Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Rencontre avec Tristen lors de son concert au Zèbre de Belleville !

Publié le par Steph Musicnation

Rencontre avec Tristen lors de son concert au Zèbre de Belleville !

D’où vient le nom Tristen et que représente-t-il pour toi ?

Ce nom vient des tréfonds de mon esprit sans qu’il n’ait une signification particulière. Je suis Toulonnais de naissance et j’ai grandi dans cette ville jusqu’à mes 20 ans avant d’aller vivre à Marseille et à Paris, je cherchais un nom exotique et Tristen m’a fait penser à la Bretagne et aux Celtes et ça s’arrête là. Pour moi, Tristen, c’est de l’exotisme.

« Les Identités Remarquables » ton quatrième album vient de sortir, quel regard as-tu sur ton évolution depuis tes débuts ?

J’ai un regard bienveillant sur ces années (rires). J’ai évolué dans l’écriture mais ma musique n’a pas trop changé depuis mes débuts car je fais toujours de la Pop Indie. Lorsque je suis descendu à Montpellier il y a quatre ans et que j’ai commencé à écrire ce quatrième album, j’ai rencontré Romain Delorme qui m’accompagne aujourd’hui. Je suis un grand fan de Romain qui joue dans plusieurs groupes de Montpellier, j’ai toqué à sa porte, il a accepté de me donner son expertise et il m’a aidé à arranger mes chansons qui partent toujours de mes mélodies ou de mes textes dans une démarche de homestudiste et de bricoleur. Romain m’a un peu éloigné de ma zone de confort.

As-tu abordé ton nouveau disque de la même manière que ses prédécesseurs ?

Contrairement à mes précédents disques pour lesquels je me suis fait aider par diverses personnes, j’ai écrit tous les textes de ce nouvel album à l’exception de la reprise de « Voyage, Voyage ». Auparavant, il m’arrivait de prendre des bouts de textes et de les assembler, parfois, le texte était de quelqu’un d’autre et d’autres fois, je lançais deux ou trois pistes de paroles et l’autre auteur complétait mais ce n’était jamais moi à 100% alors que pour « Les Identités Remarquables », j’ai tout écrit moi-même en prenant confiance et j’en suis content car ce disque est beaucoup plus personnel et il me correspond plus.

Rencontre avec Tristen lors de son concert au Zèbre de Belleville !

Serait-ce l’aspect narratif que tu mettrais en avant dans ton projet musical ?

Non plutôt descriptif car mes chansons ne racontent pas des histoires proprement dites avec un début et une fin et il n’y a pas de messages explicites dans mes textes.

Que sont ces identités remarquables qui donnent son nom à ton nouvel album ?

Je suis un ancien prof de maths ; est-ce que simplement dire cela répond à ta question ? (Rires). On fait apprendre ces identités remarquables aux élèves en 4ème et 3ème. Ce sont des petits outils qui permettent de simplifier les calculs. Il y a une deuxième lecture dans ce titre pour moi : personne ne se  souvient encore de ces identités remarquables mais pourtant au même titre que chaque chose que l’on apprend au collège ou au lycée, elles façonnent l’apprentissage par petites touches, ça laisse des traces dans notre cerveau et ça aide à réfléchir. Par ailleurs, je suis très fan de l’album « Espérance Mathématique » de Marie Modiano et j’avais envie d’un titre qui sonnait mathématique lui aussi.

De quoi parles-tu sur ce disque ?

Je pourrais te retourner la question car je n’en sais rien en fait. J’essaie de moins en moins de dire des choses explicites. Je prends une phrase ici ou là et je laisse la plume et les sonorités me guider. Dit comme cela, on pourrait croire que c’est du total surréalisme et que ça part dans tous les sens... il y a un fil directeur mais je ne l’ai pas cherché.

Rencontre avec Tristen lors de son concert au Zèbre de Belleville !

Peux-tu nous en dire plus sur les collaborations présentes sur cet album ?

Elles sont merveilleuses (rires) ! Déjà, Romain Delorme qui a fait les arrangements, joué de la basse et du synthé sur plein de titres. Sur cet album, on retrouve beaucoup de gens de Montpellier et d'ailleurs que j’adore ; Gilles Ivanez qui joue dans plusieurs groupes et qui est venu jouer de la guitare, Nicolas Iarossi qui est le chanteur de Iaross et qui est venu jouer du violoncelle, Guillaume Gardet de Soos qui joue du bugle et de la trompette, Agnès Gayraud alias La Féline avec qui je partage le titre "Heureux les simples d'esprit"  et ma femme Bénédicte qui chante plusieurs duos avec moi.

Justement, aurais-tu envie d’un vrai projet de duo avec Bénédicte en parallèle à Tristen ?

Nous avons déjà eu un projet hyper underground en commun qui s’appelait Blanche As A Name, nous avons sorti deux EPS signés en maison de disque et nous avons même été chroniqués dans Magic. Nous n’avons pas pu présenter ce projet sur scène car ça nécessite beaucoup de répétitions, nous avons des boulots à côté tous les deux, des enfants et ça demandait trop de travail. Bénédicte écrivait les paroles en anglais et je faisais la musique. Tous les ans, on se demande quand est-ce qu’on présentera Blanche As A Name sur scène mais la fatigue et le quotidien viennent se greffer là-dessus! Mais on ne désespère pas de faire un concert avant la cinquantaine !

Pourquoi as-tu fait le choix de reprendre « Voyage, Voyage » de Desireless ? Peux-tu nous dire où as-tu voulu emmener cette chanson ?

Je ne sais pas a priori où j’ai voulu l’emmener, j’ai fait ce que j’avais envie de faire et visiblement, c’est allé vers quelque chose de plus épuré et de moins synthétique où l’on comprend peut-être mieux les paroles. Je suis né en 1977, j’ai grandi dans les années 80 et cette chanson m’a marqué. Ado ou jeune adulte, je me suis un peu censuré, je ne disais pas que j’aimais ABBA ou Desireless mais en vieillissant, je trouve ça bien d’assumer ce que l’on a aimé. Il y a beaucoup de mélancolie dans cette chanson et c’est quelque chose qui me caractérise.

(c) Marie Urbain

(c) Marie Urbain

Contemplation I et II sont-ils des indices qui aideraient l’auditeur à trouver où tu puises ton inspiration ?

Oui, je puise beaucoup cette inspiration dans la nature et dans l’observation de ce qui m’entoure. Pour citer un exemple, la chanson « Les Bourgeons De Fer » parle de paysages urbains. Dans « Contemplation I », je regarde les nuages et je me laisse aller à écouter les sensations en moi. « Contemplation II » est née de l’observation de deux feux follets au-dessus d’un lac et je les ai personnifiés. C’est purement descriptif.

Qui sont les artistes qui t’ont donné envie de faire de la musique ?

Je ne m’en rappelle pas car j’ai l’impression que personne ne m’a particulièrement donné envie de faire de la musique. C’était plus une volonté de ma part de m’exprimer car j’étais un adolescent timide et introverti tout en étant quand même insolent et extraverti quand il fallait. J’ai fait un peu de théâtre mais ça ne me correspondait pas tant que cela alors que la musique me permettait de sortir quelque chose de moi. Je suis venu au chant sur le tard car j’étais batteur au départ, je voulais être dans des groupes et jouer avec des copains.

Rencontre avec Tristen lors de son concert au Zèbre de Belleville !

Aimerais-tu développer le propos un jour par un autre biais ?

Je ne me sens pas d’écrire sur la longueur. Écrire une chanson, c’est déjà compliqué, la quantité est dure à produire alors un livre, n’en parlons pas (rires) surtout si c’est un ouvrage à volonté artistique ; si c’est un essai ou quelque chose de technique, ce serait autre chose…

Quels sont tes prochains projets ?

Malgré la conjoncture actuelle, je cherche à faire des concerts car j’aimerais faire vivre cet album.  Le 11 février, je serai en showcase solo au Télégraphe à Toulon et dans la même configuration, le 16 avril aux Balades Sonores à Paris. C’est un peu encore trop tôt pour en parler car je viens de terminer ce disque mais c’est sûr qu'écrire de nouvelles chansons va rapidement me redémanger à nouveau.

Commenter cet article