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Rencontre avec Siska lors de son récent concert à la péniche Metaxu !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Stef Durel

(c) Stef Durel

Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?

Je suis une artiste, je chante, j’écris la plupart de mes textes et je compose. Je propose un univers qui représente vraiment ce que je suis à un instant T et il est donc en constante évolution. Je dirais que mes origines déterminent surement beaucoup ma musique car je vis à Marseille ; ce qui n’est pas neutre ; je suis la seule Française de ma famille, mon père étant d’origine Africaine et ma mère venant d’Europe de l’Est.

As-tu très tôt rêvé musique ?

En fait, j’ai très tôt rêvé spectacle. Mes parents ne vivaient de la musique mais ils en écoutaient beaucoup et ils dansaient énormément. J’ai été bercée par les comédies musicales comme « West Side Story ». J’ai commencé par la danse, j’ai été petit rat de l’opéra à Marseille mais j’ai vite préféré la danse contemporaine et Jazz à la danse classique.

Quel a été le déclic pour te lancer en solo ?

Avant de me lancer en solo, j’ai fait partie du groupe Watcha Clan durant une quinzaine d’années et le déclic est venu justement de cela car j’ai toujours fait de la musique en groupe même avant celui-là et à un moment donné, j’ai ressenti le besoin de me confronter à moi-même afin de savoir ce que je pouvais dire ou faire toute seule et si j’étais capable de sortir un album en solo. Le fait de devenir maman d’une petite fille à ce moment-là a été un déclencheur pour arrêter la tournée car avec Watcha Clan, nous faisions 100 concerts par an, nous étions tout le temps sur la route et même musicalement parlant, j’avais besoin de faire autre chose qui était moins sur l’énergie. Je me suis vite retrouvée dans la problématique d’être maman, de devoir avoir une vie sédentaire, d’être artiste, amante, de jouer un peu tous ces rôles et d’anticiper un peu le temps alors qu’auparavant, je vivais dans la spontanéité. Tout cela est à l’origine de ce que j’ai écrit et de cet univers Siska car je voulais m’inscrire dans la société.

(c) Julie Lagier

(c) Julie Lagier

Avec le recul, quel regard as-tu sur « A Woman’s Tale » ton premier album paru en 2016 ?

J’ai un regard bienveillant sur ce disque même si j’y vois plein de faiblesses. Je trouve qu’il y a eu une vraie évolution par rapport à ce que je faisais auparavant lorsque je chantais en arabe et en hébreu et « A Woman’s Tale » sur lequel je faisais mon egotrip en racontant ma vie. Sur cet album, je vois des maladresses de débutante et c’est aussi pour cela que j’ai vite envie de recomposer même si je n’ai jamais vraiment arrêté. J’ai envie de faire des choses plus épurées.

On a la sensation qu’en trois ans et demi, tu as beaucoup évolué musicalement parlant…

Je suis d’accord car je vais plus à l’essentiel, musicalement, ma voix est plus mise en avant, je vais moins dans toutes les directions et c’est plus épuré.

Il y a un peu de français sur « When U Leave It » ton nouveau single, vas-tu creuser cette voie-là ?

A présent que je sais plus ce que j’ai envie de dire, j’ai intégré du français à mes chansons et cela me permet d’enfoncer le clou. Culturellement, je me suis beaucoup cherchée, j’ai chanté en arabe, en hébreu, en anglais car c’est la langue dans laquelle je me rêvais quand j’étais gamine puisque j’ai écouté beaucoup de musique anglo-saxonne. Maintenant, ma musique est un mélange de français et en anglais et je traduis dans les deux langues ce que j’ai envie de dire.

Rencontre avec Siska lors de son récent concert à la péniche Metaxu !

« When U Leave It » est plus électronique mais ses remixes le sont encore plus, la suite sera-t-elle dans cette veine-là ?

Oui, clairement et de toute façon, je viens de l’Electro. J’ai commencé en faisant des soundsystems, j’étais dans la mouvance Dubstep, j’écoute beaucoup de Trap et j’aime beaucoup mélanger l’organique avec l’Electro, les voix très chaudes avec une musique d’aujourd’hui très contemporaine. Mon binôme dans la production est vraiment là-dedans et nous travaillons avec beaucoup de rappeurs à Marseille. Oui, c’est certain du coup que c’est ma voie même si je prends souvent des chemins de traverse car j’aime expérimenter.

De quoi parle « When U Leave It » ?

Il y a plusieurs grilles de lecture dans ce titre qui parle du fait de tout plaquer et d’emporter quelqu’un avec soi. Au début, je pensais à une relation amoureuse dans laquelle on ne peut s’épanouir à cause de la routine mais ensuite, j’ai perdu pas mal de gens qui m’étaient chers l’année passée et j’ai eu l’impression qu’une partie de moi partait avec eux mais j’avais aussi envie qu’ils la prennent. « When U Leave It » aborde le fait de vouloir garder une relation intime avec quelqu’un malgré tout.

Peux-tu nous en dire plus sur le clip qui l’illustre et notamment sur ce fil rouge ?

Ce clip a été réalisé par Julie Lagier qui est quelqu’un que j’aime beaucoup. Julie est photographe au départ et elle a d’ailleurs récemment exposé au Carrousel du Louvre. Elle a un univers totalement décalé et elle a un rapport très unique avec son corps dans ses photos. Dès notre rencontre, ça a été une tombée en amitié et depuis, nous ne nous quittons plus beaucoup. Julie m’a inspirée sur ce morceau car quand je cherchais la mélodie de « When U Leave It », elle faisait ses photos et nous étions un peu en symbiose. C’est mon manager qui lui a demandé de faire le clip car pour lui, c’était une évidence. Ce fil peut être perçu de plusieurs façons. La femme qui est liée à l’homme lui ressemble beaucoup et on peut se demander si c’est une partie d’elle qu’elle détache à la fin ou qu’elle ingère car elle mange ce fil rouge ou est-ce qu’elle se défait de cet homme…Ce fil peut être une laisse qu’elle coupe…Chacun peut se faire sa propre lecture. J’ai laissé carte blanche à Julie sur ce clip.

Rencontre avec Siska lors de son récent concert à la péniche Metaxu !

Comment imagines-tu ton prochain pas discographique ?

J’adore le format de l’EP car on n’est pas obligé de sortir dix morceaux d’un coup et cela permet de revoir les chansons car j’ai du mal à lâcher mes bébés. J’aime l’idée de sortir quelques morceaux et d’en faire remixer d’autres. En revanche, c’est vrai que c’est chouette de sortir un album entier afin de délivrer tout un univers. Pour le moment, je ne sais pas encore comment je vais distiller tous ces prochains morceaux qui sont très divers les uns des autres et qui risqueraient de constituer un album qui ne serait pas assez homogène. Peut-être que je vais sortir ces chansons par thèmes…

Quel mot synthétiserait au mieux l’artiste que tu es ?

C’est dur ça ! J’hésite entre plusieurs mais je vais dire éclectique !

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