Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Retrouvailles avec Soan quelques heures avant son concert au Café de la Danse !

Publié le par Steph Musicnation

©Smikie Photographie

©Smikie Photographie

Le titre de ton nouvel album fait-il référence au fait de trouver ta place dans l’industrie musicale ces dix dernières années ?

Non, ce titre fait plutôt référence aux plateformes de streaming qui ne font quasiment rien gagner aux artistes. A cause de cela, on ne peut plus se permettre de prendre deux ou trois ans pour faire un disque comme avant. Nous sommes un peu obligés d’aller vite pour garder nos équipes, les faire bouffer et se faire bouffer soi-même. Du coup, on est dans une course sans fin.  On pense sur deux ans et c'est ce que j’appelle « 10 Ans De Cavale » car ça y ressemble vachement.

Es-tu là où tu l’imaginais il y a 10 ans ?

En tout cas, je suis dans le monde où je voulais être. Pour tout dire, je ne suis jamais content de moi-même; je pensais être plus équilibré que cela et que j’aurais plus avancé sur moi-même. J’ai avancé dans la musique mais je me suis peut-être un peu négligé.

Quel regard as-tu sur ton évolution artistique depuis 2009 ?

Je suis content de m’être détaché de mes modèles. Je trainais souvent avec Christian Olivier des Têtes Raides et il y avait quelque part le petit frère qui voulait impressionner le grand alors que maintenant, j’agis de manière beaucoup moins contrôlée. Je suis encore plus spontané qu’avant. Je suis beaucoup plus libre de mes clichés d’adolescence.

©Smikie Photographie

©Smikie Photographie

Et personnellement ?

J’essaie d’évoluer tous les jours. Pour une fois, j’ai une petite nana qui me veut du bien et ça aide ! Comme je ne suis jamais satisfait de moi-même, je suis en permanente évolution. Je pense qu’il n’y a que les connards qui sont auto-satisfaits.

« 10 Ans De Cavale » marque-t-il la fin d’un cycle et le début d’un autre ?

C’est mon grand point d’interrogation. Est-ce que je continue ? Est-ce que je m’exprime autrement ? Par exemple, j’adore la peinture naïve et l’écriture tout court sans l’exigence de rythme et de rimes…ou alors, je fais les deux. J’aimerais juste que cet album me donne un peu de temps d’où le fait d’avoir proposé une chanson qui pourrait me réconcilier un peu avec un côté populaire afin d’essayer d’avoir peut-être un plus large public pour prendre plus de temps pour l’écriture, pour moi et pour m’intéresser au reste du monde.

Tu proposes sept nouvelles chansons sur ce disque, pourquoi n’as-tu pas sorti carrément un nouvel album ?

C’était une idée de la production de marquer le coup des 10 ans et au départ, je voulais réenregistrer tout le premier album mais on m’a dit de laisser tomber. J’ai ma logique mais elle n’est pas très comptable (rires). Durant les trois dernières semaines qui ont précédé mon entrée en studio, je me suis à écrire et j’ai eu très envie de jouer ces chansons. Cela a été un hasard et non un calcul.

©Smikie Photographie

©Smikie Photographie

Où as-tu voulu emmener les chansons composant « 10 Ans De Cavale » et comment as-tu fait le choix des titres ?

L’idée de départ était de réenregistrer des chansons d’une autre manière avec mon œil de maintenant et en tant que réalisateur moi-même. A l’origine, ce disque aurait dû être un peu Folk et super dépouillé mais j’ai écouté l’été dernier les nouveaux albums de groupes Punk de mon enfance, je devenu comme un ouf, j’ai eu envie de rebrancher les guitares et d’un album Folk, on est passé à un album un peu Punk. Comme nous avions un peu de temps et que nous étions dans une belle maison chez la grand-mère de ma copine, nous avons fait des préproductions sur ordinateur et dès que nous avions un doute sur une chanson, elle dégageait. Nous avons fait un véritable petit labo et ce n’était pas très réfléchi ça non plus.

Comment est né ton duo avec Tryo ?

Nous nous connaissons depuis 2010 et Manu Eveno est un super pote. Je n’avais pas envie de faire tout seul ce titre que je n’ai pas écrit car ce côté festif ne représente qu’une petite partie de moi. Le fait de me mêler avec Tryo m’a permis de mieux l’assumer et puis avec les gars de Tryo, ça le fait. Ce sont les plus Punks des Hippies.

Pour reprendre le titre de ton nouveau single, es-tu partisan du c’était mieux avant ?

Ça dépend toujours de quoi on parle. Je suis quand même bien content que mes potes Gays soient petit à petit plus acceptés en société et que mes potes noirs puissent trouver un boulot autrement que par rapport à leur couleur de peau comme vigile par exemple et que cela commence aussi à changer dans les films. Tout ça, c’est mieux maintenant ; en revanche, il y a tout un coté récréatif qui a disparu. Des gamins de 15 ans toussent pour te faire remarquer que tu fumes à côté d’eux à moins de cinq mètres. Je trouve ça triste tout comme cette culpabilisation de tout le monde envers le climat alors que ceux qui ont niqué la planète sont ceux qui nous niquent en général même sur l’artistique. De ce côté-là, c’était mieux avant car si tu voulais ton disque, tu te bougeais le cul ; au pire, tu allais le voler à la Fnac alors que maintenant, tu le voles à l’artiste. De nos jours, tout est politiquement correct et tout est policé. Je me dis que sans faire exprès, nous sommes passés à côté de notre bonheur des années 90.

©Smikie Photographie

©Smikie Photographie

Qu’est-ce qui a nourri ton écriture pour tes nouveaux morceaux ?

Il y a plusieurs choses. Par exemple, « Erratum » est un message personnel adressé à quelqu’un. A vrai dire, quand j’écris, c’est parce que j’ai entendu un riff de batterie quelque part et je me dis qu’il faut que j’écrive un truc sur ce riff-là car ça tue. Au niveau de l’écriture des textes, je n’ai pas encore très bien compris mon art et je ne sais pas très bien ce que je fais moi-même donc c’est assez dur de te répondre.

En écoutant « Pacifier » que tu partages avec Baptiste Ventadour, je t’ai bien imaginé continuer ton aventure musicale en groupe…qu’en penses-tu ?

J’y pense de plus en plus et ça s’appellerait Kid Hacienda, ça serait un endroit qui serait notre refuge. Baptiste traverse aussi les mêmes méandres que moi-même s’il a 20 ans et plus la gouache. Je pense que nous allons resserrer les rangs. Nous sommes de plus en plus dans le délire de créer une sorte de fédération de gens qui n’ont pas envie de perdre leurs années 90.

Qu’aimerais-tu dire à celles et ceux qui te suivent depuis le début ?

Merci ; déjà ; car ce n’était pas gagné. Je leur dirai désolé pour les quelques cafouillages qui ont faire perdre du temps à tout le monde. Il y en a plein qui sont tristes que je ne sois pas plus connu mais je l’ai mérité parfois. Je ne serai jamais prêt à me compromettre et si j’arrive triste ou heureux, c’est que je le suis car je ne suis pas dans le compromis et industriellement, ça fait perdre du temps. Je suis désolé pour ceux qui aimeraient me voir partout car je n’y suis pas encore mais merci d’être là quand même malgré tous mes gros défauts !

Commenter cet article