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Rencontre avec Doriand pour la sortie de « Portraits » !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Xavier Bellanger

(c) Xavier Bellanger

Peux-tu nous dire de quoi est composé « Portraits » ton nouvel album ?

« Portraits » est composé de chansons écrites pour plein d’artistes pour lesquels j’ai eu la chance d’écrire ou de co-écrire et il est composé également de chansons écrites pour moi et présentes sur mes anciens albums. « Portraits » est un jeu de miroirs entre des chansons qui n’étaient pas faites pour moi mais écrites par moi et des chansons qui ont réellement été écrites pour moi mais chantées par d’autres artistes.

Pourquoi as-tu fait le choix de faire chanter des titres de « Portraits » par d’autres artistes alors que c’est ton album ?

Parce que c’était le bon moment. Cela fait plus de 20 ans que j’écris des chansons et « Portraits » est mon cinquième album. J’avais l’impression de vivre deux carrières en parallèle ; ma carrière d’interprète qui est plutôt discrète car je ne fais pas des disques très souvent et ma carrière d’auteur qui est assez active et dans laquelle je m’engage énormément auprès d’artistes que j’aime et que je défends et je me disais que c’était le moment de réunir ces deux vies afin qu’elles ne soient plus parallèles et qu’elles se rejoignent. Les artistes pour lesquels j’ai pu écrire des chansons très connues sont venus chanter mes chansons à moi qui n’étaient pas connues du tout et moi, j’ai pu reprendre leurs titres connus que nous avions créé ensemble.

Comment est née l’idée de ce disque ?

L’idée est venue de Sylvain Taillet qui est le directeur artistique de Barclay depuis 20 ans et également un ami. Quand il m’en a parlé il y a 3 ans, je n’étais pas du tout prêt à le faire car je n’avais pas la vision de ce projet mais après avoir vécu une rupture assez douloureuse et un changement de vie assez radical, je me suis dit que c’était le moment d’avoir un instant de récréation. « Portraits » était le projet idéal pour cela ; comme quoi les projets savent attendre le bon moment.

Rencontre avec Doriand pour la sortie de « Portraits » !

On a le sentiment que contrairement à d’autres, tu n’as jamais vraiment cherché à être au premier plan sur le devant de la scène…Sommes-nous dans le vrai ?

Oui car pour avoir écrit pas mal de tubes pour les autres, si j’avais vraiment voulu me mettre sur le devant de la scène, peut-être que je me serais octroyé quelques titres tubesques ou un peu plus efficaces. Je pense que j’aime bien ma position qui est d’être engagé auprès de quelqu’un quand j’écris pour lui et donc d’être dans l’ombre mais aussi d’être dans une forme de discrétion qui me ressemble quand j’écris pour moi ; c’est aussi la place des poètes qui aiment observer de loin. J’aime bien cette position un peu solitaire car c’est aussi comme cela que j’ai toujours conçu la musique. Même si je suis ravi quand des chansons marchent, je suis toujours le premier surpris.

Quels autoportraits dresserais-tu de Doriand l’artiste et de Doriand l’homme ?

Je pense que c’est un peu la même chose car ils se réunissent de plus en plus. Il y a très longtemps, Doriand l’artiste était sans doute plus centré sur lui mais entre-temps, j’ai eu des enfants. Aujourd’hui, ce n’est plus moi la priorité dans ma vie, ce sont enfants et donc Doriand l’artiste est un peu décentré de tout cela et de côté peut-être un peu plus obsédé par l’idée de faire un disque, une carrière, de faire des choses qui existent afin de laisser une trace ; c’est comme si finalement ce problème avait été consolé par la venue de mes enfants et c’était un beau cadeau de la vie. Doriand l’homme, c’est quelqu’un qui s’épanouit avec son métier d’auteur parce que j’ai rencontré des gens fantastiques qui m’ont donné beaucoup de courage et de reconnaissance par rapport à mes disques qui ont moins bien marché. Ces personnes avaient sur moi un regard très admiratif et fidèle et là, je parle d’amitiés qui ont 20 ans. Aujourd’hui, l’artiste et l’homme sont assez réunis et je dresserais donc à peu près le même portrait pour les deux.

Tu as fait des adaptations en français notamment pour Mika, Josef Salvat, Mans Zelmerlöw et Robbie Williams, comment travailles-tu pour cet exercice ? Échanges-tu avec ces artistes internationaux ?

L’adaptation est un travail très musical. On m’appelle pour les mots mais en fait, tout est une question de musique. Comme la chanson existe déjà en anglais, il faut que les mots en français réussissent à sonner aussi bien que sur la version originale. Il ne faut pas qu’il y ait de fracture entre le passage de l’un à l’autre. J’avais déjà effectué ce travail sur « Toutes Les Femmes De Ta Vie » pour le groupe L5 afin que le titre en français sonne aussi bien qu’un titre écrit en anglais. Pour répondre maintenant à la seconde partie de la question ; bien sûr, je communique avec les artistes. J’ai passé une journée en studio avec Robbie Williams pour enregistrer l’adaptation de « Time On Earth ». J’ai vraiment adoré Robbie Williams qui est très drôle. Il en va de même pour Mans Zelmerlöw et Josef Salvat que j’ai revu récemment car j’ai retravaillé deux chansons pour son nouvel album. Il y a eu quelques adaptations pour Mika mais maintenant, nous écrivons des chansons ensemble et cela fait 12 ans que la musique nous a rendu amis car nous nous sommes connus par le travail après qu’il eut retenu l’un de mes textes.

Rencontre avec Doriand pour la sortie de « Portraits » !

Peux-tu nous parler de ta collaboration avec Michel Polnareff sur « Enfin ! » ?

C’était un pari. On m’a proposé d’aller rejoindre Michel Polnareff pour essayer de l’aider sur les quatre textes sur lesquels il bloquait depuis des années. Beaucoup d’auteurs avaient été là-bas mais ça ne fonctionnait pas, la rencontre ne se faisait pas. On m’avait présenté le personnage comme quelqu’un de très compliqué et d’imprévisible mais j’ai pris mon avion pour Los Angeles, j’ai loué une voiture pour le rejoindre dans le désert à Palm Springs et j’ai rencontré Michel plus que Polnareff et c’est cela que je retiens des 80 jours que nous avons passés ensemble là-bas par intermittence car j’y suis revenu plusieurs fois. Nous passions nos journées à écrire mais pas uniquement car nous parlions de la vie et du métier, nous étions presque hébétés de voir que nous avions autant de points communs sur notre vision de la Pop, de l’amour, de l’amitié, de notre rapport aux enfants…C’est quelqu’un de complexe plus que de compliqué, il faut essayer de le comprendre, il est extrêmement tendre et je l’ai eu au téléphone encore très récemment.

Quel est selon toi la collaboration la plus inattendue qu’il t’a été donné de faire ?

Je vais dire Michel Polnareff et Alain Bashung car ce sont deux artistes auxquels je n’aurais jamais osé penser. Bashung avait demandé qu’on lui envoie des textes sans qu’il ait le nom des auteurs afin de ne pas être influencé. Il a retenu l’un de mes textes et c’est comme cela que je l’ai rencontré. Sur une année, on se voyait régulièrement, nous avons fait deux chansons ensemble « La Mariée Des Roseaux » et « Nos Âmes A L’Abri » mais il est parti peu de temps après et nous avons eu juste le temps d’enregistrer ses voix. Ces chansons figurent sur l’album posthume. Je dois dire que sa disparition a été un gros chagrin. Cette collaboration a été extrêmement riche et elle m’a appris énormément de choses.

Rencontre avec Doriand pour la sortie de « Portraits » !

Un nouveau disque de chansons originales est-il en préparation ?

Oui car j’écris tout le temps des chansons et après ce disque récréatif qui est un peu un bilan, j’ai envie que ça continue. Ce n’est pas une fin. Je vois ce disque comme le début d’une nouvelle ère dans ma carrière. Je trouve qu’il y avait vraiment un sens à faire cet album qui cristallise mon travail avec des artistes de tous styles et de toutes générations avant de repartir sur les vingt prochaines années.

Pourrait-on un jour te retrouver dans une émission TV en qualité de dénicheur de nouveaux talents ?

C’est marrant comme question car j’aimerais beaucoup faire de la télé ou de la radio. Animer une émission sur la musique est une chose à laquelle je pense de plus en plus alors pourquoi pas !

Qu’est-ce que le Doriand de 2020 dirait à celui de 1996 alors qu’il sortait son premier album ?

Tu vas morfler mais c’est cool !

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