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Rencontre avec Nasser afin d’en apprendre plus sur « Ecce Homo » actuellement à l’affiche à A La Folie Théâtre !

Publié le par Steph Musicnation

(c) David Twist

(c) David Twist

Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Nasser, j’ai 28 ans, je suis originaire d’Avignon et je suis comédien. Je vis à Paris depuis 3 ans et je travaille en tant que standardiste à coté de mon spectacle, ce qui me permet de vivre et de me produire actuellement à A La Folie Théâtre et dans d’autres lieux. Je fais 1m60 pour 40 kilos et je suis homosexuel adopté et assumé.

Que raconte « Ecce Homo » ?

« Ecce Homo » raconte un peu ma vie ; de l’accouchement de ma mère biologique au moment où les gens sont assis dans la salle devant moi, c’est le moment où je me produis sur scène et où je commence ma carrière.

Pourquoi ne te retrouve-t-on pas à l’écriture de ce seul en scène pourtant très intime ?

Comme je l’ai dit, je suis comédien et non auteur. Je n’ai la prétention de dire que j’écris bien même si certains le disent, je n’ai pas cette confiance-là en moi. Il y a un peu plus de quatre ans, j’ai rencontré Laurent Rochut avec qui je collabore et il m’a lancé un défi à la sortie d’une scène ouverte. Laurent m’a dit que j’avais un potentiel énorme, qu’il fallait que je lance mon spectacle et qu’il allait me mettre en scène. En une nuit, j’ai écrit tout ce qui me passait par la tête et j’ai crée un spectacle d’1h20 qui s’appelait « Homo Erectus ». Après l’avoir joué, j’ai donné carte blanche à Laurent qui est issu d’un milieu dramatique et non « humoristique » afin de le retravailler. Laurent a vu les réactions du public sur un one shot, il a su quelle direction prendre, il a établi un fil conducteur sans dénaturer mon histoire et il a crée « Ecce Homo ».

Rencontre avec Nasser afin d’en apprendre plus sur « Ecce Homo » actuellement à l’affiche à A La Folie Théâtre !

Que mettrais-tu en avant dans le travail d’écriture et de mise en scène de Laurent Rochut ?

 Laurent a su vraiment incruster sa patte littéraire et assez chiadée dans ce spectacle et il a su cerner et mettre en avant l’émotion que moi, je n’ai pas réussi à faire ressortir dans « Homo Erectus ». Sans spoiler ce nouveau spectacle ; dans la première version, ma carte émotionnelle était plutôt basée sur mon présent avec mes parents adoptifs alors que dans « Ecce Homo », Laurent a vraiment su faire ressortir l’émotion de ce qui m’a affecté durant ma jeunesse ou encore aujourd’hui, il l’a mis sur scène et ça a été un vrai défi. Je lui tire mon chapeau et l’en remercie car il fait un travail d’acteur derrière avec moi car je ne suis pas issu du seul en scène à la base. J’arrivais à faire rire mais je n'entendais pas les rires car j’étais pétrifié par ce que je faisais. Laurent a su trouver les mots afin que je me concentre sur le texte et les émotions et grâce à cela, j’ai pu libérer le jeu et maintenant, je m’amuse comme un petit fou/une petite folle (rires).

Quelles thématiques abordes-tu sur scène ?

Dans ce spectacle, j’aborde l’abandon d’un enfant, les services sociaux, la famille d’accueil, l’adoption mais du point de vue de l’enfant car je trouvais que l’on avait toujours tendance à avoir le point de vue des parents qui adoptent…Il y a de l’humour noir, ça peut être un peu violent mais il ne faut pas oublier que cela existe et que c’est quelque chose qui reste encore tabou aujourd’hui. Mon adoption est 100% Française mais cela peut être une autre paire de manche à l’étranger. Dans « Ecce Homo », je parle également d’homosexualité, de mon métier de comédien et notamment des travers de cette profession.

« Ecce Homo » est-il très romancé ou est-ce la vérité pure ?

Il y a à peu près 90% de vérité dans ce spectacle qui n’est romancé à part mon arrivée à Paris car à l’époque, je vivais encore à Avignon et je n’avais donc pas encore cette connaissance du milieu artistique qui peut être assez rude mais j’en avais entendu parler par le biais de mes amis comédiens. Cette partie romancée qui ne faisait pas partie de ma vie alors, je l’ai découvert après mon emménagement à Paris et ce qui était assez rigolo, c’est que j’y ai été préparé par le biais du texte.

(c) David Twist

(c) David Twist

Quel message véhiculerait ce spectacle ?

Ce spectacle véhicule un message d’espoir. Dans cette société dans laquelle nous vivons, nous avons tous nos problèmes mais peu importe ce que la vie peut mettre en travers de notre chemin, il faut prendre du recul et ne pas baisser les bras. Pour te citer un exemple, un éducateur est venu voir « Ecce Homo » avec des jeunes de banlieues et quelques mois après, leur comportement avait changé ; d’intenables et d’insolentes, elles étaient devenues plus responsables et je pense que mon spectacle leur a servi de leçon. Pour moi, ce spectacle est une revanche sur la vie.

T’es-tu dirigé très tôt vers l’humour ?

Non même si j’en ai toujours fait avec ma famille et mes amis. J’ai commencé le théâtre à l’âge de 7 ans, j’ai joué des comédies mais je n’avais pas fait de seul en scène dans l’humour que j’ai commencé il y a cinq ans en me présentant à une scène ouverte. Pour éviter d’être pétrifié, j’ai bu quelques bières avant afin d’être bien désinhibé (rires). En revanche, je réfléchissais à me lancer dans l’humour car on me disait que j’étais drôle mais je n’en étais pas persuadé.

A quel public destinerais-tu ton spectacle ?

Bonne question ! A ceux qui s’y reconnaîtraient…la communauté homosexuelle, les enfants qui ont été abandonnés et adoptés… Il est ouvert à tout le monde, je ne cible vraiment personne même si j’ai joué cartes sur table avec l’affiche. « Ecce Homo » est destiné à un public ouvert d’esprit qui n’a pas peur de réfléchir pendant un spectacle et de laisser aller ses émotions et je dois dire que j’ai la chance d’avoir un public éclectique et intergénérationnel.

(c) David Twist

(c) David Twist

Quelle était ton envie première avec ce spectacle ?

Je voulais présenter un pot-pourri d’émotions et que les gens gardent quelque chose de ce spectacle car à Paris, le public en voit des tonnes mais il oublie vite ce qu’il a vu ; moi le premier.

Comment inviterais-tu nos lecteurs à venir te découvrir à A La Folie Théâtre jusqu’au 16 janvier 2020 ?

Orphelin, Arabe, homosexuel ; je vais me la jouer Alain Delon, il n’a pas été gâté par la vie mais il est encore de ce monde (rires) Venez découvrir comment pendant 28 ans, il a réussi à surmonter les clichés de l’adoption, de l’homosexualité, d’être Maghrébin et de manger du porc car quitte à être homo, pourquoi se priver de bacon ! Si vous avez envie de rire et d’être émus, venez oublier vos soucis et vous accaparer les miens pendant 1h15 et si je peux décoincer un petit nœud que vous avez non loin de la colonne vertébrale avec mes mots, alors pourquoi pas !

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