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Rencontre avec Mo Cushle à l’occasion de la parution de son premier album !

Publié le par Steph Musicnation

©Emma Geraud

©Emma Geraud

Comment te présenterais-tu à nos lecteurs ?

Je m’appelle Marion Corrales et mon nom de scène est Mo Cushle. Je chante depuis toujours et tout le temps même s’en m’en rendre compte et je me dis que ça doit être assez infernal pour les gens qui vivent avec moi (rires). Par la suite, j’ai eu la nécessité d’apprendre un instrument pour pouvoir m’accompagner et j’ai choisi le piano. Je joue également de l’harmonium Indien et en parallèle à mon projet musical, je fais de l’art-thérapie dans des hôpitaux, des maisons de retraite, des écoles…J’adore être sur scène et m’exprimer mais j’ai aussi besoin de me nourrir de l’histoire des autres et d’utiliser l’art à d’autres fins que le divertissement.

Peux-tu expliciter ton nom de scène ?

Ce nom vient du personnage incarné par Hillary Swank dans le film « Million Dollar Baby » de Clint Eastwood. Mo Cushle possède les mêmes initiales que mon véritable nom et c’est comme une version un peu plus libérée de moi-même. J’ai choisi un nom celtique car cet univers m’a parlé et c’est souvent l’image que les gens me renvoient. Très régulièrement, on me parle directement en anglais car on s’imagine que je suis Irlandaise du fait de mes cheveux roux. Comme on me pense Celte, je me suis dit autant aller vers ce que je projette plutôt que tout le temps être en train de lutter. Même si en terme musical, il n’y a rien de celtique dans ma musique, la littérature, les mythes, le côté naturel et organique de cet univers me parlent.

Pourquoi « Ma Chair, Mon Sang » a-t-il pris autant de temps par rapport à ton premier EP ?

Et encore, c’est pire que ce que tu crois ! (Rires) J’ai commencé bien avant, j’ai fait 300 concerts grâce à Caramba Spectacles. J’ai joué mes chansons plein de fois sur scène et c’est à ce moment-là que tout aurait du sortir mais ça ne s’est pas fait. Comme j’ai vraiment poussé la chose, nous avons sorti l’EP sur un label indépendant mais coup du sort, le jour de la sortie de l’EP, nous nous sommes retrouvés enfermés au Carreau du Temple car c’était le jour des attentats du Bataclan. C’était un moment hyper bizarre pour tout le monde, il y avait des choses tellement plus importantes que c’était très difficile de faire de l’art à cette époque et comme nous n’avons pas fait de promo et il ne s’est pas passé grand-chose pour l’EP. Dans l’industrie musicale actuelle, il faut un peu que tout le monde soit en poleposition pour que quelque chose marche et pour ma part, je n’ai jamais eu tous les bons intervenants au même moment. Le temps passant, je me suis dit stop et j’ai arrêté d’attendre que tout s’aligne. Même si ça a pris du temps vu de l’extérieur, ça a été un chemin de combattant pour moi pour sortir cet album qui existait déjà du temps de l’EP. Je sais que cet album peut faire du bien aux gens et je n’avais pas envie de le laisser dans un tiroir.

©Iris Della Roca

©Iris Della Roca

Comment se passe la création ?

Souvent, je vis quelque chose que je considère comme insupportable dans la vraie vie et je ressens le besoin d’en faire une chanson. Je fais une sorte d’impro en voix ou en son que j’enregistre, je fais autre chose et ensuite, je réécoute tout afin de construire une chanson à partir de cette émotion première qui a rendu nécessaire l’écriture et ensuite, je structure cette chanson.

Comment est née cette idée de chansons qui trouvent une correspondance avec les diverses parties du corps ?

Je suis partie à San Francisco où j’ai travaillé avec Anna Halprin qui est chorégraphe et qui soigne les gens par l’autoportrait. Il faut dessiner ou danser les différentes parties de son corps ; dans le cadre de l’album, ce sont les différentes chansons ; et ensuite, il faut performer cet autoportrait. L’album est une version musicale de ce processus thérapeutique que j’ai pu faire là-bas. Maintenant, j’accompagne des personnes dans ce processus et je performe aussi mon album de cette façon-là. Sur scène, je joue les personnages qui ont rendu nécessaire l’écriture des chansons. Il y a un jeu entre le personnage et la réponse. A chaque fois, la chanson est une guérison.

Quels sont les thèmes présents dans ton premier album ?

Les chansons sont toutes connectées au corps. Il y a notamment le thème de la représentation de soi-même et de la désappropriation du corps à l’hôpital durant l’accouchement par exemple…Le thème principal demeure l’amour mais pas au sens romantique du terme. Je parle des liens et comment on les gère.

Rencontre avec Mo Cushle à l’occasion de la parution de son premier album !

Comment vis-tu la scène ?

Quand je suis sur scène, mon idée n’est pas de proposer un simple divertissement. J’ai envie d’exprimer quelque chose de tellement fort que les gens du public aient envie eux aussi d’exprimer leurs histoires, d’aller chercher plus loin, de se poser des questions, de ressentir quelque chose de fort physiquement plutôt que le simple have fun.

Te verrais-tu présenter ce disque en live dans des lieux insolites peut-être en rapport avec le corps humain ?

Carrément et j’ai même commencé à le faire ! Le lancement de l’album s’est déroulé au Petit Palace qui est un nightclub ; lieu où le corps est complètement lâché. J’ai fait une déambulation dans ce club qui est organisé comme un appartement. J’ai emmené les gens dans les différents espaces et à chaque fois, ils assistaient à une scène avec un personnage et une chanson. J’ai utilisé tout ce qu’il y avait à disposition pour inviter les gens à avoir un lâcher-prise. Mon prochain concert qui aura lieu le 11 avril se déroulera au Musée Henner dans le cadre de l’expo Roux ! Je devrais également me produire sur un bateau prochainement…Ce n’est pas forcément lié au corps mais c’est toujours dans des lieux insolites.

Quel a été le déclic pour te lancer dans la création ?

Ça a toujours été en moi. J’ai toujours chanté depuis mon plus jeune âge, j’ai commencé le mannequinat à l’âge de 3 ans, le théâtre à 10 ans, j’ai toujours aimé jouer des personnages, écrire des poèmes et les lire…J’ai toujours été dedans. J’ai étudié à New York dans la même école d’arts que Lady Gaga et en parallèle, je jouais déjà à Broadway dans Macbeth. Je n’ai pas pris une décision, j’avais ça en moi.

©Rudy Waks

©Rudy Waks

Quels artistes ont nourri ta culture musicale ?

J’aime beaucoup Fiona Apple qui donne vraiment tout, j’aime son écriture et son engagement quand elle chante. J’ai un lien presque effectif avec cette chanteuse qui me rappelle une période de ma vie. Mon frère est DJ et producteur et il écoutait beaucoup de Metal, des groupes comme Incubus et Watcha, de la Drum and Bass et même si ce n’est pas ce que j’aime forcément, j’ai grandi avec ces musiques. J’ai écouté beaucoup de Jazz car je faisais partie d’un collectif, des artistes comme Dinah Washington, Billie Holiday, Mahalia Jackson…J’aime Björk, Antony and the Johnsons, James Blake, j’ai écouté Lauryn Hill mais j’ai plus été nourrie par des genres musicaux que par des artistes. En France, j’aime bien Camille et Vanessa Paradis.

Quels sont tes prochains projets ?

Développer mon spectacle afin d’aller à la rencontre du public et écrire de nouvelles chansons en français avec un producteur électronique.

Rencontre avec Mo Cushle à l’occasion de la parution de son premier album !
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