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Rencontre avec Auren à l’occasion de la parution de son excellent second album !

Publié le par Steph Musicnation

Photos : Ismaël Moumin

Photos : Ismaël Moumin

Peux-tu nous dire pourquoi tu as attendu près de six ans avant de proposer un second album ?

J’aurais préféré attendre moins longtemps ! Après la parution de « J’Ose » mon premier album, j’ai fait des concerts pendant deux ans et ensuite, il y a eu une période un peu compliquée durant laquelle Naïve m’a rendu mon contrat. J’ai changé de vie, j’ai quitté Paris et je suis partie vivre en Savoie. Je me suis remise à écrire pendant un an, il y a eu la rencontre avec Calexico, l’enregistrement, le mixage, le mastering, il a fallu trouver les gens qui allaient m’aider à sortir ce disque et tout cela prend un temps fou mais en même temps, j’ai fait mille trucs durant ces six années qui sont passées comme un éclair.

Pourquoi as-tu sobrement intitulé ton second disque « Numéro » ?

Généralement, pour choisir le titre d’un album, on lui donne celui d’une des chansons mais quand il a fallu en trouver un pour ce disque, il m’a semblé qu’il n’y avait aucun titre qui représentait vraiment tout. J’aurais pu l’appeler « Moi, Jane » mais en même temps, ce n’est pas non plus un disque revendicateur. J’ai réfléchi, je me suis mise en position haute en regardant les chansons et je me suis dit que j’avais dressé des portraits de femmes qui pourraient toutes être moi mais également plein de femmes ; l’inconsolable, l’impatiente, l’intrépide…Je me suis dit qu’elles étaient toutes de sacrés numéros et que c’était aussi mon numéro d’artiste à moi comme le chante Balavoine.

Justement, ton nouveau disque est composé de portraits de femmes ; est-ce qu’elles existent vraiment ou est-ce que ces femmes sont des héroïnes de fiction ?

Elles existent toutes. Parfois, elles sont le fruit d’expériences que j’ai vraiment vécues et parfois, elles viennent de mes observations. Édith est une jeune fille que j’ai rencontrée lorsque j’animais un stage de théâtre et de chant. Cette jeune femme de 20 ans m’a subjuguée par ses paradoxes. Je l’ai trouvée fabuleuse et j’en ai écrit une chanson. « Emilio » est une chanson qui est née du constat qu’après 15 ans de mariage, je voyais chez des amis que le désir ; trésor intime par excellence ; était en train de baisser. Les femmes de cet album sont donc un peu moi et celles que j’observe.

Photo : Ismaël Moumin

Photo : Ismaël Moumin

Quels thèmes abordes-tu dans tes nouvelles chansons ?

Je parle de rupture, de déclaration d’amour, de pétage de plomb et de confiance, d’amour heureux, d’impatience, d’espoir, de l’envie d’être maman et de ses difficultés…Ce sont des thèmes qui me tiennent à cœur. Je parle également de désir car c’est un album assez sensuel sur le corps.

« Numéro » est-il en quelque sorte ton rêve Américain ?

Oui, complètement. J’ai la chance d’aller aux États-Unis car j’ai une tante qui vit à New York et j’ai donc pu découvrir cet endroit-là à plusieurs reprises mais je n’étais jamais allée en Arizona et c’est vrai que découvrir cet état avec Calexico, c’est quand même un rêve ultime.

Comment est née cette collaboration avec Calexico ?

Quelques mois avant l’un de leurs concerts en avril 2016, j’ai contacté le management de Calexico afin de leur demander s’ils seraient d’accord pour passer mes maquettes à Joe et John. Ils l’ont fait et quelques semaines après, ils m’ont dit qu’ils n’étaient pas intéressés. Mon conjoint m’a offert les places pour aller les voir en concert et il m’a encouragé à ramener mes maquettes. L’une de mes amies m’avait dit qu’ils venaient souvent voir les fans à la sortie du concert. J’ai écrit une lettre sur le stand de marchandising, j’y ai joint une clé USB et j’ai donné le tout à Pedro l’un des guitaristes en lui disant que je rêverais de travailler avec Joe et John qui avaient déjà travaillé avec Françoiz Breut, Marianne Dissard, Dominique A…Je savais qu’ils aimaient bien la France. A 1h du matin, je recevais un message de Joe me demandant si j’étais encore là mais j’étais déjà rentrée, j’avais dormi et je n’ai eu le mail qu’à mon réveil. Je croyais rêver ! J’avais vu qu’ils avaient une date à Berne dix jours après et je leur ai demandé s’ils étaient ok pour qu’on se rencontre là-bas. Je suis allée dans le club dans lequel ils jouaient et quand je suis arrivée, ils ont arrêté leurs balances et ils sont venus me faire un hug. L’accueil a été fabuleux, nous avons beaucoup discuté ; le fait de savoir parler anglais était très important ; ils avaient écouté toutes mes chansons et ils m’en parlaient. Nous nous sommes revus en juillet, j’ai chanté dans les loges avec mon musicien et ils m’ont dit de venir chez eux en novembre.

Photo : Ismaël Moumin

Photo : Ismaël Moumin

Le fait d’avoir travaillé avec des Américains, cela t’a-t-il donné envie de proposer « Number » une édition en anglais de ton album ?

(Rires) J’avoue que je n’y ai jamais pensé mais ce serait une super idée. J’aime écrire en français car c’est ma langue maternelle et c’est avec elle que je peux exprimer ce qu’il y a au plus profond de moi. Ce n’est pas facile d’exprimer ses sentiments et même de retranscrire ce que l’on ressent sur le papier. Si je devais faire une édition en anglais, je pense que je devrais me faire aider mais c’est une bonne idée en tout cas. D’ailleurs, avant de partir à Tucson, Joe m’a demandé si je pouvais lui traduire toutes les chansons afin qu’ils puissent à 100% dans mon propos durant nos sessions de travail.

De prochaines collaborations avec Calexico sont-elles prévues ?

Pour l’instant, ils ne sont pas en train de préparer un nouveau disque car leur dernier album est sorti l’année dernière. Quand ils sont venus à Paris, nous avons d’ailleurs fait un duo à L’Élysée Montmartre et c’était incroyable. Je sais qu’ils vont revenir en Europe avec le très bon groupe Folk Iron & Wine avec lequel ils avaient déjà collaboré en 2005, j’espère que nous allons nous voir et faire des choses ensemble.

Vas-tu retourner en Arizona afin de mettre en images plusieurs titres de ton album ?

Ce n’est pas prévu pour le moment mais c’est un grand souhait que d’y retourner, j’aimerais beaucoup aller chanter là-bas. En revanche, nous allons mettre en images en Espagne le titre « Moi, Jane » ; la vidéo sera réalisée en par mon frère Thibaut Grevet à qui l’on doit le clip illustrant « Random » d’Eddy de Pretto.

Photo : Ismaël Moumin

Photo : Ismaël Moumin

Quels adjectifs me donnerais-tu afin de résumer l’univers de « Numéro » ?

Je dirais que c’est un album amoureux, vivant et sincère.

Avec quels artistes aimerais-tu unir ta voix à l’avenir ?

J’adorerais faire un duo avec Oxmo Puccino, Olivia Ruiz dont j’ai eu la chance de faire les premières parties et mon rêve serait de chanter avec Michael Kiwanuka que j’adore et qui ne passe pas assez en France. J'ai regardé son live sur Arte mais ce n’est pas pareil (rires).

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japprecie 04/06/2020 08:13

Bonjour,
Bravo pour cette interview.
Je vous invite à regarder ma chronique : https://japprecie.fr/auren-numero
Musicalement.