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Rencontre avec Kid Loco à l’occasion de la sortie de « The Rare Birds » son cinquième album !

Publié le par Steph Musicnation

© Camille Verrier

© Camille Verrier

Peux-tu nous dire pourquoi il y a autant d’années d’écart entre « Confessions Of A Belladonna Eater » paru en 2011 et « The Rare Birds » ton nouvel album ?

De mon côté, ce nouvel album ne m’a pas demandé autant de temps car j’ai du travailler dessus six mois mais comme j’ai demandé des voix à des gens, cela a pris plus de temps. Habituellement, je fais venir les interprètes dans mon studio, je les enregistre et ça se fait très rapidement alors que pour « The Rare Birds », j’ai demandé que les différents chanteurs écrivent les paroles et qu’ils m’envoient leurs voix. J’ai eu la mauvaise idée de leur demander cela en mai 2017 juste avant les vacances et ensuite, il y a eu la rentrée puis noël. J’ai commencé à recevoir des voix en février 2018 et ceci jusqu’en mai de la même année. J’ai mixé mon album il y a un an et après, il a fallu le réécouter, trouver une maison de disque, une date de sortie, commencer la promo…Entre ces deux albums, j’ai mixé en tant que DJ, j’ai fait des remixes, des compilations, j’ai produit pour d’autres artistes, des musiques pour la Library Music pour des labels Anglais et Français.

As-tu exploré de nouvelles voies sur cet album ?

« The Rare Birds » est différent de mes autres albums. Mon premier album n’était composé que de samples et quand on m’a demandé de le jouer sur scène, je m’étais rendu compte que c’était super compliqué. Comme je suis guitariste à la base, j’ai fait attention pour mon second album de pouvoir jouer mes titres. J’avais collaboré avec le chanteur Tim Keegan du groupe Departure Lounge sur « Kill Your Darlings » mon second album qui a été élaboré avec des guitares acoustiques et des percussions avant que je ne rajoute de la programmation. Mes deux albums suivants ont été composés au piano et  ils étaient interprétés par moi-même alors que pour « The Rare Birds », j’ai du jouer deux notes de guitare, ce n’est que du plugin et c’est le premier album que je fais qui est vraiment électronique. Auparavant, pour moi, l’électronique était plus un support qu’un moyen. Pour ce nouvel album, j’ai travaillé avec mon vieux portable et le logiciel Logic en jouant des notes avec mon clavier. Cela m’a fait rigoler de voir comment les gens font de la musique aujourd’hui.

Ce disque dans son intégralité « raconte-t-il » une histoire ?

Dans ma tête, oui ; musicalement, c’est une sorte de voyage. J’essaie de faire qu’il y ait une cohérence afin que l’on ne passe pas du coq à l’âne. Je n’ai pas écrit les paroles mais il s’en dégage quelque chose d’assez mélancolique. Ce disque est un peu plus sombre que les précédents.

Rencontre avec Kid Loco à l’occasion de la sortie de « The Rare Birds » son cinquième album !

Comment as-tu choisi les guests vocaux ?

Comme mon premier album a bien marché et que pour le second, j’étais distribué par une major, on m’avait conseillé de faire appel à des artistes connus car j’avais fait des remixes pour plein de gens mais même si j’aime bien Massive Attack, je trouvais qu’il y avait trop de chanteurs différents à chaque fois et je trouvais que ça manquait de cohérence. Jusqu’à présent, mes choix de guests vocaux étaient assez restreints. Pour « The Rare Birds », j’ai pensé différemment mais plutôt que de demander à des superstars, j’ai demandé à des personnes avec qui j’avais déjà travaillé et avec qui j’avais des rapports un peu plus poussés. Je connais certains des chanteurs depuis plus de 20 ans et nous sommes restés amis. Pareillement, je joue de la musique depuis 30 ans avec le claviériste de cet album.

Comment décrirais-tu l’atmosphère de ce disque ?

C’est très électronique avec beaucoup de plugins, de synthés, de boites à rythmes mais il y a également un peu de guitare et de vraie basse. Ce nouveau disque est assez sombre et l’emploi de synthés me fait penser à tous ces groupes de la vague Krautrock des années 70.

En écoutant « The Rare Birds », j’ai eu le sentiment de faire un voyage entre Massive Attack, Santana et Moby. L’éclectisme contenu dans ton album t’a-t-il suivi tout le long de ta carrière ?

Oui, car j’ai commencé dans le Punk avant de tourner Downtempo et j’avais même fait une bifurcation Hip Hop auparavant. J’aime bien la musique qu’importe le style dès l’instant qu’elle est bonne. Je ne pourrai pas jouer tous les styles comme le Jazz mais j’aime me frotter à certaines choses. J’ai produit des disques de Trip Hop, de Rock, de chanson française et en parallèle à Kid Loco, j’ai un projet très orienté Rock Américain.

© Camille Verrier

© Camille Verrier

Tu es l’un des pionniers du Trip Hop en France, comment es-tu venu à ce style musical ?

A partir de 1989, j’ai travaillé avec des samplers. J’ai eu un groupe qui s’appelait Mega Reefer Scratch, nous venions du Punk-Rock et nous écoutions du Reggae, de la Soul et du Hip Hop. A cette époque-là, Massive Attack a sorti son premier disque et nous venions un peu de la même scène sans le savoir. J’ai commencé également à travailler avec Vinyl Solution un label Anglais et c’est venu comme cela. Je me suis mis à écouter de la Techno, de la House...et j’aimais bien l’Acid Jazz que je trouvais un peu trop classieux. Pour moi, Massive Attack était un peu plus roots et ensuite, le Trip Hop est arrivé avec notamment DJ Shadow et c’était vraiment ce qui me convenait. J’aime beaucoup la musique instrumentale, les choses lentes et le Hip Hop mais si c’est pour faire des concours de beats, ça ne m’intéresse pas. Je travaillais avec d’autres gens mais petit à petit, j’en ai eu marre et j’ai commencé à œuvrer seul naturellement.

Quel regard as-tu sur l’évolution de la musique électronique en France ?

Je n’y connais rien du tout et ce n’est pas de la mauvaise foi. Cela fait 10 ans que j’écoute peu de nouvelles musiques. Je n’ai même plus de boutiques de disques à côté de chez moi et c’est chiant car il y a 20 ans, j’allais tous les jeudis chez Rough Trade à Bastille et j’en revenais avec une pile de disques. Aujourd’hui, je ne suis pas au courant de ce qui se fait et je n’arrive à me dire qu’il faut que j’écoute sur Internet. Je télécharge beaucoup de disques mais c’est pour écouter de vieilles choses. Écouter sur un ordinateur, c’est pratique mais le son est pourri et au bout d’une heure, je suis saoulé.

« The Rare Birds » n’est pas ton unique actualité, il y a eu également des rééditions de tes albums précédents mais aussi la parution de « Chill Out Sessions, Vol.1 », peux-tu nous en dire plus sur cette compilation ?

« Chill Out Sessions, Vol.1 » est la troisième compilation que je fais chez Wagram qui possède un département marketing qui travaille les concepts et qui les décline. La première compilation était mixée mais ce n’est plus le cas aujourd’hui car les gens n’écoutent plus un album en entier de nos jours et ça n’a pas de sens de mixer en faisant des trous. Avec Wagram, j’avais fait aussi une triple compilation avec des reprises Downtempo, Rock et plus Groovy. En général, ce sont des titres que j’aime bien et dans « Chill Out Sessions, Vol.1 », on retrouve des choses plus anciennes et d’autres modernes. J’ai fait un effort pour écouter certaines choses qui sont sorties ces dix dernières années. Je reçois des promos mais j’aime également utiliser Internet pour faire des recherches ; ça peut s’apparenter à un travail d’universitaire et ça me plait.

© Camille Verrier

© Camille Verrier

Quelle chanson mythique aimerais-tu totalement réinventer ?

J’aime faire des reprises et sur mes précédents albums, j’en ai réalisé plusieurs d’Iggy Pop et de The Stooges. Quand j’ai commencé à faire des remixes ; grâce à un copain journaliste ; j’avais écouté « La Chambre » de Kat Onoma le groupe de Rodolphe Burger et j’avais trouvé ce titre magnifique, j’ai eu envie de le remixer et c’est arrivé quelques années après quand Rodolphe m’a proposé de remixer le titre de son répertoire que je souhaitais pour un album. De même, les Inrocks ont fait une compilation avec des titres de Gainsbourg chantés dans une autre langue et j’ai eu l’occasion de travailler avec Jarvis Cocker de Pulp sur « Je Suis Venu Te Dire Que Je M’En Vais » et c’était un rêve pour moi qui adore ce titre. Je suis également super fan d’un morceau d’Ennio Morricone tiré de la bande originale du film « Enquête Sur Un Citoyen Au-Dessus De Tout Soupçon » et un pote qui dirige un label en Angleterre m’a demandé de faire une reprise de musique de film et je l’ai donc fait également en version latine. J’ai plutôt été gâté à ce niveau-là !

Quels sont tes prochains projets ?

En ce qui concerne le live, c’est un peu compliqué car je ne veux pas tout jouer sur ordinateur mais nous verrons en fonction de la demande. Comme je suis en studio tous les jours, je ne cesse de composer des nouveaux titres. De nouvelles choses peuvent arriver prochainement sous le nom Kid Loco ou sous un autre…Des remixes également pourraient voir le jour et je vais continuer la promotion de « The Rare Birds ».

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