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Rencontre avec Aquarama lors de leur récent concert au Supersonic !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Cocco

(c) Cocco

Pouvez-vous présenter Aquarama à nos lecteurs ?

Guglielmo : Aquarama est constitué de Dario Bracaloni et de moi-même, Guglielmo Torelli. Dario est le chanteur lead et le guitariste mais il joue également de la basse sur nos disques et je suis batteur pour ma part. Nous sommes originaires d’Italie et Aquarama est né en studio à Florence durant l’été 2016. Notre premier album « Riva » est sorti en avril 2017 et « Teleskop » notre second disque a vu le jour au début de cette année 2020.

Comment vous êtes-vous rencontrés et était-ce une évidence de faire de la musique ensemble ?

Dario : Nous nous sommes rencontrés dans le monde de la nuit à Florence. Avant de faire de plus en plus de la musique d’un point de vue professionnel avec Aquarama, mon boulot principal était d’organiser des concerts et c’est comme cela que j’ai commencé à croiser Guglielmo qui venait y assister. Avant Aquarama, j’ai fait parti d’un groupe New Wave/Post Punk et quand la formation a splitté, je me suis mis à la recherche d’autres musiciens afin de continuer à jouer. Guglielmo m’a proposé de jouer ensemble juste pour une jam et finalement, nous avons pris le pli de jouer tous les deux simplement pour le plaisir. Au bout d’un certain temps, nous en avons eu un peu marre de le faire sans véritable but et petit à petit est venue l’idée de faire un disque avec des sons plutôt exotiques qui donneraient envie aux auditeurs de s’échapper au soleil et de prendre la mer.

: De ce fait, ça a été plutôt une évidence de faire de la musique ensemble.

D’où vient le nom Aquarama et que représente-t-il pour vous ?

G : Le Riva Aquarama est l’un des plus beaux et des plus luxueux bateaux au monde. C’est un bateau à moteur construit en Italie dès le début des années 60 jusqu’en 1996. Pour nous, il représente le goût et la classe des Italiens pour le design et pour les détails. Le Riva Aquarama jouit d’une très belle image de prestige à travers le monde.

D : Ces grands noms du cinéma tels que Brigitte Bardot, Marcello Mastroianni, Marilyn Monroe ont été associés au Riva Aquarama.

G : Dans les années 90, il y a eu une pub très connue en noir et blanc pour Martini avec Charlize Theron qui arrivait en Riva Aquarama qui est un peu un culte à travers le monde. Nous avons choisi ce nom car nous sommes Italiens et comme nous chantons en anglais afin d’ouvrir notre musique au monde, nous avons voulu que notre identité Italienne soit associée à cette image. 

: Quelque chose qui a été fait en Italie mais qui peut être aisément apprécié à travers le monde. Nous voulions être associés à ce symbole du style Italien.

(c) Cocco

(c) Cocco

Est-ce que « Teleskop » marque une évolution par rapport à « Riva » ?

: Oui et de plein de façons. Tout d’abord, dans la manière dont cet album a été fait. « Riva » a été créé durant l’été dans un petit studio très bruyant dans la banlieue de Florence près d’une zone industrielle. Il faisait super chaud et nous rêvions juste d'être quelque part ailleurs.

: Nous écrivions toute la journée et nous enregistrions durant la nuit.

D : Nous avons tout fait nous-mêmes dans notre coin alors que l’histoire de « Teleskop » a été très différente. Avec ce disque, nous sommes davantage entrés dans le business de la musique en tant que professionnels. Il y a une évolution naturelle en tant que compositeurs. Par ailleurs, « Teleskop » a été fait dans notre propre home-studio qui a été créé spécialement pour ce disque, les deux se sont bâtis simultanément.

: Tout s’est fait durant la journée, cette fois-ci !

D : Ce disque est également très collectif même si toutes les chansons ont été signées par Guglielmo et moi-même.

Comment décririez-vous votre musique ; aussi bien musicalement parlant qu’en termes d’énergie et d’univers ?

: En termes de style, nous essayons de faire le lien entre le Groove Afro-Américain et les mélodies et les arrangements Occidentaux des années 60 ou 70. Nous faisons de la Pop Vintage avec un zest d’Italie car beaucoup de nos influences musicales viennent de notre pays. Il y a également quelque chose de très tropical dans notre musique et cela vient aussi de cette envie d’évasion que nous voulons véhiculer dans nos morceaux. En termes d’énergie, on pourrait dire que notre musique possède quelque chose qui est de l’ordre du fait de danser et de pleurer en même temps car la plupart du temps, nos paroles sont très mélancoliques alors que nos musiques sont joyeuses. De la sueur et des larmes (rires).

De quoi parlez-vous sur « Teleskop » ?

: Il y a des thèmes très différents qui sont abordés sur ce disque mais le fil conducteur serait le fait de regarder de loin le monde qui nous entoure. Nous avons adopté le comportement de quelqu’un qui regarde ce qui se passe dans le monde actuel et qui fait le lien avec ce que ce monde était auparavant. Comparé à « Riva » qui était un album plus autobiographique puisque nous y parlions de nos vies et d’événements bien particuliers, « Teleskop » est plus tourné vers le reste du monde.

(c) Cocco

(c) Cocco

Si on se réfère simplement à des titres de chansons comme « Bubble-Gun », « Vietnam » ou « The House Is Burning », on pourrait penser que votre musique est engagée dans un certain sens, est-ce le cas ?

G : Nous n’avons pas particulièrement envie d’être un groupe engagé mais il y a un certain degré d’engagement dans notre musique car nous vivons dans ce monde qui devient de plus en plus instable, nous le regardons et cela se retrouve dans notre musique car nous nous disons qu’il était plus beau auparavant.

Dans quelle direction regardez-vous avec votre télescope ?

G : Nous essayons toujours de regarder vers l’Amérique du Sud car la plupart des musiques que nous aimons viennent de là-bas et nous regardons également vers l’Afrique car nous affectionnons beaucoup la musique qui vient de l’Afrique de l’Ouest.

D : Et également vers la côte Ouest des États-Unis.

Quels artistes appelleriez-vous des influences ?

G : Il y aurait beaucoup d’artistes Italiens même si nous chantons en anglais car nous voulons exporter notre musique et la culture Italienne à travers l’Europe.

G et D : Nous pourrions citer Lucio Battisti, Lucio Dalla, Ennio Morricone, Piero Piccioni, Piero Umiliani, beaucoup de grands compositeurs Italiens…

D : Brian Wilson et The Beach Boys sont une influence massive dans notre musique. Je dirais également James Brown, Marvin Gaye, la musique de la Motown, des groupes Afro-Américains, des artistes tels que Mulatu Astatke, Francis Bebey, Novos Baianos, FelaKuti, Os Mutantes et la musique tropicale en général.

(c) Leonardo Panchetti

(c) Leonardo Panchetti

Certains de vos titres sont instrumentaux, est-ce une façon de laisser de la place aux musiciens que vous êtes ?

G : Non, en fait, c’est juste parce ce que nous aimons jouer de la musique instrumentale et en produire. C’est un peu old school. Pour « Riva », nous avons fait toutes les musiques et ensuite seulement, nous avons écris les textes.

: Notre producteur s’en plaint parfois (rires), il nous dit les gars, il faut écrire des paroles, commencer par le texte et après mettez-le en musique.

Vous qui venez d’Italie, avez-vous déjà essayé de mettre de l’Italien dans vos compositions ?

G : Non et à vrai dire, nous ne voulons pas chanter en Italien afin d’avoir l’opportunité de voyager à travers le monde grâce à notre musique et pour cela, notre langue maternelle n’est pas la meilleure.

D : Le français n’est pas mal mais l’anglais est parfait pour cela mais il n’y a aucune forme de snobisme par rapport à notre pays. Nous exprimer en anglais est une chance supplémentaire d’échanger avec des personnes originaires d’autres pays comme nous venons de le faire sans se perdre dans des traductions !

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