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Rencontre avec Clarika à l’occasion de la parution de son nouvel album !

Publié le par Steph Musicnation

©Julie Oona

©Julie Oona

Votre nouvel album s’intitule « A La Lisière », pouvez-vous nous dire à la lisière de quoi ?

Bonne question ! Je crois que dans la vie, nous avons toujours des moments où nous vivons quelque chose de fort comme une séparation par exemple, nous arrivons sur un virage et il y a l’espace devant vous et tout à faire. Je pense que ce que raconte cette chanson peut s’appliquer à différentes périodes de la vie ; pour ma part, cela m’a permis de sortir de l’histoire de mon précédent album. J’ai pu poser les choses et aller vers un ailleurs.

Qu’est-ce qui caractérise l’univers de ce disque ?

C’est assez compliqué de répondre à cette question car j’écris des chansons et ensuite, j’ai du mal moi-même à avoir une analyse dessus. La seule chose que je pourrais dire, c’est que c’est toujours sincère et très intime car j’écris mes textes et j’ai du mal à tricher avec cela même si la limite éventuelle demeure l’impudeur. Une chanson n’est pas un journal intime, on met en scène ce que l’on a envie de raconter dans la mesure où cela peut résonner chez l’autre. Que ce soit dans des indignations ou dans ce qui me touche, ce disque est proche de moi.

De quoi avez-vous choisi de parler sur ce huitième opus ?

Je ne conçois jamais un album comme un concept, je ne me dis jamais que je vais parler de tel ou tel sujet. Pour « A La Lisière », il y avait une volonté d’ouvrir un peu plus. Il y a un retour de portraits car j’ai toujours aimé parler d’autres gens que de moi. J’ai demandé à Jean-Jacques Nyssen d’écrire une chanson qui s’appelle « L’Astronaute » et j’ai écrit moi-même une chanson sur La Dentellière qui est un personnage d’un tableau de Vermeer. Je trouvais cela amusant de se mettre à sa place. Habituellement, c’est nous qui regardons les tableaux et je trouvais ça intéressant de s’imaginer virtuellement comment cette femme penchée sur son ouvrage qui traverse les siècles peut vivre les gens qui passent devant elle. Sur ce disque, il y a des chansons personnelles et d’autres purement ludiques comme « Je Suis Ton Homme ». Je suis partie de cette expression et j’ai eu envie de détourner les codes.

Rencontre avec Clarika à l’occasion de la parution de son nouvel album !

Choisissez-vous d’ailleurs les thèmes de vos chansons ou s’imposent-ils à vous ?

Je n’ai pas de fonds de tiroirs et l’inspiration ne tombe pas du ciel. On vit, on reçoit des choses et à un moment donné, il y a des envies qui viennent. Je fais un peu en fonction de ce qui arrive.

Quel est votre secret pour parler d’amour toujours différemment ?

(Rires) C’est une question difficile ! Je ne sais pas si je le fais différemment mais en tout cas, je le fais à ma manière et si ça peut interpeler ou toucher des gens, tant mieux. Le secret serait d’être sincère et pudique mais chacun à sa manière de parler d’amour.

Comment est né le duo avec Pierre Lapointe sur le titre « Venise » ?

Ce titre n’a pas été écrit comme un duo à la base mais il se prêtait à un échange. Avec Florent Marchet qui a composé l’essentiel des chansons et réalisé l’album, quand nous avons pensé en faire un duo, nous avons très vite pensé à Pierre que j’avais croisé il y a quelques années au festival Les Nuits De Champagne où nous avions eu le plaisir de chanter sur scène avec 900 choristes venus de toute la francophonie. Pierre est un artiste que j’apprécie et dont l’univers me parle. Nous nous sommes recroisés sur le projet de la plasticienne Sophie Calle autour de son chat Souris. Le casting était assez dingue puisque cela allait de Pierre Lapointe à Bono en passant par Pharrell Williams et moi, c’était quand même quelque chose d’improbable ! Je trouvais que pour « Venise » qui possède un univers un peu décadent et classieux, Pierre avait toute sa place.

©Julie Oona

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Ce n’est pas la première fois que vous chantez en duo sur l’un de vos disques ; qu’apportent le plus souvent les artistes masculins à votre répertoire ?

C’est vrai que je collabore le plus souvent avec des artistes masculins car c’est plus compliqué de faire un duo entre artistes féminines. Il ne faut faire un duo pour faire un duo. Il faut qu’il y ait un sens dans la chanson. Quand une chanson s’est imposée en duo, cela a toujours été plus logique que je la partage avec un homme comme celle avec Bernard Lavilliers.

Quels sont les artistes qui vous ont donné envie de faire ce métier ?

Quand j’étais enfant, j’ai été bercée par les 45 tours de Sheila et Claude François. J’aime la possibilité d’apprécier un spectre très large dans la chanson, on peut aimer Léo Ferré et Boney M. Je n’appartiens pas à une secte du bon goût car je pense que l’on peut être touché par plein de choses très différentes. A l’adolescence, j’ai eu ma période Metal, Hard Rock et compagnie mais je crois vraiment que les gens qui m’ont donné envie d’écrire mes textes étaient francophones car c’est malheureusement la seule langue que je maitrise. J’ai beaucoup écouté Bashung, Gainsbourg, Higelin, Renaud…Pour ce qui est de la scène, quand j’ai commencé à me dire que j’avais envie de chanter, Catherine Ringer a été une vraie référence pour moi. Dans un autre genre, j’appréciais la folie de Nina Hagen dont j’avais les disques.

Comment voyez-vous votre évolution dans le paysage musical Français depuis vos débuts ?

Le monde de la musique change et on en parle évidemment beaucoup. Je pense que le plus difficile aujourd’hui est de s’inscrire et de durer. Je me dis que j’ai énormément de chance d’être là pour un huitième album, d’avoir une visibilité et une existence. Depuis le départ, j’ai eu cette chance de fidéliser des gens que je retrouve lors des tournées. Mon public existe vraiment, il n’est pas que virtuel. D’album en album, l’air de rien, il y a un sillon qui se trace et une vraie histoire qui se tisse avec les gens qui achètent mes albums. Je ne suis me jamais endormie sur quelques lauriers car je sais que je dois prouver des choses à chaque fois et notamment lors de mes concerts. J’adore l’idée de que l’on me découvre et que l’on vienne me voir à la fin d’un concert en me disant que l’on ne me connaissait pas. Je trouve ça génial et je réponds aux personnes que maintenant, ils me connaissent et que je les retrouverais sans doute sur une prochaine tournée. C’est stimulant !

©Julie Oona

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Avec une plume comme la vôtre, n’avez-vous jamais été tentée par l’écriture d’un roman ?

Pour l’instant, je ne m’en sens pas capable d’autant plus que j’ai beaucoup d’estime pour la littérature. Je pourrais écrire quelque chose mais le format des chansons me convient bien. J’ai beaucoup écrit pour monter sur scène et la chanson est un moyen pour le faire. Écrire un roman me parait être quelque chose d’assez vertigineux et qui demande une rigueur que je n’ai pas forcément mais pourquoi pas…Ce n’est pas un fantasme, en tout cas, pour le moment.

On sent chez vous l’artiste généreuse, s’en rend-t-on encore plus compte en live ?

Oui, j’espère car c’est le moment que je préfère dans tout ce processus de création entre l’écriture, l’enregistrement d’un album et le passage sur scène. Je crois que c’est le fait de monter sur scène qui m’a donné envie de faire ce métier sans vraiment savoir comme ça allait se passer. La générosité sur scène vient d’un échange car on reçoit et on a super envie de donner. C’est indescriptible mais en tout cas, j’aime beaucoup ça !

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