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Rencontre avec Sarah Lenka afin d’en apprendre plus sur son nouvel album !

Publié le par Steph Musicnation

Rencontre avec Sarah Lenka afin d’en apprendre plus sur son nouvel album !

Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je suis chanteuse, auteure et compositrice de certaines de mes chansons et sur d’autres, j’ai co-compose avec un autre musicien, avec lequel nous avons arrangé ce nouvel album, que j’ai produit également.

Dirais-tu que tu étais tu étais prédestinée au Jazz ?

Non, pas du tout. J’ai fait une école de musique à Londres, j’étais plus dans la Folk et la Pop. Tout sauf le jazz. Je n’en écoutais pas du tout et n’avais pas la culture de ce style musical. Les rencontres faisant en Angleterre mais également sur les conseils de certains profs, je m’y suis intéressée. J’ai fait la rencontre d’un contrebassiste Américain qui m’a proposé de faire une session Jazz et cela a été mon première pas dedans.

Sur ton précédent album, tu chantais Bessie Smith, d’où te vient ton amour pour les voix féminines Américaines ?

J’aime ces voix, ces femmes par rapport à leurs histoires, ce qu’elles racontent dans leurs chansons, comment elles traitent de leur maltraitance, comment elles la chantent. J’aime l’humour qu’elles ont autour de cela. Certaines ont une manière très brute de chanter, de dire, sans artifice et c’est par cela que j’ai été le plus fascinée.

Rencontre avec Sarah Lenka afin d’en apprendre plus sur son nouvel album !

Comment présenterais-tu « Women’s Legacy » ?

C’est un disque inspiré de chants de femmes afro-Américaines de la fin du XIXème siècle. Un disque sur la transmission orale.

Quel a été le point de départ de ton nouvel album ?

J’ai été introduite dans cette époque-là par Bessie Smith. C’est en lisant, en cherchant que je suis tombée sur « No More My Lord » qui est un chant d’un ou d’une prisonnière, enregistrée d’une prison agricole par Alan Lomax,ethnologue, qui a récolté une partie de cet héritage. Juste une voix, une émotion inexprimable par les mots. Ce fut mon point de départ pour me lancer dans ce nouveau projet, chanter quand les mots ne suffisent plus. J’ai souhaité prendre l’axe des chants de femmes pour diverses raisons. Car ces femmes viennent chanter tout sauf leurs conditions, ou très peu. Pour également juste parler du silence des ces femmes, des femmes.

Pourquoi avoir choisi de rendre hommage à ces femmes esclaves ?

Cette manière de chanter et cette transmission me touchent car on y retrouve tout ce qui ne s’exprime plus et qui vient à un moment nous soulager ou mettre de l’espoir ; quand il n’y a plus de mots, qu’il n’y a que du silence et que le chant vient s’insérer là, le fait qu’il devienne collectif peut changer l’histoire car ce sont des chants de liberté, de revendications, de guérison et pour moi, c’est l’essence du chant.

Rencontre avec Sarah Lenka afin d’en apprendre plus sur son nouvel album !

Comment as-tu choisi les titres qui composent ton album et comment as-tu voulu les réarranger ?

J’en ai écouté beaucoup, certains sont plus facilement interprétables que d’autres, j’ai retenu ceux dont la mélodie et les paroles me touchaient. J’ai choisi des chants qui pouvaient me parler dans ce que je pouvais interpréter en termes de capacité et de compréhension. Pour les arrangements, cela a été un long travail avec Fabien Mornet. Ce sont des chants très répétitifs mais c’était voulu afin que le message passe et j’ai voulu que les arrangements restent fidèles à ce côté très sobre et très juste. Je voulais garder ce côté brut ancré dans le sol. Je n’ai pas voulu dénaturer ces chansons et rester très simple et vraie, je l’espère en tout cas.

Quels sont les thèmes majeurs présents sur « Women’s Legacy » ?

Il y a notamment une vielle ballade Écossaise « The Story of Barbara Allen » qui date du XIVème siècle, elle parle d’une histoire d’amour. J’ai trouvé cela si bouleversant d’entendre cette femme, enregistrée elle aussi de son pénitencier, chanter cette ballade romantique, dans les conditions de vie qu’étaient les siennes. Dans d'autres chansons, ces femmes s’adressaient, se tournaient vers Dieu ; une autre, « Another Man Done Gone » est un redit de malheurs des Chain gangs (groupe de prisonniers enchaînés). Une autre sur l’album, est une comptine pour enfants, festive et joyeuse. Il y a beaucoup de couleur dans ces chansons dans lesquelles s’expriment cette époque, dans lesquelles quelque part elles posent leurs voix et changent l’histoire.

Comment mettrais-tu en rapport ces femmes d’hier que tu chantes et les femmes d’aujourd’hui ?

Pour moi, le lien quelque part est cette souffrance des femmes, celle qu’elles cachent, et qu’elles taisent surtout. Parfois, le seul moment de répit, d’échappatoire, de trouver une lueur est de chanter quelques notes.

Rencontre avec Sarah Lenka afin d’en apprendre plus sur son nouvel album !

Que retrouve-t-on de toi dans tes interprétations dans ce disque ?

Ma sincérité je dirais, ou mon désir de l’être. Ces chants sont si vrais, cela me touche. Je suis quelqu’un qui a été souvent dans le silence et c’est la où me retrouve dedans je dirais.

Quels sont tes prochains projets ?

Nous serons demain au Ferté Jazz Festival et en première partie de Charlie Winston le 28 juin au Festival Archeo Jazz sur le site médiéval de Blainville Crevon dans le 76. Nous avons fait de jolis festival pour lancer cet album, comme Jazz sous les Pommiers, Les Nuits de Fourvière, et la tournée de 2020 est en construction. j’ai hâte. A côté de cet album, j’essaie de monter un projet vidéo sur la femme et la transmission. J’aimerais aller à la rencontre de chanteuses, musiciennes, ou des femmes plus anonymes, afin de leur demander quelles chansons leur ont été transmises et/ou celles qui les ont soutenues, qui les ont apaisées. Si cela se développe bien, pourquoi ne pas aller chercher également des femmes à l’étranger et monter aussi un concert avec quelques-unes de ces intervenantes. J’espère que cela va se construire ! En ce qui concerne mon album, j’aimerais bien faire un clip à la rentrée…

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