Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Rencontre avec Florence Gaussen afin d’en apprendre plus sur « Le Mystère Esmeralda » actuellement à l’affiche à A La Folie Théâtre !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Lisa Gloria Robert

(c) Lisa Gloria Robert

Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

J’ai abordé le métier artistique très tôt par la danse à l’âge de 5 ans. J’ai reçu une formation de danseuse classique; dans un premier temps dans un cours privé avant d’intégrer le conservatoire à Caen puis j’ai poursuivi en danse classique et contemporaine à Rennes durant 10 ans. Le théâtre est venu un peu après. Ma grand-mère était comédienne, elle a fait le conservatoire de Paris avec notamment Michel Bouquet et Sophie Desmarets et c’est elle qui m’a donné l’envie de faire du théâtre.  A ce jour, je me considère comme comédienne et danseuse, j’aimerais beaucoup m’essayer à la mise en scène mais plus tard.

Dans « Le Mystère Esmeralda », tu allies justement danse et jeu, as-tu hésité entre ces deux arts à un moment donné dans ta carrière ?

Non, il n’y a pas eu d’hésitation. Je trouve que ce n’est pas incompatible ; bien au contraire. Je trouve que la danse m’a apporté une tenue corporelle mais cela à aussi ses bons et ses mauvais côtés car effectivement, j’ai conscience de mon corps en scène et dans la vie de tous les jours mais pour certains rôles, il faut savoir casser ce côté très droit, très classique et très académique que l’on nous enseigne notamment pour ceux qui sont plus lourds et imposants.

Comment présenterais-tu l’histoire contenue dans « Le Mystère Esmeralda » ?

C’est tout d’abord un roman de Victor Hugo dans lequel l’auteur a voulu parler de Notre-Dame de Paris qui était dans un piteux état mais dans « Le Mystère Esmeralda », nous nous focalisons sur l’histoire d’Esmeralda qui gagne sa vie en dansant. Je dirais que nous sommes dans une quête identitaire au travers du regard d’Esmeralda. Il y a du mystère chez cette Bohémienne qui possède une joie de vivre malgré l’horreur de son histoire car il y a eu notamment un échange de bébés à sa naissance.

(c) Arthur Silve

(c) Arthur Silve

Quels traits de caractère prédominent dans ton personnage ?

C’est une femme qui n’est pas naïve et qui possède une vraie joie de vivre et d’ailleurs, on se demande où elle la puise. Esmeralda est sûre d’elle, elle incarne la beauté et la sensualité ; elle en a conscience ; mais elle n’en joue pas pour faire du mal et attirer. Je pense que c’est une vraie âme haute. Alors qu’elle a eu un parcours de vie monstrueux, elle trouve encore la force de danser, de rire et de tomber amoureuse et je trouve cela assez magique.

Qu’aurais-tu en commun avec Esmeralda ?

Le caractère de feu ! Je pense être quelqu’un qui a du caractère dans la vie de tous les jours. Comme Esmeralda, j’aime notamment danser et j’ai conscience des choses réalistes de la vie comme elle comme le fait qu’il faille gagner sa vie.

Que mettrais-tu en avant dans la mise en scène de Mickaël Soleirol ?

J’aime le fait que Mickaël ait trouvé le moyen de pouvoir passer immédiatement à un autre personnage grâce à des choses toutes simples comme par exemple la couronne de fleurs pour Fleur-de-Lys. Je trouve ça très ingénieux comme les bibliothèques qui tournent. J’avais déjà travaillé avec Mickaël dans « L’Île des Esclaves » de Marivaux dans lequel je jouais Euphrosine, qui m’a valu une nomination aux P’tits Molières 2018, et il avait déjà cette ingéniosité du décor et de la scénographie. Avec peu de choses, il arrive à faire beaucoup.

(c) Arthur Silve

(c) Arthur Silve

As-tu vu « Le Mystère Esmeralda » comme un challenge ?

Oui, absolument. A la base, « Le Mystère Esmeralda » devait être un seul en scène. Quand Mickaël m’a donné le texte après Le Festival d’Avignon 2018, il faisait 90 pages. Je me suis dit que cela allait être un sacré boulot. Nous avons réétudié ensemble le texte, nous avons fait des coupes, nous avons repensé à des choses et nous avons commencé à le travailler qu’avec moi pour incarner tous les personnages. Nous nous sommes rendu compte que c’était peut-être plus intéressant de partir sur une forme à deux car on perdait le regard d’Esmeralda quand elle jouait un autre personnage. Ce travail toute seule dans un premier temps m’a beaucoup nourrie et beaucoup servie.

Comment qualifierais-tu le binôme que tu formes avec Rémi de Monvel ?

C’est un vrai bonheur de jouer avec Rémi de par sa générosité, sa rigueur et sa bienveillance. Le feeling est tout de suite passé entre nous alors que nous nous étions à peine croisés sur « L’Île des Esclaves ». Rémi m’a beaucoup apporté et en plus, il a un regard de metteur en scène ; il discerne donc des choses que nous ne voyions pas forcément quand nous sommes en plateau.

Étais-tu déjà familière de l’univers de Victor Hugo et en particulier de « Notre-Dame de Paris » avant d’incarner Esmeralda ?

Oui, Victor Hugo est un auteur que j’aime énormément. J’avais travaillé « Lucrèce Borgia » et j’ai toujours été très sensible au roman « Les Misérables ». C’est un de mes romans préférés et je trouve que le personnage de Valjean est sublime. Nous retrouvons également Fantine, la mère de Cosette, là aussi nous pouvons faire le parallèle avec La Recluse et Esmeralda. En revanche, je n’étais pas forcément familière de « Notre-Dame de Paris » mais comme tout le monde, je connaissais la comédie musicale et le dessin animé de Disney. J’avais vu le film avec Anthony Quinn et Gina Lollobrigida et je l’ai revu récemment pour le travail mais je n’avais pas lu le roman en entier avant de travailler « Le Mystère Esmeralda ». Je m’y suis replongée et j’y redécouvert des choses ; notamment le personnage de la Recluse et ce rapport avec la dimension maternelle est à mon sens le point le plus important.

(c) Arthur Silve

(c) Arthur Silve

As-tu d’autres projets théâtraux en parallèle au « Mystère Esmeralda » ?

Oui, actuellement, je suis sur un triptyque Labiche-Courteline-Feydeau mis en scène par Vincent Auvet avec qui j’ai déjà travaillé sur « La Princesse de Montpensier » d’après la nouvelle de Madame de La Fayette que j’ai jouée durant un peu plus d’un an et qui m’a valu une autre nomination aux P’tits Molières. Cela n’a rien à voir avec « Le Mystère Esmeralda » car nous sommes dans la comédie pure, du vaudeville. La première a lieu dimanche à Villeneuve Sur Bellot et nous avons plusieurs dates de prévues en région parisienne et au Théâtre Darius Milhaud. Nous allons reprendre « L’Île Des Esclaves » pour une date à Garches et je suis sur scène dans « Labyrinthe-Les Couloirs De L’Infini » de Pourang ,un spectacle interactif qui mélange théâtre et mentalisme. Les gens ressortent bluffés de ce spectacle qui retrace trois époques ; la Grèce antique, Jack L’Éventreur et de nos jours. J’ai également un projet dans les tiroirs qui pourrait voir le jour en 2020…

Comment inviterais-tu nos lecteurs à venir découvrir « Le Mystère Esmeralda » à A La Folie Théâtre jusqu’au 30 novembre ?

En venant assister à une représentation du « Mystère Esmeralda », ils pourront redécouvrir ce merveilleux roman de Victor Hugo en 1h10 car nous avons gardé le texte tel quel et ils pourront aussi découvrir Esmeralda par la danse. Je pense que nous offrons une vraie performance car nous jouons chacun quatre personnages dans cette tragédie où il y a également des moments plus légers. De par l’intimité de la salle, ils seront réellement plongés avec nous dans l'univers de Victor Hugo

Commenter cet article