien mais j’ai conscience aujourd’hui que ce n’était pas vraiment mes propres choix sinon ceux des autres et moi, je me voyais dans leur regard.

« A Travers Les Regards » pourrait suggérer un album d’observation…te retrouve-t-on également toi-même au fil des textes ?

Il y a les deux car sur cet album, il y a le regard que les autres nous portent et inversement, celui que l’on porte sur le monde, celui que l’on porte sur soi-même… Chaque chanson parle un peu de cela.

(c) David Desreumaux

(c) David Desreumaux

As-tu travaillé avec les mêmes personnes sur ce disque par rapport à ton EP « Réveil » ?

La « famille » n’est plus du tout la même, elle a changé. J’avais enregistré mon premier EP dont je suis très fier au Studio Bernadette avec Eliott Sky qui était aux manettes de la réalisation mais durant ces trois dernières années, j’ai fait d’autres rencontres et j’ai eu la chance d’être accompagné par plusieurs dispositifs à Paris et à Pontoise et c’est grâce à eux que je me suis reconstruis toute une équipe. A mes côtés, on retrouve Martina Rodriguez au violoncelle et Pierre Mahier à la batterie ; il y a eu un vrai coup de cœur musical mais aussi humain avec ces deux musiciens que je trouve formidables. Ils ont ajouté leur patte sur scène mais également sur l’album. La directrice de l’accompagnement à Pontoise ; Élise Turbat ; qui est aujourd’hui ma manageuse m’a fait rencontré Vincent Thermidor qui était intervenant dans ce cadre-là et qui nous a ouvert les portes de son studio d’enregistrement. Vincent a co-produit l’album avec Julien Fougeron qui se produit sur scène sous le nom de Jules & Le Vilain Orchestra. Là encore, ça a été un coup de cœur. Il faut savoir qu’au départ, je pensais plutôt n’enregistrer que deux nouveaux titres mais je n’arrivais pas forcément à choisir lesquels et avec Jules, nous nous sommes dit que nous allions faire directement un album de neuf titres. Aujourd’hui, Jules est un peu mon mentor d’autant plus qu’il était coach scénique durant cet accompagnement à Pontoise ; nous a ouvert tellement de portes artistiquement et scéniquement parlant, il nous a poussé dans nos retranchements et nous avons énormément appris à travers ces différents accompagnements. Grâce à Jules, j’ai également rencontré Béatrice Mochel qui est ma chargée de diffusion. Aujourd’hui, je peux dire que je suis entouré d’une équipe soudé qui va vers l’avant.

Pourquoi as-tu choisi d’inclure certains titres de ton EP sur ton album et peux-tu nous dire pourquoi ceux-là en particulier ?

Effectivement, « Amor(t) » et « Save » figuraient déjà sur mon EP mais j’ai eu envie de les inclure sur cet album car mes titres ont énormément évolué durant ces trois dernières années et je ne suis pas de cette école qui dit qu’une fois qu’un titre a été enregistré, on n’y touche plus. Pour moi, chaque titre a sa propre vie et « Amor(t) » et « Save » ont tellement évolué qu’il était important pour moi de leur donner une autre dimension. Sur l’EP, les titres étaient très produits et en ce qui concerne « Amor(t) », j’ai voulu revenir à quelque chose de plus épuré, de plus acoustique et de plus essentiel afin de remettre les mots au centre de cette chanson car je me suis rendu compte au fil des lives que les mots perdaient en intensité car il y avait plein d’éléments qui se rajoutaient sur scène.

On te sent plus engagé sur ton album, est-ce le cas ?

Oui, il y a des titres très engagés ; je pense notamment à « Nous Avons Tout Mélangé » qui est un regard plein d’espoir mais assez réaliste sur ce qui se passe dans notre monde et « Le Temps Des Oubliés » qui parle de tous les oubliés de la société que l’on ne regarde plus ou que l’on n’ose même plus regarder. Ces titres-là sont engagés pour moi et c’est comme cela que je les chante aussi. Quand j’interprète « Nous Avons Tout Mélangé », j’ai parfois envie de hurler haut et fort qu’il faut que l’on se délivre de tout cela.

(c) David Desreumaux

(c) David Desreumaux

Justement, en 2017, tu nous parlais déjà de la composition de la chanson « Le Temps Des Oubliés »…c’était un peu prémonitoire avec le contexte actuel. Cette chanson a-t-elle pris un autre sens pour toi ?

Oui et d’ailleurs, c’est pour cela que nous ouvrons le concert sur cette chanson car j’avais besoin de lui donner de l’importance. Cette chanson permet de créer un espace, un paysage, c’est un rideau qui s’ouvre sur un décor. On imagine tout de suite le clochard qui est dans le métro et que personne ne voit, la femme qui n’en peut plus et qui jette sa bouteille par terre car elle a envie d’être entendue, les immigrés qui ont remué ciel et terre pour venir ici alors qu’ils se font cracher dessus…A chaque fois que je chante cette chanson, elle a toujours plus de sens car quand on écoute les actualités, il y a de plus en plus d’oubliés et notamment avec le Covid ; il y a eu les oubliés qui étaient au front malgré tout ; les éboueurs, le personnel de caisse, les aides-soignants…Quand je chante le temps des oubliés, c’est leur temps à eux. Je pense que les manifestations ne font que commencer et que l’on continuera de crier pour ces gens afin que leurs droits soient respectés et que leurs voix soient entendues.

Quels thèmes majeurs retrouve-t-on sur ton album ?

Il y a le thème de l’espoir, de la prise de conscience de manière universelle, le social et celui de la liberté qui se peut se voir à travers les paroles mais aussi beaucoup à travers les arrangements. Il y a un mélange qui se crée entre le violoncelle et la batterie, nous avons apporté beaucoup d’attention dans les sons et dans les objets utilisés comme des clés et des gros tambours. Sur cet album, je voulais transmettre cette liberté que j’ai sur scène à chanter et à partager avec mes musiciens et le public et c’est pour cela que je voulais revenir à quelque chose de plus acoustique.

« Get Up » qui est sorti en amont de ton album en donne-t-il le ton musical ?

« Get Up » est un titre un peu à part. A la base, c’était un duo guitare-voix- danse que j’avais écrit pour une danseuse. Il y a quelque chose de très tribal dans ce morceau et je me suis dit que pour préparer la sortie de l’album autant dévoiler ce titre-là durant l’été. Il y a quelques temps déjà, nous avions sorti « Les Princesses » et c’est vrai qu’entre les deux, c’est un peu le grand écart mais c’est aussi ça qui me plaît, que chaque morceau ait sa propre identité et que les gens ne se disent pas que deux morceaux se ressemblent.

(c) David Desreumaux

(c) David Desreumaux

Comment décrirais-tu l’atmosphère de cet album ?

Je pense qu’il y a une forme de mélancolie heureuse sur ce disque duquel on ressort avec plein d’images dans la tête. Par ailleurs, il y a un côté très cinématographique sur cet album qui peut s’écouter les yeux fermés…sauf dans sa voiture, bien entendu (rires).

Qui retrouve-t-on dans tes références actuelles ? Ont-elles évolué depuis le début de ton projet ?

Ça a toujours été compliqué pour moi de trouver des références même si j’ai des inspirations…J’écoute notamment Jacques Brel, Matthieu Chédid dont j’aime la curiosité et le mélange des styles mais nous n’avons pas le même univers, Leonard Cohen,…On m’a beaucoup parlé de Charlie Winston et certains de mes morceaux pourraient être associés à du Dominique A ou à du Ben Mazué et pour le slam « Nous Avons Tout Mélangé » à Grand Corps Malade ou à Abd al Malik.

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