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Rencontre avec Agape à l’occasion de la parution de son premier EP !

Publié le par Steph Musicnation

(c) Li Lie

(c) Li Lie

Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Pierre-Alain, j’ai 30 ans, je suis originaire d’Orléans mais parisien depuis une dizaine d’années et cela fait autant de temps que j'évolue dans la musique. J’ai commencé en jouant de la guitare il y a très longtemps avant de poser l’instrument et de continuer à apprendre les choses sur ordinateur. C’est un peu triste à dire mais mon instrument principal aujourd’hui est la souris mais depuis peu, je me remets à la guitare car c’est important de pouvoir manier plusieurs instruments. Pour mon projet Agape, je suis auteur, compositeur et interprète.

Pourquoi as-tu choisi Agape comme pseudo ?

Je voulais un nom simple qui colle à mon identité. Mes initiales sont P-A-G mais je trouvais que c’était un peu court et un peu bizarre d’utiliser ces initiales pour un projet. En les retournant dans tous les sens, je suis tombé sur agape et je me suis dit pourquoi pas. J’ai été voir sur Internet, j’ai vu que ce mot parlait d’amour et je me suis dit « allez » !

Tu as œuvré pour d’autres artistes avant de te lancer avec ton propre projet musical, était-ce une période d’enseignements nécessaires pour toi ?

J’ai commencé assez rapidement en arrivant à Paris et j'ai eu le temps de me familiariser avec la musique en studio. Durant cette période, je me retrouvais souvent seul à travailler sur mes sons chez moi. On peut vite tourner en rond quand on est tout seul et le fait de travailler avec du monde sur des projets qui n’avaient rien à voir les uns avec les autres et de me confronter à des univers qui me sortaient de ma zone de confort, ça m’a fait du bien. Il est venu un moment où j’ai un peu splitté ma carrière en deux ; j’ai commencé à écrire en français pour Agape et également à travailler avec des artistes divers et variés en les accompagnant sur plusieurs domaines comme l’arrangement, le mixage et la réalisation. Le fait d’avoir ces deux aspects dans ma carrière, c’est une sorte de cercle vertueux. D’un côté, je suis centré sur mon « nombril » dans Agape et de l’autre, je suis tourné vers les artistes et leurs attentes. Cela m’offre une certaine stabilité dans mon travail.

(c) Clémentine Roche

(c) Clémentine Roche

Y-a-t-il eu un déclic pour présenter tes chansons ?

Jusqu’à l’été dernier, j’étais plein de doute sur mon projet et nous sommes partis en Albanie avec mon groupe ; c’était la première tournée de ma vie ; et ça a été incroyable de pouvoir partager nos chansons sur six jours devant un public qui appréciait sans parler un mot de français. Quand nous sommes rentrés de cette tournée, je me suis dit que ce serait dommage de passer à côté de cela et qu’il fallait vraiment que j’emmène mon projet là où je le voulais au départ.

De quoi parles-tu sur ton premier EP ?

Ce premier EP est très axé sur la vie aujourd’hui, la vie connectée, la vie des réseaux, la vie de l’identité parmi la masse de l’information et de la distraction. Ces premières chansons sont un peu des points de vue sur ce que j’ai pu expérimenter sur le fait d’être un peu aliéné par l’effervescence et la vie qui va hyper vite alors que je suis quelqu’un d’assez calme qui prend son temps. Il peut y avoir un contraste entre la vie de tous les jours qui peut être très calme et ce téléphone que l’on a toujours dans le creux de notre main ou dans une poche et qui accélère le pouls du cœur sans aucune raison et qui nous rend un petit peu fou et peut-être un peu meilleur aussi…Je me pose des questions sur tout ce qui est espace.

Que représente pour toi ce premier pas discographique ?

Ce disque représente le début d’Agape, c’est juste une première brique posée et j’espère arriver à la fin du mur un jour. Ce début est également une page qui se tourne car avant, il y a eu le prequel que moi seul et mes amis connaissions.

Artwork Thomas Merl

Artwork Thomas Merl

Comment l’as-tu voulu musicalement parlant ?

Quand j’ai conçu cet EP, je m’étais mis un peu des dogmes en tête. J’avais passé un certain temps à faire de la musique uniquement sur ordinateur et je me suis dit que pour ce disque, il fallait que je fasse comme si j’avais un groupe avec moi. J’étais tout seul chez moi mais j’ai voulu faire ça un peu à l’ancienne en mettant de la basse, de la guitare et de la batterie et j’ai voulu marier cette approche à quelque chose de plus actuel dans la production et dans la manière de faire sonner ces instruments. J’avais envie de confronter des univers familiers et d’autres plus actuels.

Qu’est-ce qui ressort le plus dans ton univers ?

C’est une bonne question. Le côté effervescent et un peu extatique de la musique me plait et me plaira toujours. Cet aspect de la musique fait sortir du corps et de la tête et propose des climax. Je pense que je suis toujours dans cette recherche-là mais paradoxalement dans une certaine forme de douceur. Je pourrais faire le morceau le plus agressif du monde, je pense que ça resterait une caresse.

Quelles sont tes références musicales ?

J’en ai beaucoup…des anglophones, des francophones…En ce moment, j’ai bien Khruangbin mais ce n’est pas vraiment une influence. Pour cet EP, je vais te citer Mos Def, Kanye West pour la prod, MC Solaar pour le flow et bizarrement, Doc Gynéco. Quand j’ai commencé à travailler sur cet EP, j’écoutais pas mal Jungle. Phoenix, forcément, c’est un peu un amour d’enfance et ce groupe restera toujours dans mon bagage.

(c) Clémentine Roche

(c) Clémentine Roche

Peux-tu nous parler de la mise en images de « Sous La Vague » ?

C’est un clip que nous avons fait avec ma copine Aurélie. Au départ, nous voulions mettre en images une routine maquillage. Nous avions des idées de plans et quelques tableaux en tête. La veille du tournage, j’ai loué une caméra pour le weekend, nous avons commencé à faire des tests et nous nous sommes rendu compte que ça pouvait peut-être illustrer 30 secondes mais ça aurait été vite chiant sur un clip entier. Nous avons décidé d’improviser et Aurélie m’a proposé de me coiffer pendant que je chantais la chanson. Pendant des heures, Aurélie m’a coiffé, mis de l’argile, de la crème, de la mousse à raser…Cela a été très long à trier et à trouver un sens mais en quelques heures seulement, le montage était là et nous nous sommes dit que le résultat était cool. J’aime bien zoomer sur des choses un peu anodines, passer du temps à regarder quelque chose qui peut paraître inintéressant à première vue mais qui finalement devient hypnotique dans la répétition et dans la lenteur.

Quels sont tes prochains projets ?

Cet été, nous allons partir à Marseille pour donner un concert au Festival Borderline le 22 juillet et nous jouerons également lors d’un festival Musique en Terrasse organisé à Bercy à Paris. Je viens de terminer des maquettes et l’enregistrement d’un second EP va occuper mon été ; l’idée étant d’avoir le prochain EP de masterisé pour la rentrée afin de le sortir avant noël. On croise les doigts !

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